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mercredi 22 février 2017

Les attaques délirantes de l'Institut Montaigne contre le programme de Marine Le Pen

Bruno Lemaire, économiste, ancien doyen associé d’HEC, secrétaire général du club Idée Nation.



L’institut Montaigne, organisme très lié à l’ex-UMP commence son réquisitoire contre le programme présidentiel de Marine Le Pen par une malhonnêteté, sinon une contradiction, puisqu’il écrit : « Aucune mention à l’euro tel quel dans ses 144 engagements […] et tout juste un mot au point 35 du "rétablissement d’une monnaie nationale adaptée à notre économie" »

Nul besoin en effet d’avoir fait l’ENA, ni même d’être un simple étudiant en Sciences Eco pour comprendre que le rétablissement d’une monnaie nationale signifie qu’on ne peut conserver l’euro en tant que monnaie unique. En ce qui concerne la monnaie commune, c’est un tout autre débat puisque chacun sait, ou devrait savoir, qu’une « monnaie commune » n’est pas une véritable monnaie, mais représente simplement un système monétaire international dont un ersatz pourrait être l’ancien écu, à ceci près que ses variations devront être davantage liées à la puissance économique des diverses nations concernées, ce qui serait tout à fait conforme à l’esprit de la Charte de la Havane, que soumises, comme dans le passé, à l’influence spéculative des marchés financiers.

Autre allégation fantaisiste, pour ne pas dire fallacieuse, l’idée que la renaissance d’un franc2017 « adapté » à notre économie nous coûterait des dizaines voire des centaines de milliards, alors que c’est justement le contraire qui se produirait, si du moins l’on accompagne cette renaissance de notre souveraineté monétaire par un protectionnisme intelligent.

De fait, la seule dépréciation du franc2017 par rapport au mark2017 d’environ 20% non seulement comblerait le déficit actuel d’une vingtaine de milliards, mais le transformerait en excédent d’environ le même montant en quelques mois, soit une différence positive de 40 à 45 milliards avec la situation actuelle.

En ce qui concerne d’autres pays, pour lesquels la dépréciation serait moins importante ou jouerait moins (par exemple les pays asiatiques comme la Chine, le Vietnam ou la Malaisie) des mesures ciblées, comme des droits à importer (sur modèle analogue à celui que Warren Buffet avait proposé en son temps à B. Obama, variante plus subtile que les « droits à polluer » évoqués dans un autre contexte) ou d’autres mesures plus classiques devraient permettre de résoudre notre problème structurel de déficit commercial, qui varie entre 40 et 60 milliards depuis que l’euro a été instauré dans l’U.E.

Nous avons d’ailleurs consacré plusieurs billets à ce sujet, celui de l’import-export et du protectionnisme intelligent. Qu’il suffise ici de dire que les chiffres délirants annoncés par l’Institut Montaigne ne correspondent à rien de sérieux, puisque les mesures annoncées par Marine Le Pen devraient, au contraire, permettre de réindustrialiser la France tout en stabilisant la dette publique actuelle et en réduisant son déficit commercial à zéro, ce qui, là encore, est dans l’esprit de la Charte de la Havane que l’ONU avait proposée au lendemain de la deuxième guerre mondiale. Mais cela, les experts ultra-libéraux de l’Institut Montaigne ne veulent pas entendre parler.

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