Dettes et Fausse Epargne _ Une confusion savamment entretenue associée à une dédringolade qu'on ne veut pas voir
Quand la dette remplace la « vraie » épargne
(par Bruno Lemaire, économiste et essayiste)Des
générations successives d’étudiants en économie, et sans doute la plupart des « experts
économistes »,ne semblent s’être désintéressés de la question des dettes,
comme si la fameuse identité comptable : épargne=investissement, ou en notation
classique, S= I épuisait la question
Dans la
fameuse identité macro-économique : S = I, ou encore Epargne =
Investissement, identité comptable au niveau d’un système économique fermé
comme la Terre prise dans sa globalité, la dette via création monétaire crée
des actifs financiers (comme des obligations ou des dépôts bancaires).
De fait, la
thèse défendue dans ce billet est la suivante : une grande partie de ce
qui est qualifié « Epargne » est en fait de l’épargne fictive, en
fait de la dette financière, de la dette non gagée sur une richesse existante,
mais sur une richesse future potentielle.
Si la dette
croît plus vite que les investissements réels (par ex., en machines,
infrastructures ou R&D), une part croissante de cette "épargne"
devient financière plutôt que productive. Autrement dit, l'investissement
total (noté I) inclut non seulement les biens physiques, mais aussi les actifs
intangibles ou spéculatifs financés par dette.
D'autres
estimations placent la dette totale à plus de 346 billions de dollars,
c’est-à-dire 346 000 milliards, en fin 2025, soit environ 333 % du PIB mondial.
De plus,
concrètement à ce que l’on pourrait croire, aucune entité, organisation ou « système »
ne possède ces dettes, elles sont « roulées » perpétuellement, et son
remboursement, même partiel, bloquerait l’ensemble du système financier
mondial. Ces dettes colossales profitent évidemment à certains organismes
financiers, qui vivent des intérêts de la dette, mais l’économie réelle, elle,
s’en sort de plus en plus mal : de plus en plus de dettes pour de moins en
moins de croissance.
Revenons
cependant à ces dettes, et à ce que l’on appellera dorénavant de la « fausse
épargne » Cette "fausse épargne" (financée par la dette) gonfle
S pour équilibrer I, artifice comptable, mais sans nécessairement booster la
production réelle, comme on le voit en constatant que pour un même taux de
croissance il a fallu de plus en plus de dettes, phénomène qu’Olivier
Delamarche avait été l’un des premiers à mettre en valeur pour la France il y a
une douzaine d’années.
Il nous a
donc semblé intéressant de tenter de décomposer l’Epargne en deux parties
entités :
Nous allons
faire de même pour l’Investissement : là encore nous allons définir deux
composantes de l’Investissement.
Certes, cette décomposition en réel vs. fictif ou réel vs. Financier (c’est àdire S_réel vs S_fictif et I réel vs. I_financier) n’est pas encore très utilisée. Mais elle permet d’expliquer des points qui nous semblent importants, voire cruciaux.
Elle
explique pourquoi on peut avoir S = I comptablement tout en observant une
croissance anémique : une part croissante de S et de I est
"financiarisée" (c’est-à-dire spéculative).
Elle met en
lumière la financiarisation accrue de toute économie ‘moderne’ : depuis les
années 1980-1990, les profits et l'épargne se dirigent de plus en plus vers
des activités à court terme et spéculatives plutôt que vers
l'investissement productif. Ce (phénomène est encore insuffisamment documenté,
même si on peut trouver des analyses de ce type chez Charles Gave, Jacques
Sapir, Charles Sannat, Olivier Delamarche… voire dans mon ouvrage de
2021 : « ce que tout politique doit savoir en économie »)
Elle aide à
comprendre les politiques : taxer la spéculation (Tobin, taxes sur transactions
financières), orienter l'épargne vers le réel (via fonds publics, crédit
orienté, etc.), ou réguler la création monétaire pour limiter le financement
spéculatif, ce que l’on peut rattacher, là encore, aux idées de Maurice Allais
et à son « Cent pour cent monnaie »
Notons
cependant quelques limites de cette décomposition
Elle n'est
pas (encore ?) officielle dans les comptes nationaux (SNA/ESA), et cela
peut passer pour une analyse critique difficile à valider concrètement.
La frontière
n'est pas toujours nette entre investissement productif et investissement
financier : un achat d'actions d'une entreprise qui réinvestit peut être
"productif" indirectement ; un crédit immobilier peut financer de la
construction neuve (productif) ou de l'ancien (spéculatif).
On peut
cependant dire que, globalement, cette décomposition permet de mieux analyser les
problèmes rencontrés actuellement par bon nombre de pays ‘capitalistes’ (stagnation,
chômage, inflation, crises récurrentes) que de s'en tenir à la tautologie brute
S = I.
Il nous
semble donc plus éclairant de raisonner avec ces distinctions, en particulier dans
le contexte actuel, début 2026, où la dette mondiale finance massivement la
sphère financière plutôt que la sphère productive. C'est une des clés pour
comprendre pourquoi la croissance reste faible malgré des niveaux d'épargne
"apparente" élevés.
De fait, l'épargne
fictive ≈ création monétaire + dette simultanée puisque :
Quand une
banque accorde un crédit (prêt immobilier spéculatif, marge pour trading
actions, LBO, etc.), elle crée ex nihilo de la monnaie : un dépôt apparaît
sur le compte de l'emprunteur sans que quiconque ait préalablement épargné
cette somme en renonçant à consommer.
Pour
l'emprunteur : ce nouveau dépôt compte comme de l'"épargne" (il peut
l'utiliser pour acheter un actif existant → hausse de prix →
"enrichissement" apparent).
Pour la
banque : c'est une créance (dette de l'emprunteur envers elle).
Résultat concret,
et donc pas vraiment simpliste : l'épargne fictive est littéralement
née de la dette (la dette crée la monnaie qui devient "épargne"
sur les bilans). Sans cette création monétaire par crédit, cette
"épargne" n'existerait pas.
D’où le
résultat annoncé : épargne fictive = dette nouvellement créée via
crédit bancaire. C'est de la "fausse épargne" parce qu'elle
n'est pas issue d'une production réelle non consommée, mais d'un engagement
futur (remboursement + intérêts) qui peut ne jamais être honoré productivement.
Plus
précisément encore, l'épargne fictive n'est rien d'autre qu'une dette déguisée
en épargne sur les comptes. Elle gonfle les bilans (actifs financiers →
"richesse papier"), mais repose sur une promesse de remboursement
futur qui, si elle n'est pas financée par de la croissance réelle, finit en
bulle ou en défaut.
Très
concrètement, on voit ainsi que lorsque la dette mondiale croît plus vite que
le PIB réel (ce qui est le cas depuis des décennies, pour le Monde comme pour
la France), une part croissante de l'épargne globale est
fictive/dette-dépendante. Si le remboursement patine (stagnation, hausse
des taux, etc.), cette "épargne" s'évapore (krachs, dépréciations,
haircuts).
Précisons
aussi que la dette se décompose elle aussi en deux parties, la dette publique,
c’est-à-dire de l’Etat et des administrations publiques, plus celle du secteur
passée finançant les agents économiques du secteur privé.
Regardons alors
ce qui se passe quand cette dette, publique plus privée, croit plus vite que la
production réelle, telle que chiffrée par le PIB du système économique étudié,
que ce soit le Monde dans sa totalité ou simplement un pays particulier.
Dans ce
scénario très réaliste, puisqu’il correspond à la situation mondiale des 40
dernières années., mondial par exemple, la dette mondiale (publique et
privée) croît plus rapidement que les investissements productifs et la
croissance économique globale.
Certes, S =
I reste une tautologie comptable (l'épargne, incluant les actifs financiers
créés par la dette, équilibre toujours l'investissement ex post).
Mais une
croissance excessive de la dette par rapport à la "vraie" épargne
(issue de revenus réels non consommés) et à la production peut signaler des
déséquilibres profonds, que l’on pourrait voir directement si nous avions une
décomposition fiable entre véritable épargne et épargne financière, ou épargne
fictive, c’est-à-dire l’ensemble des dettes ne s’appuyant pas sur des actifs
réels.
Les chiffres
décrivant l’évolution de 1985 à 2025 des dettes, publiques et privées, de
l’ensemble, du monde, des USA et de la France, rapportées à leur PIB respectif
sont plus que parlants en ce domaine.
Rappelons
que nous avons encore et toujours, S = I, mais c’est la composition de
l’Epargne, S, qui peut changer, si S intègre de plus en plus de la
« fausse épargne », de l’épargne spéculative ou financière, mais non
réelle, au sens où ce surcroît de « fausse épargne » n’est pas lié à
un surcroit d’économie réelle.
Quelques
chiffres vont nous permettre d’illustrer ce point.
Pour le
« système monde », ses dettes publiques sont passées de 12
mille milliards de dollars (ou 12 trillions de dollars) – environ 45% du Pib
mondial – à 111 mille milliards de dollars en 2025, soit 100% du PIB mondial. Ces chiffres,
comme les suivants, sont issus des données du FMI et de la Banque Mondiale.
Pour les dettes
privées, les chiffres sont les suivants, en 1985, 25 mille milliards de
dollars, soit 80% du PIB mondial, contre 235 trillions en 2025, soit 145%
du PIB mondial.
Les mêmes
tendances, plus ou moins accentuées, à savoir toujours plus de « fausse
épargne », ou de dettes, sont valables pour les USA comme pour la France.
Pour les USA
, sa dette publique est passée, en 40 ans, de 1.8 mille milliards de dollars,
ou 1.8 trillions de dollars, soit 41 % de son PIB à 37 mille milliards
de dollars, 124% de son PIB.
En ce qui
concerne sa dette privée, son évolution est comparable, même si elle partait
relativement de plus haut, à savoir 3 500 milliards de dollars en 1985, 82%
du PIB, à 19 000 milliards de dollars, soit 127% du PIB.
Passons maintenant au cas de la France, en reprenant sur ce point l’analyse de Marc Touati : plus encore que les dettes, en valeur absolue, ce qui est le plus inquiétant est l’évolution des dettes vis-à-vis du PIB. Si les dettes croissent plus vite que le PIB, c’est un indicateur impitoyable de la mauvaise santé de l’économie correspondante.
Si nous
reprenons nos concepts vus plus haut, épargne réelle et épargne financière ou
fictive, c’est une autre façon de dire que l’épargne « financière »
est mal utilisée, et qu’elle mérite vraiment son nom d’épargne fictive
puisqu’elle n’accompagne pas de façon efficace le développement de l’économie
réelle.
Les données
de la France sont les suivantes. En 1985 sa dette publique était de 180 milliards
d’euros (ou équivalents, l’euro n’ayant été utilisé qu’à partir de 1989), 24
% de son PIB, ses dettes privées étant d’environ 600 milliards soit 80%
de son PIB, pour une dette globale, publique plus privée dépassant donc
100% de son PIB.
En 2025, la
dette publique avoisine 3500 milliards d’euros, s’approchant dangereusement des
120% du PIB, la dette privée, elle, étant évaluée à 6000 milliards, donc
à plus de 200% du PIB. Pour la dette globale, publique plus privée, nous
en arrivons à largement plus de 300 % du PIB de la France. Pour pouvoir
rembourser cette dette colossale, il faudrait ainsi que pendant trois ans,
toute la production française soit consacrée à rembourser la dette, ce qui est
évidemment impensable. En remboursant, sans la « faire » rouler notre
dette à raison de simplement 3% par an nous prendrait près d’un siècle de
production.
Nous voyons
ainsi, pour le monde, pour les USA, et pour la France, que les différentes
dettes, publiques ou privées, ont cru nettement plus vite que les
investissements réels (par ex., en machines, infrastructures ou R&D).
Une part
croissante de cette prétendue "épargne" se révèle de plus en plus
financière que productive. On peut toujours réécrire que l’identité comptable
est vérifiée, dès lors que l'investissement total (I) inclut non seulement les
biens physiques, mais aussi les actifs intangibles ou spéculatifs financés par
dette.
En étudiant l’évolution des dettes, publiques et privées de l’Allemagne depuis 1991, c’est-à-dire depuis sa réunification,voilà quelques chiffres qui apparaissent significatifs.
Notons que jusqu’en 2009 et la crise financière de 2009, les données françaises et allemandes étaient comparables pour la dette publique, mais pas pour les dettes privées françaises, qui atteignaient déjà 170% pour la France, contre 118% pour l’Allemagne
Après une hausse des dettes publiques allemandes entre 2009 et 2015, les dettes publiques allemandes se sont stabilisées entre 60 et 70% du pib allemand, avec un niveau satisfaisant de ses dettes privées, autour de 110% jusqu’en 2012, tandis que les dettes publiques françaises, depuis 2009 , n’ont fait que grimper, pour atteindre 116% en 2025, avec des dettes privées explosant encore davantage en France, nous l’avons vu, pour dépasser 200% du PIB français.
A partir de
2022 la dette publique de l’Allemagne diminue, pour atteindre 62.% en 2025,
mais pour les dettes privées, de nombreuses entreprises allemandes s’interrogeant
sur l’intérêt de migrer AUX USA leurs principaux outils de production, il en va
tout autrement.
D’un niveau
de 148% en 2021, les dettes privées vont grimper à 147.1% en 2022, pour se
stabiliser cependant autour de 141.6% pour les années 203 à 2025, encore bien
loin des 200 à 210% des dettes privées françaises, alors que l’industrie
française, elle, aurait pu bénéficier de l’avantage énergétique procuré par ses
centrales thermiques nucléaires.
|
Année |
Dette publique % PIB nominal |
Dette privée % PIB nominal |
PIB nominal (bn USD) |
PIB Parité Pouvoir d'Achat (bn $ int.) |
Dette publique % PIB PPA |
Dette privée % PIB PPA |
|
1991 |
39.0% |
~76.0% |
1.868 |
1.715 |
42.5% |
~82.7% |
|
1996 |
57.7% |
~90.0% |
2.497 |
2.221 |
64.8% |
~101.2% |
|
2001 |
58.1% |
~112.0% |
1.946 |
2.269 |
49.9% |
~96.0% |
|
2001 |
58.1% |
~112.0% |
1.946 |
2.269 |
49.9% |
~96.0% |
|
2002 |
59.8% |
~110.0% |
2.078 |
2.360 |
52.7% |
~96.8% |
|
2003 |
63.3% |
~108.0% |
2.501 |
2.452 |
64.6% |
~110.1% |
|
2004 |
65.0% |
~107.0% |
2.816 |
2.543 |
72.0% |
~118.5% |
|
2005 |
67.1% |
109.9% |
2 849 |
2 851 |
67.0% |
109.8% |
|
2006 |
66.4% |
110.0% |
3 002 |
3 000 |
66.5% |
110.1% |
|
2007 |
64.9% |
112.0% |
3 440 |
3 300 |
67.7% |
116.8% |
|
2008 |
64.9% |
115.0% |
3 752 |
~3 500 |
69.6% |
123.3% |
|
2009 |
72.6% |
118.0% |
3 418 |
~3 400 |
73.0% |
118.6% |
|
2010 |
81.0% |
120.0% |
3 417 |
~3 417 |
81.0% |
120.0% |
|
2011 |
78.7% |
118.0% |
3 757 |
3 757 |
78.7% |
118.0% |
|
2012 |
79.7% |
116.0% |
3 543 |
~3 700 |
76.3% |
111.1% |
|
2013 |
78.0% |
114.0% |
3 752 |
~3 900 |
75.1% |
109.8% |
|
2014 |
74.7% |
112.0% |
3 890 |
~4 000 |
72.7% |
109.0% |
|
2015 |
70.9% |
110.0% |
3 357 |
3 868 |
61.5% |
95.5% |
|
2016 |
68.2% |
108.0% |
3 477 |
~4 100 |
57.9% |
91.7% |
|
2017 |
63.9% |
106.0% |
3 677 |
~4 300 |
54.6% |
90.6% |
|
2018 |
59.8% |
104.0% |
3 974 |
~4 500 |
52.8% |
91.9% |
|
2019 |
58.9% |
102.0% |
3 888 |
~4 600 |
49.8% |
86.2% |
|
2020 |
68.0% |
110.0% |
3 890 |
4 278 |
61.8% |
100.0% |
|
2021 |
69.3% |
108.0% |
4 260 |
~4 900 |
60.3% |
93.9% |
|
2022 |
66.1% |
147.1% |
4 072 |
~5 200 |
51.7% |
115.1% |
|
2023 |
63.6% |
141.7% |
4 456 |
~5 500 |
51.5% |
114.8% |
|
2024 |
62.2% |
141.8% |
4 526 |
5 996 |
46.9% |
107.0% |
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
Finissons maintenant sur les projections de l’évolution des dettes publiques et privées pour les USA et la France.
En France,
la dette publique/PIB est projetée à 118-120 % en 2026, et la dette totale
dépassera 300 % du PIB.
La
croissance US restera plus robuste (1,8-2,5 % en 2026) que celle de la France
(0,9-1 %), mais les deux pays risquent une "crise graduelle" : hausse
des coûts d'emprunt, éviction des investissements privés, et pressions
inflationnistes si la dette n'est pas maîtrisée.
Notons
cependant que les USA bénéficient d'une "exceptionnalité" (dollar
comme monnaie de réserve), et d’extraterritorialité » lui permettant d’exercer
une certaine ‘pression’ (juridique, économique voire géopolitique) auprès des
pays ayant dans leurs réserves des Bons du Trésor américain.
La France,
elle, est plus contrainte par une situation nettement moins hégémonique, qu’elle
reste dans l’U.E. ou qu’elle en sorte. En principe, si l’on s’en tient aux
règles de l’U.E., bafouées depuis bien longtemps par la France, elle devrait
avoir un déficit public inférieur à 3%, et une dette publique inférieure à 60%,
comme l’Allemagne en fait. Mais elle en est bien loin.
En ce qui
concerne ses dettes, la situation des USA n’est pas non plus brillante. Sa
dette publique est telle que son ratio dette/PIB, de 124% en 2024, est projeté
à 125-126% en 2026, ratio qui dépasse donc de beaucoup le taux moyen mondial de
« seulement » 100%
Sa dette publique
dépasse 38 mille milliards de dollars début 2026, avec une augmentation de 2 250
milliards sur un an (environ 8 milliards par jour). Les intérêts nets sur la
dette approchent 1 billion de dollars annuels, soit 14 % des dépenses
fédérales.
Quant à sa
dette total, privée plus publique, elle représente environ 720 % du PIB en
2025, avec une dette des ménages et entreprises en hausse due à des prêts bon
marché, avec une dette privée croissante dans l'immobilier et les technologies
de type IA (Intelligence artificielle)
Cette
augmentation absolue des dettes US ne serait sans doute pas catastrophique si
la croissance économique suivait, ce qui ne semble pas devoir être le cas.
Cette croissance
économique, projetée à 1,8-2,5 % en 2026, est pour le moment soutenue par les
investissements en AI, les marchés actions forts, et une politique monétaire
accommodante (baisse des taux de la Fed). Mais cette croissance a déjà ralenti par
rapport à 2025 -environ 4%), avec des emplois en baisse hors santé.
Et, comme nous l’avons déjà indiqué plus haut, si la dette croît plus vite que le PIB (déficit à 6 % du PIB en 2026), cela pourrait entraîner une "crise d'austérité" : contraction économique de 3 %, hausse des taux (jusqu'à +3 points de base par point de dette/PIB), et éviction des investissements privés.
Ce qui est
vrai pour les USA est évidemment encore plus vrai pour la France, les dernières
données montrant déjà que la position économique relative de la France en ont fait
l’un des plus mauvais élèves de l’Union européenne, derrière la Belgique et
Chypre, en vue d’être rattrapée par la Pologne.
Croissance en panne, dettes astronomiques, industrie en dés errance, agriculture traditionnelle quasiment condamnée, cela n’incite pas à l’optimisme, et le dernier budget obtenu par forceps et au prix d’une augmentation à la fois des impôts et des dépenses publiques ne fait que conforter cette évaluation.
Les 20
dernières années de « gouvernance » se sont avérées être un désastre.
En sera-t-il de même demain si nous gardons les mêmes experts et les mêmes
politiciens, dans un système de moins en moins productif et rongé par l’assistanat,
au détriment des investissements productifs et d’une relance de l’industrie.
On peut en
douter.
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