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Trop d'Impôts?

  Trop d'impôt tue l'impôt : la démonstration, grandeur nature, de la courbe de Laffer Je ne pense qu’il soit nécessaire d’insister sur le fait que nos compatriotes se préoccupent de plus en plus, très concrètement, de ce qu’ils donnent à l’Etat, et des services dont ils peuvent bénéficier en retour. Le succès extraordinaire du livre « Le Casse du siècle », 170 000 exemplaires vendus au moment de l’écriture de ce billet, et sa démarche minutieuse, microéonomique, d’un expert des Comptes Publics le démontre magnifiquement. Certains des responsables de ce casse sont clairement identifiés. Dans ce billet, nous allons nous contenter ici de montrer que la quantité astronomique d’impôts et de taxes n’est pas seulement un problème individuel, avec un très grand nombre de victimes. C’est aussi un problème global, macroéconomiques que nous allons maintenant tenter d’aborder. « Trop d'impôt tue l'impôt » est l'une de ces formules que l'on cite plus volontiers qu...

Vademecum Economique pour Candidat Libéral - LE LABYRINTHE DES RISQUES

Le Labyrinthe des Risques tente de montrer qu'à des questions légitimes, telles que: Comment ose-t-on encore entreprendre — et plus encore innover — quand tant d'aléas peuvent, à tout moment, emporter des années d'efforts ? Ou encore: reste-t-il, en France, assez d'entrepreneurs prêts à s'exposer sans filet, ou avons-nous pris l'habitude de nous en remettre, par prudence, à la protection d'un État censé nous épargner l'essentiel du risque ? Une aventure comme celle d'Elon Musk — les fusées qui explosent avant de réussir, les paris industriels tenus pour insensés, les années de pertes avant le premier succès — serait-elle encore possible ici ?  Quelques éléments de réponse y sont esquissés, en partant d'une quasi évidence: Un pays qui n'ose plus parier n'a pas supprimé le risque : il s'est seulement privé de ses plus grandes réussites. Pourquoi tant d'entrepreneurs français préfèrent-ils la protection de l'État à l'...

La France soumise à une hausse perpétuelle de ses dettes publiques?

Baisser les dépenses publiques appauvrit-il vraiment ceux qui vendent à l'État ? Le débat sur le déficit public tourne, depuis plusieurs mois, autour de deux leviers, et de deux seulement : augmenter les prélèvements, ou réduire la dépense. Le premier levier a sa propre limite empirique, la courbe de Laffer — au-delà d'un certain taux, l'impôt supplémentaire décourage l'activité qu'il devait taxer, et finit par rapporter moins, pas plus. Le second levier vient de se heurter à un argument politique repris par plusieurs ministres : baisser la dépense publique reviendrait à baisser le niveau de vie de ceux qui vendent à l'État et aux administrations — fonctionnaires, entreprises titulaires de marchés publics, prestataires de santé. L'argument n'est pas absurde. Mais il repose sur une hypothèse implicite qui mérite d'être testée : que la totalité de cette dépense se transforme en revenu français. Ce n'est pas le cas. Une partie de la dépense publiq...

QUI POUR FAIRE QUOI: Chapitre 3 — Avec quelle énergie

  Chapitre 3 — Produire quoi, avec quelle énergie ? 1. Une contrainte que la monnaie ne crée pas En 2022, le responsable d'un petit atelier de menuiserie de la région lyonnaise voit sa facture d'électricité doubler en quelques mois. Il avait entendu parler, comme tout le monde, de création monétaire, de taux d'intérêt, de plans de soutien — sans jamais en percevoir les effets directs sur son activité. Mais lorsque le prix du kilowattheure s'envole, tout change : ses marges se contractent, ses fournisseurs augmentent leurs tarifs, ses clients repoussent leurs commandes. Il doit revoir ses prix, renégocier ses contrats, reporter des investissements. Pour lui, l'inflation cesse d'être un indicateur abstrait : c'est une limite matérielle qui s'impose à chaque décision. Cette expérience, vécue par des dizaines de milliers d'entreprises françaises la même année, illustre une asymétrie que ce chapitre voudrait poser d'emblée. La monnaie et les cré...

Vers une nouvelle vague industrielle ?

  Sélection ou rupture : ce qu'annoncerait vraiment un nouveau cycle numérique Un texte a circulé cette semaine sur X, au lendemain de la hausse des taux de la Réserve fédérale américaine. Son auteur, qui se présente sous le pseudonyme « leblogalupus » et se réclame de Nietzsche, y voit l'annonce d'un basculement : des taux élevés qui opéreraient une sélection darwinienne entre la « mauvaise » technologie — applications sans substance, promesses sans infrastructure — et la « vraie », celle des centres de données, des p,uces, de l'énergie, des 'hyperscalers' capables de financer eux-mêmes leur expansion. Nous entrerions, écrit-il, dans « l'âge de la sélection ». Il ne s'agit pas ici de lui répondre point par point — l'exercice a sa place ailleurs, et n'est pas le plus utile. Trois points méritent en revanche d'être creusés, parce que l'intuition qui traverse ce texte — un cycle en remplace un autre — est réelle, mais appelle un outilla...