La France soumise à une hausse perpétuelle de ses dettes publiques?

Baisser les dépenses publiques appauvrit-il vraiment ceux qui vendent à l'État ?

Le débat sur le déficit public tourne, depuis plusieurs mois, autour de deux leviers, et de deux seulement : augmenter les prélèvements, ou réduire la dépense. Le premier levier a sa propre limite empirique, la courbe de Laffer — au-delà d'un certain taux, l'impôt supplémentaire décourage l'activité qu'il devait taxer, et finit par rapporter moins, pas plus. Le second levier vient de se heurter à un argument politique repris par plusieurs ministres : baisser la dépense publique reviendrait à baisser le niveau de vie de ceux qui vendent à l'État et aux administrations — fonctionnaires, entreprises titulaires de marchés publics, prestataires de santé. L'argument n'est pas absurde. Mais il repose sur une hypothèse implicite qui mérite d'être testée : que la totalité de cette dépense se transforme en revenu français. Ce n'est pas le cas. Une partie de la dépense publique, comme une partie de la consommation des ménages, se déverse directement dans les importations — donc dans le revenu d'entreprises et de salariés étrangers, pas français.

Le déficit public français atteint 152,5 milliards d'euros en 2025, soit 5,1 % du PIB — un ordre de grandeur qui coïncide presque exactement avec le scénario haut (150 milliards) envisagé ici.

Où va l'argent public : une décomposition nécessaire

Sur 1 672 milliards d'euros de dépenses publiques en 2024 (57 % du PIB), la décomposition par nature fait apparaître des catégories dont le contenu en importations est structurellement très différent.

Nature de la dépense

Montant 2024

Part du total

Contenu en importations (estimation)

Rémunérations des agents publics

362 Md€

22 %

~0 % (revenu domestique direct)

Prestations sociales en espèces (pensions, allocations)

562 Md€

34 %

~0 % (revenu domestique direct)

Prestations sociales en nature (santé, remboursements)

186 Md€

11 %

Élevé (médicaments : 27,9 Md€ importés en 2022 ; dispositifs médicaux)

Consommation intermédiaire (achats de fonctionnement)

161 Md€

10 %

Moyen à élevé (énergie, numérique, prestations de services)

Subventions et transferts aux entreprises

209 Md€

12 %

Variable selon le secteur soutenu

Investissement public (FBCF)

132 Md€

8 %

Élevé pour l'équipement (~32 % en moyenne pour l'investissement, contre 19 % pour la consommation des ménages)

Intérêts de la dette

60 Md€

4 %

~47 % versés à des détenteurs non-résidents

 

Deux tiers de la dépense (56 %) relèvent de transferts de revenu directs — salaires et prestations en espèces —, dont le contenu en importations est, par construction, quasiment nul au moment du versement : l'argent atterrit intégralement dans le revenu disponible d'un ménage français. C'est sur cette partie de la dépense que l'argument ministériel est le plus solide. Le tiers restant correspond en revanche à des achats de biens et de services, dont une fraction significative et croissante s'adresse à des fournisseurs étrangers — et c'est précisément cette fraction que l'argument ministériel passe sous silence.

Une précision s'impose sur l'exception qui confirme la règle : la défense. Contrairement à l'intuition, les équipements militaires français ne sont pas massivement importés — la quasi-totalité des commandes est attribuée à des entreprises françaises ou à des coopérations européennes, et les importations en provenance des États-Unis ne représentent que 17 % des importations totales de défense de la France, contre 53 % en moyenne dans l'Union européenne. Réduire les commandes d'armement frapperait donc, presque intégralement, du revenu français — à l'inverse de ce qu'on pourrait attendre d'une dépense d'équipement.

Trois profils de coupe budgétaire, trois montants

Le point clé est que le même montant de coupe budgétaire n'a pas le même effet sur le revenu domestique selon qu'il porte sur les salaires et prestations, ou sur les achats à fort contenu importé. Trois profils illustrent cet écart, appliqués aux trois montants demandés — 50, 100 et 150 milliards d'euros, ce dernier correspondant approximativement au déficit annuel.

Profil A — Coupe répartie au prorata de la structure actuelle de la dépense.

C'est le scénario par défaut si aucun arbitrage n'est fait entre catégories. Avec la pondération de la décomposition ci-dessus (56 % transferts directs à contenu importé nul, 41 % achats à contenu importé estimé autour de 25 % en moyenne pondérée, 4 % intérêts dont 47 % versés à l'étranger), environ 12 % de la coupe se traduit mécaniquement par une baisse des importations plutôt que du revenu domestique.

Profil B — Coupe concentrée sur la masse salariale et les prestations (non-remplacement de départs, gel des prestations).

C'est le levier politiquement le plus fréquent, et celui qui correspond le plus fidèlement à l'argument ministériel : en supposant que 80 % de la coupe porte sur les transferts directs et 20 % sur les achats, la part « importée » de la coupe tombe à environ 5 %.

Profil C — Coupe concentrée sur les achats et l'investissement, hors défense (négociation des marchés publics, réduction des subventions, ralentissement de l'équipement numérique et médical).

En supposant cette fois que 70 % de la coupe porte sur des achats à contenu importé élevé et 30 % sur les transferts directs, la part « importée » de la coupe monte à environ 21 % — près de quatre fois plus que dans le profil B, pour le même montant total.

Montant de la coupe

Profil A (réparti)

Profil B (salaires/prestations)

Profil C (achats/investissement)

-50 Md€

~44 Md€ revenu domestique / ~6 Md€ importations

~47,5 Md€ revenu domestique / ~2,5 Md€ importations

~39,5 Md€ revenu domestique / ~10,5 Md€ importations

-100 Md€

~88 Md€ revenu domestique / ~12 Md€ importations

~95 Md€ revenu domestique / ~5 Md€ importations

~79 Md€ revenu domestique / ~21 Md€ importations

-150 Md€

~132 Md€ revenu domestique / ~18 Md€ importations

~142,5 Md€ revenu domestique / ~7,5 Md€ importations

~118,5 Md€ revenu domestique / ~31,5 Md€ importations

 

Au montant le plus proche du déficit actuel (150 milliards), l'écart entre le profil le plus défavorable au revenu domestique (B, 142,5 Md€) et le plus favorable (C, 118,5 Md€) représente 24 milliards d'euros — l'équivalent d'une amélioration mécanique du solde commercial qui, sur une année, correspondrait à plus de trois fois le déficit commercial mensuel actuel de la France.

Les limites de cet exercice

Ce calcul reste un ordre de grandeur, pas une prévision, pour plusieurs raisons qu'il serait malhonnête de passer sous silence.

D'abord, aucune statistique officielle ne mesure le contenu en importations de la dépense publique catégorie par catégorie — les 25 % et 30 % utilisés ici sont des estimations construites à partir de repères disponibles (19 % pour la consommation des ménages, 32 % pour l'investissement et les autres emplois finaux, un déficit pharmaceutique de plusieurs milliards d'euros, une industrie de défense très majoritairement nationale), pas des données directement mesurées.

Ensuite, l'effet de second tour n'est pas neutralisé : un fonctionnaire dont le poste n'est pas remplacé, ou un retraité dont la pension baisse, réduit à son tour sa propre consommation — et environ 19 % de cette consommation est elle-même importée. Le profil B sous-estime donc légèrement la baisse d'importations finale, et le profil C la surestime légèrement, dans des proportions qui restent secondaires face à l'écart initial.

Enfin, une partie des « achats à l'État » à fort contenu importé transite par des entreprises françaises qui ne font qu'intégrer des composants étrangers (électronique, principes actifs pharmaceutiques) — l'emploi français associé à cette activité d'assemblage ou de distribution n'est donc pas nul, même quand le contenu en importations est élevé. Le partage entre revenu domestique et importations n'est jamais parfaitement binaire.

Ce que cela change à l'argument du ministre

L'argument n'est donc pas faux : il est incomplet. Il décrit correctement l'effet d'une coupe concentrée sur les salaires et les prestations — le profil B, celui que les gouvernements successifs ont le plus souvent privilégié parce qu'il est administrativement le plus simple à mettre en œuvre. Il décrit beaucoup moins bien l'effet d'une coupe qui viserait spécifiquement les achats publics à fort contenu importé — hors défense, où l'argument s'inverse. Un plan de réduction de la dépense qui voudrait minimiser son coût en termes de niveau de vie domestique aurait donc intérêt à chercher ses économies du côté des achats de santé, du numérique et des subventions plutôt que du côté de l'emploi public et des prestations — l'inverse, précisément, de ce que la facilité administrative pousse le plus souvent à faire.

L'autre versant du dilemme : l'élasticité recettes-production

Le même dilemme existe, à front renversé, du côté des recettes : si le contenu en importations d'une coupe de dépense dépend de sa composition, la perte de production que fait naître une hausse d'impôt dépend, elle, de la mobilité de l'assiette taxée — et cette mobilité varie considérablement d'un prélèvement à l'autre. C'est précisément ce que mesure, en théorie, la courbe de Laffer : au-delà d'un certain taux, l'assiette se contracte plus vite que le taux n'augmente, et la recette baisse. Le problème est que ce seuil n'est pas le même pour tous les impôts, et que les gouvernements successifs ont plusieurs fois buté dessus sans toujours le nommer ainsi.

L'épisode de la taxe carbone de 2018 en offre un exemple net, sur une assiette peu mobile. Le gouvernement avait programmé, pour le 1er janvier 2019, une hausse de la composante carbone de la TICPE de 2,9 centimes par litre d'essence et 6,5 centimes par litre de diesel. Le Premier ministre Édouard Philippe a suspendu cette hausse dès le 4 décembre 2018, face à la mobilisation des « gilets jaunes », en déclarant qu'aucune taxe ne méritait de mettre en danger l'unité nationale. Une hausse de fiscalité sur un bien pour lequel une partie des ménages n'a pas d'alternative immédiate — véhicule thermique, zones rurales et péri-urbaines mal desservies par les transports en commun — ne réduit pas seulement la consommation visée : elle déclenche une réaction politique et économique qui peut coûter plus cher, en recettes différées et en instabilité, que ce qu'elle devait rapporter.

À l'autre extrémité du spectre de mobilité, la fiscalité du capital illustre le même mécanisme sur une assiette beaucoup plus mobile — et la question de son effet sur l'emploi mérite mieux qu'une seule source, forcément marquée d'un côté ou de l'autre du débat. Bruno Lemaire a développé, dans Quelle Monnaie pour la France et Vivre à crédit, une évaluation reprenant la méthode de Maurice Allais sur les mouvements internationaux de capitaux : sur quarante ans, environ 700 milliards d'euros auraient « disparu » de l'économie française, ce montant correspondant à l'écart cumulé entre les investissements français à l'étranger et les investissements étrangers en France. En appliquant un multiplicateur emploi de l'ordre de 4 pour 1 — sans doute plus proche de 6 pour 1 aujourd'hui —, cet écart représenterait une perte de l'ordre de 1,8 à 2 millions d'emplois. C'est un ordre de grandeur, construit sur une méthode elle-même débattue depuis les travaux d'Allais sur le libre-échange et les mouvements de capitaux, mais qui a le mérite de partir d'un flux mesurable — le solde des investissements directs — plutôt que d'un seul dispositif fiscal.

Sur le terrain plus étroit de l'ISF, la Fondation IFRAP avance de son côté un départ cumulé d'environ 143 milliards d'euros de capitaux entre 1982 et 2017 (15,2 milliards de recette fiscale perdue, 400 000 emplois non créés selon ses calculs) — des chiffres contestés par des études plus mesurées, relayées notamment par Public Sénat, concluant à l'absence d'exil fiscal significatif en cas de taxation ciblée des plus hauts patrimoines. Les deux approches ne mesurent pas tout à fait la même chose — l'une le solde global des investissements, l'autre un impôt particulier — mais elles convergent sur le principe : une assiette mobile qui se contracte emporte avec elle de l'investissement, donc de l'emploi, dans des proportions qui restent débattues mais non négligeables.

Ce constat est le pendant exact de celui développé plus haut sur la dépense : de la même façon qu'une coupe de 100 milliards n'a pas le même effet selon qu'elle porte sur des salaires ou des achats importés, une hausse de recettes de 100 milliards n'a pas le même coût en PIB marchand selon qu'elle porte sur une assiette captive (la consommation d'énergie des ménages sans alternative de mobilité) ou une assiette mobile (le capital, les hauts revenus, les sièges sociaux). Traiter les deux leviers — dépense et recette — avec la même exigence de décomposition serait le prolongement logique de cette note.

Le poids de la dette a changé de nature

La dette française n'est plus seulement un chiffre au bilan : elle pèse désormais sur le coût du crédit dans l'économie réelle, ce qui mérite d'être vérifié plutôt que supposé. Elle a franchi 3 460 milliards d'euros fin 2025 selon l'Insee (115,6 % du PIB) et atteint, sur les dernières estimations disponibles, environ 3 569 milliards d'euros en septembre 2026 (autour de 118,6 % du PIB). La charge d'intérêts inscrite au budget 2026 s'élève à 77,4 milliards d'euros (2,5 % du PIB), contre 60 milliards en 2024 dans la décomposition ci-dessus — une progression de près de 30 % en deux ans, qui n'achète aucun service public supplémentaire.

Le mécanisme documenté est celui d'un effet boule de neige qui change de sens : la Fondation IFRAP relève que la croissance en valeur attendue pour 2026 (2,0 %) est désormais inférieure au taux d'intérêt apparent de la dette — ce qui signifie que, pour la première fois depuis longtemps, la dette croît mécaniquement plus vite que la capacité de l'économie à la porter, indépendamment de tout nouveau déficit primaire. Sur le crédit aux ménages et aux entreprises, les courtiers observent en 2026 des taux moyens de l'ordre de 3 à 3,3 % sur les meilleurs dossiers, contre des niveaux inférieurs à 1,5 % en 2021-2022 — un renchérissement qui pèse sur le financement de l'investissement privé, en plus de celui de l'État.

Cela ne change pas la mécanique décrite plus haut — les intérêts de la dette restent une ligne à part, dont 47 % environ sont versés à des détenteurs non-résidents et qui ne se prête ni à un arbitrage de composition ni vraiment à une coupe : on ne renégocie pas unilatéralement une dette souveraine. Mais cela change l'urgence : chaque point de PIB de déficit supplémentaire s'ajoute désormais à un stock dont le service coûte structurellement plus cher qu'il y a trois ans, ce qui réduit d'autant la marge de manœuvre disponible pour les autres postes de la décomposition.

La racine du problème : une base productive qui ne suit plus

Le diagnostic que porte Antoine Foucher, largement relayé début septembre 2026, déplace la focale : la question n'est peut-être pas seulement de savoir comment répartir un effort de 50, 100 ou 150 milliards, mais de savoir si la base productive française croît assez vite pour financer, dans la durée, les engagements collectifs déjà pris. Trois chiffres qu'il avance méritent d'être cités précisément, car ils sont vérifiables tels quels : 28 millions d'adultes actifs financent un système où 25 millions d'adultes ne travaillent pas (retraités, chômeurs, inactifs), aux côtés de 19 millions de mineurs ; un euro de revenu sur deux ne provient plus directement du travail de celui qui le perçoit, mais des prestations sociales (29 %) et du patrimoine (19 %) ; et la composition du patrimoine s'est inversée en cinquante ans — 65 % issu du travail contre 35 % de l'héritage dans les années 1970, l'inverse aujourd'hui (40 % / 60 %).

Sur le ralentissement de la progression du niveau de vie, plusieurs formulations circulent sans toujours converger sur le même chiffre exact : certaines évoquent une croissance annuelle proche de 4,7 % entre 1959 et 1969 contre moins de 1 % sur la dernière décennie ; Foucher, pour sa part, a chiffré qu'au rythme des quinze dernières années, il faudrait 84 ans pour doubler son niveau de vie par le travail, contre 15 ans dans l'immédiat après-guerre. Ces deux formulations n'ont pas pu être rapprochées chiffre à chiffre, mais elles pointent dans le même sens et avec une ampleur comparable : un ralentissement de plusieurs points, pas de quelques dixièmes. Il en va de même pour la déclaration qui circule sur l'intelligence artificielle (« notre IA, pour que ça aille dans nos salaires ») : elle n'a pas pu être retracée sous une forme vérifiable de façon indépendante, mais l'argument qu'elle résume reste cohérent avec le reste du diagnostic — si les gains de productivité de l'intelligence artificielle sont captés par des fournisseurs étrangers plutôt que par un tissu productif français qui les intègre et les rémunère, la France en paiera le coût, abonnements et infrastructure compris, sans en recevoir la contrepartie en salaires ou en excédent commercial, un mécanisme qui rejoindrait directement le sujet des importations développé plus haut.

Cette lecture recadre le débat sur les 50/100/150 milliards : même un plan de coupe au profil le plus favorable au revenu domestique (C) ou une hausse de recettes ciblée sur une assiette peu mobile ne traitent qu'un symptôme si la base qui produit la richesse taxable ou économisable continue de croître moins vite que les transferts qu'elle finance.

Ce qui rend une baisse des dépenses possible ailleurs

D'autres pays sont pourtant parvenus à réduire leur déficit sans hausse d'impôts : ce n'est donc pas structurellement impossible, mais cela s'est fait, dans les cas les plus soutenables, par une composition délibérée de l'effort plutôt que par une coupe uniforme. La Suède a résorbé un déficit de 7 % du PIB en 1993 principalement par la baisse des dépenses de fonctionnement et d'investissement public et la suppression d'environ 70 000 emplois publics entre 1993 et 2000, sous une règle constitutionnelle imposant un excédent structurel de 2 %. Les Pays-Bas ont combiné réforme de l'assurance-chômage, recul de l'âge de la retraite à 67 ans et externalisation d'une partie des services publics pour ramener leur déficit à 0,3 % du PIB en 2024. L'Allemagne, avec l'Agenda 2010 (2003-2005) et le frein constitutionnel à l'endettement (Schuldenbremse, 0,35 % du PIB pour l'État fédéral), a privilégié les réformes structurelles du marché du travail à la hausse des prélèvements.

Le contre-exemple est tout aussi instructif : la Grèce, l'Irlande et le Portugal ont eux aussi réduit fortement leur dépense publique (baisse de 30 % des salaires publics en Grèce, réduction des effectifs publics de 325 000 à 293 000 en Irlande entre 2009 et 2014), mais sous la contrainte d'une intervention FMI/UE, dans un contexte de crise aiguë plutôt que de choix anticipé — avec un coût social et politique nettement plus élevé que dans les cas suédois ou néerlandais. La leçon n'est donc pas qu'une baisse de la dépense sans hausse d'impôt soit impossible, mais qu'elle suppose une composition choisie tôt, sur les postes à moindre effet sur le revenu domestique et sur la production — la logique même des profils A/B/C développés plus haut — plutôt qu'un ajustement imposé tardivement par les marchés.

En synthèse

Ni le levier fiscal ni le levier de la dépense ne sont neutres : chacun doit être décomposé selon son élasticité propre — de production pour l'impôt, d'importations pour la dépense — plutôt que traité comme un bloc uniforme. Mais ces deux leviers ne suffisent pas non plus à eux seuls : sans un redressement de la base productive (emploi, productivité, réindustrialisation) que pointe le diagnostic de Foucher, sans traitement de l'écart d'investissement que met en évidence la méthode Allais, et sans stabilisation du coût de la dette qui absorbe une part croissante de toute marge de manœuvre budgétaire, chaque plan d'économies retrouvera, quelques années plus tard, la même contrainte : ce n'est pas tel ou tel budget annuel qui crée la difficulté, mais l'addition, différée depuis longtemps, d'engagements collectifs qui ont crû plus vite que la production censée les financer.


Au delà de ce billet d'actualités, on pourra consulter d'autres réflexions d'ordre économique ou organisationnelles sur mon site

 

Sources : Insee, « Le compte des administrations publiques en 2025 » et « Usage de l'argent public : les dépenses publiques par fonction en 2024 » (Insee Première n° 2093) ; Insee, « En 2025, le déficit public s'élève à 5,1 % du PIB » ; Vie publique, « 152,5 milliards d'euros de déficit public en 2025 » ; Insee, « Le « made in France » : 81 % de la consommation totale des ménages, mais 36 % seulement de celle des biens manufacturés » (Insee Première n° 1756) ; Leem, « Le commerce extérieur de médicaments » ; Conseil d'analyse économique, Focus n° 126 sur l'industrie de défense (données Kiel Military Procurement Tracker) ; Fondation IFRAP, « Analyse des 47 % de la dette publique française détenue par des étrangers » ; Acteurs Publics / OECP, chiffres 2024 de la commande publique (233,2 Md€) ; Bruno Lemaire, Quelle Monnaie pour la France et Vivre à crédit, s'appuyant sur les travaux de Maurice Allais sur les mouvements internationaux de capitaux ; La Finance pour Tous, « Gilets jaunes : le gouvernement renonce aux hausses de taxes sur l'essence et le diesel » (5 décembre 2018) ; Fondation IFRAP, « Ce que l'ISF a fait perdre à la France » ; Public Sénat, « Budget : la taxation des ultra-riches n'entraînerait pas d'exil fiscal significatif » ; Fondation IFRAP, « 2026 : année record pour les émissions de dette de la France » et « Croissance à 0,7 % en 2026 : la boule de neige de la dette est en route » ; dettedelafrance.fr, données au 18 septembre 2026 ; Meilleurtaux / MoneyVox, baromètres des taux de crédit immobilier, 2026 ; IntelliNews, « On se laisse aller budgétairement car on ne sait pas où on va politiquement : le constat alarmant d'Antoine Foucher » (6 septembre 2026) ; RCF, « Le travail ne paie plus : le diagnostic choc d'Antoine Foucher » ; Fondation IFRAP, « Redresser nos finances publiques : l'exemple de 6 pays en Europe ».


Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

PourUneUnionNationale_UneFausseBonneIdee

ElementsDeconomiePolitique

dettes publiques, interets prives