Une approche "bi-pays" du pouvoir d'achat. De quoi parle t-on vraiment.
Ce que deux pays imaginaires nous apprennent sur le pouvoir d'achat
Du PIB nul au tout-public : voyage aux frontières de
ce que l'on peut mesurer
Bruno Lemaire — Monnaie Publique, 1er septembre 2026
Le débat sur le pouvoir d'achat, qui traverse cette campagne
présidentielle comme il a traversé toutes les précédentes, repose sur une
hypothèse qu'on ne discute presque jamais : que la richesse d'un pays se réduit
à ce qui s'achète et se vend. C'est une hypothèse commode — elle permet de
mesurer, de comparer, de faire des courbes. Elle n'en reste pas moins une
hypothèse, et comme toute hypothèse, elle mérite d'être testée à ses limites.
Poussons-la donc jusqu'à l'absurde, à travers deux pays imaginaires, avant de
revenir, mieux armés, à la France réelle — celle qui, en 2025, affiche de
nouveau un compte courant déficitaire.
I. Le pays qui
ne produit rien
Commençons par un cas que j'ai déjà posé ailleurs, dans Quelle monnaie pour la France, et qui ne sert ici que de tremplin : un pays ne produit
strictement rien pendant un an, et importe la totalité de ce qu'il consomme.
Son PIB, par construction — PIB = C + I + G + (X − M), une identité qui ne
mesure que la valeur ajoutée créée sur le territoire — tombe à zéro, puisque
toute la consommation est captée par les importations (M) et qu'aucune
production domestique ne vient l'équilibrer.
Ce pays continue pourtant d'exister, de consommer, de vivre. Comment
finance-t-il des importations que rien, chez lui, ne vient compenser ? Trois
voies, et trois seulement, comme je l'évoquais dans un précédent billet sur les dettes indispensables
: l'endettement extérieur, qui reporte la facture à plus tard ; la cession
d'actifs nationaux, qui échange du patrimoine contre des biens de consommation
immédiate ; ou les flux de portefeuille et l'aide extérieure, quand un tiers
accepte de financer sans contrepartie de dette ni de vente d'actifs. Aucune de
ces trois voies n'est illimitée dans le temps — un pays qui ne produit rien
finit, tôt ou tard, par ne plus rien pouvoir importer non plus.
Ce premier cas, aussi absurde soit-il, laisse intacte une chose
essentielle : le pouvoir d'achat, au sens plein, y fonctionne toujours. Les
ménages de ce pays reçoivent un revenu, arbitrent entre plusieurs biens
disponibles sur un marché, achètent ce qu'ils préfèrent au prix qu'on leur
propose. Le financement vient de l'extérieur, mais le mécanisme d'allocation —
le marché, le prix, le choix — reste pleinement en place. Ce que ce premier cas
isole, en réalité, ce n'est pas le pouvoir d'achat : c'est le PIB, qui se
révèle incapable de mesurer un pays entièrement dépendant de l'étranger pour sa
survie matérielle, alors même que ses habitants continuent d'y consommer, d'y
choisir, d'y vivre normalement. Poussons maintenant l'expérience du côté opposé
— celui où c'est le pouvoir d'achat lui-même, et non plus seulement le PIB, qui
vacille.
II. Le pays
entièrement public
Imaginons, à l'inverse, un pays où le PIB marchand est nul — non parce
qu'il ne produirait rien, mais parce que tout ce qui s'y produit est «
fonctionnarisé ». Santé, éducation, logement, alimentation, transport : tout
est produit et distribué par l'État ou des organismes publics, financé par
l'impôt et la cotisation, sans qu'aucun bien ni service ne soit jamais vendu
sur un marché. C'est une fiction, bien sûr — aucune économie n'a jamais atteint
ce point exact — mais une fiction utile, parce qu'elle pousse à son terme une
logique que la France pratique déjà, partiellement, dans la santé ou
l'éducation.
Une richesse mesurée par
ses moyens, non par son résultat
Comment ce PIB serait-il mesuré ? La comptabilité nationale a, depuis
longtemps, une réponse à cette question — parce qu'elle l'applique déjà,
partiellement, à nos administrations publiques. En l'absence de prix de marché,
le Système européen des comptes (SEC 2010), repris par l'Insee, valorise la
production non marchande par son coût de production : les salaires versés aux
agents publics, les consommations intermédiaires, l'amortissement du capital
public. Dans notre pays imaginaire, cette convention s'appliquerait à la
totalité du PIB, qui ne mesurerait plus alors qu'une seule chose : la somme des
moyens engagés, et non plus, comme dans une économie marchande, un résultat
validé par un consentement à payer.
La conséquence mérite d'être dite clairement, tant elle est peu intuitive
: dans ce pays, un gain de productivité — un hôpital qui soigne deux fois plus
de patients à effectif constant, une administration qui traite ses dossiers
deux fois plus vite — n'augmenterait strictement rien dans les comptes
nationaux. Le PIB y évoluerait comme la masse salariale publique,
indépendamment de toute amélioration réelle du service rendu. On retrouve ici,
à l'état pur, ce que l'économiste William Baumol avait identifié dès les années
1960 sous le nom de maladie des coûts : les services dont les gains de
productivité sont structurellement limités — le soin, l'enseignement, au fond
tout ce qui repose sur une relation humaine et non sur une chaîne de production
— voient leur coût relatif augmenter mécaniquement par rapport aux secteurs
industriels, qu'ils soient publics ou privés. Un pays entièrement
fonctionnarisé pousserait cette logique jusqu'à son terme.
Le pouvoir d'achat, un
instrument qui suppose un marché
Vient alors la vraie question, celle qui donne tout son sens à cette
expérience de pensée : comment évaluer le pouvoir d'achat dans un tel pays,
sachant que le pouvoir d'achat, tel qu'on l'entend et qu'on le mesure, suppose
un revenu résiduel, arbitrable, que le ménage peut dépenser comme il l'entend
entre plusieurs biens disponibles à des prix différents ? Dans notre pays
imaginaire, ce revenu résiduel n'existe plus : la quasi-totalité de ce que
gagne un ménage est prélevée à la source pour financer les services publics, et
ce qu'il reçoit en retour ne prend pas la forme d'un revenu à dépenser, mais de
biens et services alloués directement — un logement attribué, une place à
l'école, une consultation programmée. Le revenu disponible brut des ménages y
tend vers zéro. Le pouvoir d'achat, au sens où le débat public l'entend,
s'effondre donc — non parce que le niveau de vie s'effondrerait avec lui, mais
parce que l'instrument qui le mesurait a disparu avec le marché qu'il
présupposait.
Le pouvoir d'achat n'est pas une propriété
intrinsèque de la richesse produite : c'est une propriété du mode choisi pour
la distribuer. Changez ce mode, et l'indicateur change de sens — sans que la
richesse réelle change nécessairement dans les mêmes proportions.
Ce que Mises et Hayek
avaient déjà vu
Ce problème n'est pas neuf. C'est, formulé autrement, le cœur du débat du
calcul économique en régime collectiviste, ouvert par Ludwig von Mises en 1920
et prolongé par Friedrich Hayek deux décennies plus tard. Leur objection
n'était pas morale — elle était épistémique. Sans prix de marché, ni le
planificateur ni le citoyen ne dispose d'un signal permettant de savoir si une
allocation de ressources est meilleure qu'une autre : construire un hôpital ou
une école, produire plus de logements ou plus de transports en commun, tout
arbitrage perd son étalon commun. Le pouvoir d'achat, au fond, n'est pas
seulement une somme d'argent : c'est un droit de choisir entre des usages
alternatifs d'une ressource rare, révélé par un prix. Retirez le prix, et l'on
ne retire pas seulement l'indicateur — on retire le mécanisme même que
l'indicateur mesurait.
L'histoire économique du XXe siècle a, du reste, déjà mené cette
expérience, sans jamais la pousser tout à fait jusqu'à son terme théorique.
Chaque fois qu'un système a poussé loin la logique de gratuité et de
rationnement — l'URSS en offre l'exemple le plus documenté —, un marché
parallèle a fini par réapparaître spontanément, révélant des prix implicites
que le système officiel refusait de reconnaître. Les historiens de l'économie
soviétique ont ainsi documenté l'ampleur prise par cette « économie de l'ombre
» (la seconde ekonomika) : biens détournés de la production officielle,
services rendus au noir, files d'attente monnayées, troc entre entreprises pour
contourner la pénurie planifiée — un système entier de prix informels,
tacitement toléré, sans lequel l'économie officielle elle-même se serait
probablement grippée bien plus tôt. Ce fait, à lui seul, suggère que le prix ne
disparaît jamais vraiment : il se déplace simplement là où l'autorité ne le
voit plus.
Trois critères de repli
Que resterait-il, alors, pour évaluer sérieusement le niveau de vie dans
un pays entièrement public ? Trois pistes, à mon sens, qui ne se valent pas :
Une mesure en unités physiques — logement en mètres carrés par habitant,
volume de soins reçus, années de scolarisation, ration alimentaire — qui
contourne la monnaie en revenant directement à ce qu'elle était censée
permettre d'obtenir. C'est la logique, précisément, qui a présidé à la
construction des indicateurs de développement humain, conçus parce que le seul
revenu monétaire devenait insuffisant pour comparer des systèmes hétérogènes.
Une mesure par l'accès plutôt que par l'achat — délais d'attente, taux de
satisfaction de la demande, existence ou non d'un rationnement — qui remplace
le pouvoir d'achat par ce qu'on pourrait appeler un pouvoir d'accès, gouverné
non plus par le prix mais par la file d'attente, le quota ou le statut
administratif.
Et la reconnaissance, enfin, que les marchés gris et noirs qui naissent
invariablement dans ces systèmes constituent, malgré eux, la meilleure
approximation empirique d'un prix réel — un aveu, en creux, que la rareté ne
s'efface jamais, quelle que soit la générosité proclamée du système qui prétend
l'ignorer.
Ce pays entièrement public n'existe nulle part à l'état pur. Mais il
isole une vérité qu'aucune économie mixte ne peut se permettre d'oublier : le
pouvoir d'achat n'est pas une donnée de la richesse, c'est une donnée du
système qui la répartit. Reste à savoir, dans une économie réelle — mêlant
marché et fonction publique, comme le fait la France — où passe exactement la
frontière entre les deux, et ce que cela change à la façon dont on mesure, et
dont on débat, du pouvoir d'achat des Français.
III. Le cas
intermédiaire : la France réelle
Aucune économie réelle ne se situe à l'un ou l'autre de ces deux pôles.
Toutes combinent une part de production marchande et une part de production
publique non marchande, financée par le prélèvement. La France en offre, cette
année encore, un cas d'école particulièrement net — au moment même où son
compte courant se dégrade de nouveau.
Ce que dit la balance des
paiements 2025
Selon le rapport annuel de la Banque de France, le déficit courant
français s'établit à 11,6 milliards d'euros en 2025, contre 9,3 milliards en
2024 — une quasi-stabilité en apparence, qui masque en réalité des évolutions
contraires. Le déficit commercial de biens recule légèrement, à 58,0 milliards
d'euros (contre 61,4 milliards en 2024), porté par une facture énergétique
allégée (44,2 milliards, contre 53,0 milliards) ; mais l'excédent des services,
lui, se réduit à 45,4 milliards d'euros (contre 50,8 milliards), une
normalisation après des niveaux exceptionnels. Les revenus restent quasiment
équilibrés (1,0 milliard). Au total, la position extérieure nette de la France
continue de se dégrader, à −29,7 % du PIB, et plus de la moitié de la dette de
l'État — 56,1 % — est désormais détenue par des non-résidents.
Ce déficit, comme tout déficit courant, doit être financé par l'une des
trois voies décrites en première partie : ici, essentiellement l'endettement
extérieur et, dans une moindre mesure, la cession d'actifs — le même mécanisme
comptable que j'évoquais, à propos des États-Unis et de la Chine, dans La paille et la poutre, revisitée. Rien de
nouveau, à ce stade, par rapport à ce que j'ai déjà détaillé ailleurs sur ce
blog. Ce qui est plus rarement discuté, en revanche, c'est ce que ce déficit —
et plus largement le débat sur le pouvoir d'achat qu'il alimente — laisse de
côté.
RDB et RDB ajusté : la
frontière qu'on ne trace jamais
Le pouvoir d'achat dont débattent les candidats à cette élection, celui
qui recule ou progresse de quelques dixièmes de point d'une année sur l'autre,
se calcule à partir du revenu disponible brut (RDB) des ménages — leur revenu
monétaire net de prélèvements, rapporté à l'indice des prix à la consommation.
Ce chiffre ignore, par construction, tout ce que les ménages reçoivent sous
forme de services publics gratuits ou quasi gratuits : remboursements de soins,
scolarité, une partie du logement social.
L'Insee dispose pourtant d'un indicateur qui corrige précisément ce biais
: le revenu disponible brut ajusté, qui ajoute au RDB les transferts
sociaux en nature (TSN) — la valeur des biens et services individualisables
fournis gratuitement, ou à un prix économiquement non significatif, par les
administrations publiques : remboursements de l'Assurance maladie, scolarité,
une partie de l'aide au logement. Ces transferts sont eux-mêmes évalués selon
la même convention qu'en deuxième partie — leur coût de production — ce qui
n'est pas un détail : c'est le même paradoxe qui ressurgit, à une échelle plus
modeste, au cœur même de l'économie française.
Cette distinction n'a rien d'un raffinement technique réservé aux
statisticiens. Elle trace, très exactement, la frontière qu'on cherchait depuis
le début de ce billet : ce qui appartient au pouvoir d'achat privé — le RDB,
arbitrable, celui dont un ménage dispose pour choisir entre un loyer, des
vacances ou une voiture — et ce qui appartient au secteur public en nature —
les TSN, décidées collectivement, jamais arbitrées individuellement, et
pourtant tout aussi réelles dans leur contribution au niveau de vie.
J'évoquais, dans mon précédent billet sur l'offre et la demande,
l'écart considérable entre le salaire brut et le salaire net en France, et le
poids des cotisations et de la CSG dans cet écart. Il faut ajouter ici une
nuance, sans rien retirer à l'argument : une partie de ce qui est prélevé ne
disparaît pas dans un puits sans fond — elle revient, sous forme de TSN,
financer des soins ou une scolarité que le ménage n'a jamais à débourser
directement. Ce n'est pas une raison de relativiser le niveau des prélèvements,
dont j'ai détaillé ailleurs le caractère comparativement élevé ; c'est une
raison de ne jamais réduire le niveau de vie d'un pays au seul chiffre de son
pouvoir d'achat monétaire, sous peine de sous-estimer systématiquement ce que
rendent, en nature, les services publics qu'il finance.
Un biais qui fausse les
comparaisons internationales
Cette frontière compte d'autant plus qu'elle fausse silencieusement les
comparaisons entre pays — l'un des exercices les plus prisés du débat public
sur le pouvoir d'achat. Les données de l'Insee permettent de chiffrer
précisément ce biais : le passage du RDB au RDB ajusté augmente le revenu
mesuré de 18 % en France, de 21 % en Allemagne, mais de seulement 8 % aux
États-Unis — parce que la santé, l'essentiel de l'éducation supérieure et une
bonne part du logement y demeurent marchands, et s'inscrivent donc déjà,
intégralement, dans le RDB de départ.
Prenons la santé : aux États-Unis, chaque consultation, chaque prime
d'assurance, chaque acte médical s'inscrit directement dans le revenu
disponible et la consommation des ménages, gonflant d'autant leur pouvoir
d'achat mesuré au sens strict. En France, le service rendu — souvent
comparable, parfois meilleur au regard de certains indicateurs de santé
publique — n'apparaît, lui, presque jamais dans le RDB : il est absorbé dans
les TSN, largement ignorées du débat courant. Comparer le pouvoir d'achat français
au pouvoir d'achat américain à partir du seul RDB revient donc,
structurellement, à sous-estimer le niveau de vie français relativement au
niveau de vie américain d'un ordre de grandeur proche de dix points de revenu —
l'écart entre les deux corrections (18 % contre 8 %). Le RDB ajusté referme une
partie de cet écart, sans l'annuler complètement, l'Insee notant elle-même que
la prise en compte des transferts en nature modifie assez peu les écarts
observés entre grands pays européens, mais rapproche sensiblement la France des
États-Unis.
Une frontière mouvante,
pas une donnée figée
Cette frontière entre RDB et TSN, entre pouvoir d'achat privé et secteur
public en nature, n'a rien d'immuable — c'est là, sans doute, le point le plus
important pour éclairer le débat de cette campagne. Chaque privatisation d'un
service auparavant public déplace une part de TSN vers le RDB : le ménage qui
payait, hier, une cotisation invisible pour un service gratuit, paie
aujourd'hui une facture visible pour un service équivalent — son pouvoir
d'achat mesuré recule mécaniquement, sans que son niveau de vie recule dans les
mêmes proportions. À l'inverse, toute nationalisation ou extension de la
gratuité déplace du RDB vers les TSN, et fait mécaniquement progresser le
pouvoir d'achat apparent, sans création de richesse nouvelle. Nos deux pays
imaginaires ne sont donc pas de simples curiosités théoriques : ils marquent
les deux bouts d'un curseur que chaque gouvernement, à chaque budget, déplace
un peu — et qu'aucun chiffre unique de pouvoir d'achat ne peut, à lui seul,
résumer.
IV. Ce que la
campagne gagnerait à distinguer
Les deux pays imaginaires du début de ce billet ne sont, au fond, que des
instruments de mesure : ils bornent, à leurs deux extrémités, un espace dans
lequel se situe toute économie réelle. Le premier — PIB nul, marché intact —
montre que le pouvoir d'achat peut survivre à l'effondrement de la production,
tant qu'un tiers accepte de le financer. Le second — PIB marchand nul, prix
disparu — montre que le pouvoir d'achat, à l'inverse, ne survit pas à la
disparition du marché, même quand la richesse réelle, elle, subsiste sous une
autre forme. Entre les deux, la France ne cesse de déplacer, année après année,
budget après budget, la frontière entre ce qu'elle laisse au marché et ce
qu'elle confie au secteur public — et cette frontière, à elle seule, détermine
une bonne part de ce dont on débat, et de ce qu'on oublie de compter.
La campagne qui s'ouvre parle beaucoup, et à juste titre, du pouvoir
d'achat au sens étroit : ce qui reste dans le porte-monnaie après impôts et
cotisations. Elle gagnerait à interroger aussi son autre versant, presque
toujours absent des plateaux : la part de notre niveau de vie que nous avons
choisi, collectivement, de ne jamais faire passer par un porte-monnaie — et qui
n'en est pas moins réelle. Ce n'est pas un plaidoyer pour l'un ou l'autre
modèle. C'est un rappel que la question « le pouvoir d'achat des Français
progresse-t-il ? » n'a de sens que si l'on précise, d'abord, de quel pouvoir
d'achat — privé ou collectif, monétaire ou en nature — on parle exactement.
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