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vendredi 20 janvier 2017

Le beau, le bien, le vrai, voilà les véritables valeurs qui fondent tout groupe humain



Du beau, du bien, du vrai. Le piège de la diversité, ou pourquoi une société multiculturelle est foncièrement instable !
Bruno Lemaire, club Idées Nation

L’un des pères de la sociologie et de l’ethnologie, Marcel Mauss, a mis en valeur que ce qui faisait la vie sociale était un système de relations. Nous pensons pour notre part qu’aucun système ne peut perdurer si des notions de base, comme le beau, le bien, le vrai, n’ont pas le même sens, ne fut ce qu’approximativement, pour l’ensemble des éléments de la société considérée.
Bien entendu le bien, le beau, le vrai ne sont pas vécus de la même façon pour des Français de l’Ancien régime ou pour des habitants de la Papouasie, et il est clair que la vision du beau, du bien et du vrai n’est pas la même pour l’Etat Islamique que pour la France de 1946, du temps du CNR (Conseil National de la Résistance).pour s'en convaincre

Nul besoin de citer Pascal: « Vérité au-deçà des Pyrénées, erreur au-delà » pour s'en convaincre, ni même de citer un précepte contemporain de St Augustin " si tu es à Rome, vis comme les Romains; si tu es ailleurs, vis comme on y vit " pour se persuader que des valeurs dites universelles ne le sont concrètement que dans un 'univers' très rétréci, celui d'un groupe, d'un clan, d'une nation. (Et l'on pourrait dire la même chose de l'étalon 'universel' que représente une monnaie donnée)

Cela ne signifie nullement que telle ou telle acceptation de ces concepts de base est meilleure dans un cadre donné que dans un autre, mais que l’adéquation des populations à une vision donnée est indispensable pour assurer la paix sociale.

Il a fallu beaucoup de prétention, ou d’inconscience, aux rédacteurs de la déclaration « universelle » des droits de l’homme pour prétendre que les mêmes valeurs se devaient d’être identiques sur toute la terre, ce qui a conduit d’ailleurs à vouloir exporter, de gré ou de force, la démocratie « occidentale ». Il est vrai que cette universalité, ou cette recherche d’universalité, a été l’objectif des grandes religions post-judaïques, comme le catholicisme (qui a pour mission d’annoncer la bonne nouvelle aux extrémités de la terre) ou comme l’Islam (qui a pour but explicite de convertir l’ensemble de l’humanité à une même croyance).

Peut-être est-il temps d’accepter que le bien et le beau, avec un petit « b », et le vrai, avec un petit « v », ne sont que des notions locales, certes fondamentales mais spécifiques à un groupe social donné, et que vouloir parler du Bien, du Beau et du Vrai est hors de portée de l’humanité, et que vouloir l’imposer est plus proche d’un totalitarisme qui se veut bien-pensant que d’une réflexion humaniste.

De la même façon, vouloir imposer un « nouvel ordre mondial », au service de multinationales qui n’ont pour seul but que de vendre toujours plus à des populations de plus en plus mélangées, au risque – parfois voulu plus ou moins consciemment - que ces mêmes populations n’aient plus la moindre notion de leur propre identité, de leurs propres valeurs, qui s’articulent elles même autour des trois notions fondamentales de bien, de beau et de vrai.

De fait le « vivre ensemble » proclamé par de trop nombreux politiciens de tout bord n’est qu’un miroir aux alouettes qui pousse à ce que ce soit le marketing consumériste qui définisse ce que l’on doit aimer, ce que l’on doit choisir. Le piège est ainsi tendu : d’un côté une vision marchande qui ne voit les différents peuples de la terre que comme des consommateurs en puissance. De l’autre une religion totalitaire qui veut combler le vide spirituel engrangé par une approche purement matérialiste en disant ce que doit être le bien, le beau, le vrai pour l’ensemble des êtres humains. Au milieu de tout cela, des prétendus progressistes qui parlent de la diversité comme si c’était l’alpha et l’oméga de l’évolution de l’humanité, en oubliant ce qui a été rappelé au début de ce mémo, à savoir la vision de Mauss sur ce qui fait groupe social, ou nation : une vue commune qui ne peut être imposée de l’extérieur.

En guise de conclusion, et si nous semblons sortir d’un domaine purement ethno-sociologique pour aborder le domaine politique, il nous semble évident que la question de l’identité est et reste une question fondamentale.  C’est en effet dans le cadre de cette identité – qui, pour la France est fondée sur une base gréco-romaine et sur des racines judéo-chrétiennes – que les concepts, subjectifs mais essentiels car objectivisés pour un peuple ou une nation donnée, de bien, de beau, de vrai prennent tout leur sens. Si l’adage « à Rome vit comme un romain » ne peut plus s’appliquer en France, c’est bien que l’identité française n’est ni heureuse, ni malheureuse, c’est qu’elle n’existe plus, ou, du moins, qu’elle est en voie de disparition. C’est ce que constate lui aussi, avec d’autres mots, Michel Onfray, et ce n’est pas non plus très loin de ce que dit l’essayiste Zemmour.

Le protectionnisme prôné à juste titre par certains ne retrouve tout son sens que s’il repose explicitement sur les notions relatives, mais fondamentales, de bien, de beau et de vrai, ce qui condamne toute prétention à l’oxymore que représente la diversité universelle. Tout protectionnisme est donc éminemment culturel avant même d’être économique.

samedi 7 janvier 2017

Entre la pseudo droite et la fausse gauche, une vision dépassée du travail



La durée du travail, un faux problème, mais une vraie question ?
Par Bruno Lemaire, Club Idées Nation

Depuis Adam Smith on sait, ou on devrait savoir, que la spécialisation du travail est un facteur clé de productivité, si, et seulement si, l’organisation du travail s’adapte elle aussi à la production des biens et services concernés.
Il semblerait pourtant que certains candidats à la présidentielle, tels MM. Macron ou Fillon, n’aient pas compris cela, lorsqu'ils se réfèrent systématiquement aux « progrès » permis par la révolution numérique, révolution indéniable mais qu’il faut savoir apprivoiser, sinon maîtriser.

Pour preuve de cette incompréhension manifeste, il suffit de se référer à ce que ces favoris des médias déclarent sur le temps de travail, comme si ce temps était LE paramètre qui allait permettre de sortir la France de son marasme économique actuel. Ce faisant, ces deux prétendus modernistes font la même erreur que DSK ou Martine Aubry il y a près de 20 ans, à savoir qu’ils confondent quantité « brute » de travail et qualité.

Tout manager ou gestionnaire de projet qui se respecte sait que l’efficacité d’une équipe est liée à sa façon de travailler et de se partager les différentes tâches ou missions qu’elle partage, donc à son organisation. Ce n’est pas de l’arithmétique grossière, et rajouter un individu à une équipe de 2 personnes n’en augmente pas nécessairement la productivité de 50%, c’est-à-dire de ½.

Pour que "1 & 1 & 1" fasse plus de 3, il faut que le processus concerné soit adapté. Dans le cas contraire, cette « somme » apparente peut même diminuer l’efficacité de l’équipe originelle.

Dit autrement, ce n’est pas en faisant travailler plus longtemps une équipe donnée que cela augmentera nécessairement sa productivité, parfois ce sera même le contraire. Dans certains métiers, il est sans doute possible, voire important, de demander à tel ou tel collaborateur de travailler plus longtemps. Mais il peut être préférable, au contraire, de diminuer son temps de travail pour engager un autre collaborateur, dès lors que le processus concerné demande une organisation plus qualitative que quantitative : dans ce cas là, le nombre d’heures de travail réalisés par l’équipe peut ne pas avoir progressé, alors même que sa productivité, elle a été « boostée ».

Mais pour savoir cela, il faut avoir travaillé dans de petites structures, au contact de l’économie réelle, ce qui n’est ni le cas de M. Fillon, ni le cas de M. Macron. Et ce n’est pas en se référant aux mânes du dieu « nouvelles technologies » que cela changera leur compréhension.


La « valeur travail » est fondamentale, les politiques sont en train de le (re-) découvrir mais il y a travail et travail, et mesurer principalement la productivité du travail à sa seule durée, en faire donc un argument quantitatif alors qu’il est de plus en plus qualitatif, semble bien archaïque, pour ne pas dire « ringard ».

Vouloir mettre une même norme pour l’ensemble des collaborateurs, ouvriers ou employés, pour l’ensemble des entreprises ou organisations est donc une erreur monstrueuse, même si, évidemment, c’est plus facile de décréter une norme unique. Et les syndicats patronaux ou ouvriers sont en partie responsables de cette erreur. Et c’est sans doute la même erreur que l’on fait au niveau de l’instauration d’une même norme pour l’âge du départ à la retraite !