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samedi 23 août 2014

Des prélèvements de plus en plus lourds, pour un Etat de moins en moins "souverain"




En France, l’Etat dépense de plus en plus, en étant de moins en moins ‘souverain’.

Par Bruno Lemaire, Secrétaire Général du club Idées Nation

Chacun sait, certes, que les dépenses publiques avoisinent 57% de son PIB – alors que ses recettes dépassent péniblement 52.5%. Les esprits chagrins pourraient en déduire que la France n’impose pas assez, ou dépense trop, ou les deux peut-être.
Mais mon point n’est pas celui là, il porte bien plus sur l’évolution des dépenses publiques, et sur le fait que les dépenses ‘régaliennes’, celles qui concernent la défense, la justice, la police et les affaires étrangères n’ont jamais été si basses.

De fait, comme le rappelait F. Vigne gans un article récent de Valeurs Actuelles, les dépenses régaliennes ont suivi un parcours inverse de celui des dépenses publiques, plus ces dernières ont été élevées, moins elles ont ‘profité’ à l’Etat dans son rôle régalien d’Ordre et de Sécurité, interne ou externe.

Les faits parlent d’eux même.

En 1960, avec des dépenses publiques de 35% du PIB, les dépenses «régaliennes » du Quai d’Orsay et des ministères de la Défense, de l’Intérieur, de la Justice  avoisinaient 6.5 %.
En 1990, les dépenses publiques avaient bondi de près de 15%, pour atteindre 49.5% du PIB, les dépenses régaliennes, elles, n’étant déjà plus que de 4.5%

En 2013, 57% du PIB de dépenses publique, à comparer aux 56.6% de 2011 mais surtout au misérable 2.8% laissé aux dépenses de sécurité intérieure et extérieure (1.6 % pour la Défense, 0.2 % pour la diplomatie, 0.7 % pour la police, 0.3 % pour la justice).

Cette tendance, d’apparence inéluctable, peut sans doute s’expliquer de diverses manières, mais la raison principale est liée au fait que les dépenses dites ‘sociales’ sont devenues de plus en plus importantes sur les cinq dernières décennies, au point que ces dépenses, qui ont dépassé celles de l’Etat à partir de 1985-1986,  ont atteint à elles seules 24.6% du PIB 2011.

Face à une économie en berne, à des prestations sociales tellement généreuses pour les migrants, même l’augmentation continue des impôts et, jusqu’en 2011, la croissance d’un déficit record, ne pouvaient suffire. Il a bien fallu tenter de brider certaines dépenses, en particulier celles qui ne risquaient pas de nuire à tel ou tel segment électoral. Apparemment, ce furent la justice, la police, et l’armée que l’on a choisi de rationner au-delà du raisonnable. Qui pourrait s’en étonner, et encore moins s’en offusquer, au pays dit des «droits de l’homme », pays dans lequel les victimes sont moins bien traitées que les délinquants.

Que la conséquence en soit la quasi diminution des pouvoirs régaliens de l’Etat, dans une Europe de plus en plus laxiste ne devrait pas non plus surprendre.

Au moins, nous savons maintenant où passent nos impôts, même quand ceux qui en payent sont de moins en moins nombreux, tout en payant de plus en plus. Il faut bien que ceux qui n'en payent pas puissent en 'profiter', même si ces impôts ou autres prélèvement sociaux restent insuffisants, face à la magnanimité de nos dirigeants, qui ne sont jamais si heureux que quand ils peuvent dépenser ce qu'ils n'ont jamais eu à gagner personnellement. Pour être élu, ou réélu, que ne ferait-on pas?

lundi 18 août 2014

Les solutions archaïques du gourou Attali



Les solutions archaïques du gourou Attali

Par Bruno Lemaire, secrétaire général du Club Idées Nation.

Jacques Attali, tout en aimant bien enfoncer les portes ouvertes d’un air inspiré : oui la « croissance » française est à zéro, oui les déficits publics vont être plus proches de 5 % que de 3, oui l’argent « dort » dans les coffres ou les tiroirs a livré ce matin, à un journaliste ébahi, ou esbaudi, ses recettes immédiates de sortie de crise. En un mois, on pourrait sauver Hollande, sauver le PS, sauver la France, et pourquoi pas, sauver le monde…

A la base de tout cela, un seul fil rouge : chercher l’argent dans le bas de laine des éventuels droits de succession.

Puisque l’argent ne sort pas – la (pas si) fameuse trappe à liquidités de Keynes - faisons le sortir en supprimant les droits de succession pour tous les investissements, dans la pierre ou l’acier, dans l’immobilier ou les machines-outil, qui seraient réalisés les deux prochaines années.
Et puis, pour couronner le tout, car il fallait bien que Attali, le mondialiste, fasse un peu référence à l’Europe, pourquoi ne pas relancer des grands travaux européens, histoire de faire payer un peu l’Allemagne, qui ne semble pas vraiment décidée à utiliser un peu de ses excédents commerciaux colossaux pour aider sa voisine d’outre-Rhin.

Voilà comment, à partir d’un diagnostic exact, mais que chacun peut faire aussi, à savoir que la France va de plus en plus mal, en dépit de toutes les promesses de François Hollande et de son manuel d’économie, et de Manuel Valls, le ci-devant gourou de François Mitterrand en revient à des recettes éculées, qui n’ont jamais marché et, qui, de plus, semblent à la fois fort peu sociales et socialistes : privilégier l’argent transmis à l’argent gagné, privilégier la rente à l’action.

Non, la seule solution pour que l’argent circule vers l’économie réelle, est de pénaliser la spéculation, de faire en sorte qu’un argent qui dort ne soit pas préféré à un argent utile, qui circule et qui favorise les échanges. Il ne s’agit pas non plus, autre variante aux « recettes » d’Attali, d’injecter de plus en plus de monnaie ou d’avoir un taux d’intérêt proche de zéro, voire négatif, comme a tenté de le faire le directeur – non élu lui non plus  – de la BCE.

Non, ce qu’il faut faire, c’est qu’il soit plus avantageux de vendre biens et services que d’attendre des jours meilleurs, et, surtout, qu’il soit plus intéressant d’acheter des marchandises que de stocker son argent au fond d’un coffre-fort ou de spéculer sur les variations de tel ou telle action, de telle ou telle matière première, de telle ou telle monnaie. Tant que les échanges financiers représenteront de 50 à 60 fois les véritables échanges, les ‘solutions’ à la Attali-Braghi n’ont aucune chance de fonctionner.

mercredi 13 août 2014

La_déflation_c-est_maintenant



La déflation, c’est maintenant …

Par Bruno Lemaire, secrétaire général d’Idées Nation

Essayons d’y voir clair, plutôt que d’utiliser le langage pédant cher aux ‘experts’ de toute sorte.

L’économie française, et peut être européenne, est en panne, c’est-à-dire que nous ne produisons pas plus de biens et services qu’il y a 6 ou 7 ans, pour une population qui  s’est accru pourtant de près de deux millions de personnes, et un chômage qui s’est accru de plus d’un million d’âmes.
Notre pouvoir d’achat moyen, qui, pour certains s’est simplement transformé en simple pouvoir de survie, a donc lui aussi diminué.
Quant à la hausse des prix, plus couramment appelée « inflation », elle n’a jamais été aussi faible, du moins officiellement.

Alors, succès ou échec que cette inflation tant décriée ?

Faut-il rappeler que pendant les « trente glorieuses », de 1947 à 1973 (pas tout à fait trente ans donc …) la croissance française était de l’ordre de 5%, avec une inflation du même ordre, ce qui ne gênait que les « rentiers », pas les « travailleurs », et ce avec un chômage quasiment inexistant.
Alors non, l’inflation n’est pas un mal absolu : le véritable danger, serait une hyperinflation, c’est-à-dire une inflation incontrôlable. Mais nous en sommes bien loin.

Cela étant, pourquoi une inflation (officielle) si faible est-elle dommageable ?

Pour une raison bien simple, ceux qui ont de l’argent, beaucoup d’argent, préfèrent investir, ou spéculer, là où le marché monte – à la Bourse par exemple – plutôt que dans un secteur où les prix stagnent, voire baissent. Qui va acheter, pour les revendre, des marchandises, lorsque l’on craint que les prix à la revente soient plus bas encore que les prix d’achat.
Certes les « petits », les « sans grade », aimeraient bien acheter « à prix bas ». Mais eux n’ont déjà plus le moyen d’acheter quoique ce soit.
Forcer les « riches » ou les « gros rentiers » à dépenser ? Comment ? Ce n’est sûrement pas en faisant appel à leur sens civique que cela peut marcher, et les inciter à sortir de la « trappe à liquidités » évoquée par Keynes.

Lorsque l’on voit les sommes énormes injectées par la BCE dans l’économie européenne, mais qui se retrouve simplement dans les bilans des banques ou les comptes des spéculateurs, c’est à dire dans l’économie financière, et non dans l’économie réelle, celle de tous les jours, celle des commerçants, artisans, entrepreneurs , ménages, on voit bien que ce n’est pas en jouant sur la quantité de monnaie, ou même sur le taux d’intérêt, qu’il faut agir.

Non, c’est en faisant en sorte que l’argent, qui existe, soit à la disposition de tous ceux qui en ont besoin, dans la consommation comme dans la production et, par-dessus-tout, que cet argent ne soit pas thésaurisé. En d’autres termes, que l’argent soit périssable, comme toute autre marchandise. C’est la seule façon de lutter contre cette panne de consommation et d’investissement ‘physique’ dénoncée par nos élites, mais qui se gardent bien d’y apporter le moindre remède, de peur de déranger leurs « amis de la finance ».

C’est pourtant d’une profonde réforme du système monétaire et financier dont la France a besoin.