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Le déficit commercial de la France, une épée de Damoclès qui ne préoccupe pas grand monde.

  Un déficit commercial qui se creuse : mais qui s’en préoccupe ? (Bruno Lemaire, économiste, ancien doyen associé d'HEC) En dehors de quelques titres épisodiques dans certains journaux spécialisés, personne ne semble vraiment se soucier du déficit commercial de la France. Lequel, bon an mal an, depuis une quinzaine d’années tourne autour d’une moyenne de 55 milliards d’euros (avec un record 2021 de près de 90 milliards). Il est vrai que si l’on tient compte des services, ce déficit, qui indique en fait que la France dépense plus qu’elle ne produit , est plutôt de l’ordre annuel de 25 à 30 milliards J’ai pourtant signalé à de nombreuses fois, en particulier dans le cadre du mouvement politique auquel j’appartenais naguère, que cette question du déficit commercial permanent me semblait être l’un des plus grands dangers qui menaçait notre pays. Mais le manque d’écho reçu pour mes avertissements aurait du me conduire à une autre question : pourquoi faudrait-il se soucier du déf

Le protectionnisme, vous n'y pensez pas!

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  Le protectionnisme serait contre-productif du fait de mesures de rétorsion! (Bruno Lemaire, 25.08.2022, reprise et mise à jour d’un billet d’avril 2017) En 2017, lors de la campagne présidentielle, les défenseurs d’un certain protectionnisme étaient traités d’inconscients, voire de stupides. Le libre-échange n’aurait que des avantages, et vouloir proposer certaines mesures protectionnistes serait la preuve d’une incompétence notoire en Economie. Cinq ans plus tard, la compétence de notre indéboulonnable ministre de l’économie ne nous semble pourtant pas évidente. Le même mantra demeure pourtant : «  hors du libre échange (qu’il ne faudrait sans douter appliquer qu’à la France) il n’y aurait point de salut  », et vouloir se défendre raisonnablement, non seulement serait interdit, mais serait contre-productif, vu les mesures de rétorsion que d’autres pays mettraient en œuvre. Cela étant, partons des faits. En 2021, la zone euro a enregistré  un excédent commercial de 128,4 milli

Macron face à la vérité des déséquilibres financiers de la France: le juge de paix des soldes TARGET2

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  La position économique internationale de la France s’empire chaque mois : exemple des soldes Target (Bruno Lemaire, 25/08/2022, économiste et essayiste, ancien doyen associé de HEC) A en croire les données de la BCE (Banque Centrale Européenne), la réputation d’Emmanuel Macron de « Mozart de la Finance » serait un tantinet surfaite, voire complètement injustifiée. C’est ainsi que la France, dont la Banque Centrale Nationale, la Banque de France, était encore en position favorable vis-à-vis des autres banques centrales de la zone euro a vu sa situation se détériorer en moins de 18 mois. C’est ainsi que ce que l’on appelle les « soldes TARGET2 » de la France est passé d’un léger excédent au premier trimestre 2021 à un déficit (« liabilities Target ») de 104 milliards d’euros fin juin 2022. De fait, ces « liabilities » indiquent que si l’on voulait compenser les différents flux financiers qu’entretient la France avec ses « partenaires » de la zone euro, la Banque de France devrait

OffreEtDemande_OeufOuPoule

  Offre et demande, le syndrome de l’œuf et de la poule (Bruno Lemaire, extrait de « Eléments d’Economie Politique », livre à paraître) Les experts s’interrogent souvent sur ce qui devrait être le plus important en économie, l’Offre ou la Demande. C’est un peu comme se demander ce qui est le plus important, l’œuf ou la poule. Sans poule, pas de nouveaux œufs, et sans œufs, pas de poules, les poules ne vivant pas éternellement. Ceux qui pensent que seule compte la Demande semblent oublier que, sans Production, on ne peut rien acheter, même avec de l’agent ‘magique’, comme le roi Midas l’a appris à ses dépens (l’or ne se mange pas), et comme Emmanuel Macron a pourtant réussi à le faire croire à bon nombre de français. A l’inverse, l’Afrique du Sud vient aussi de l’apprendre, ce n’est pas suffisant de produire des oranges, si elles pourrissent dans des entrepôts, faut il encore qu’il y ait une demande. En fait, sans revenir à la préhistoire, et à la période chasse-cueillette, da

Tout savoir, ou presque, sur la création monétaire

Tout savoir, ou presque, sur la création monétaire par Bruno Lemaire, économiste, ancien doyen associé d'HEC. Rappel : il y a deux sortes de création monétaire , la création monétaire du système bancaire interne à un pays, plus ou moins surveillée par la banque centrale du pays concerné, et la création monétaire par la banque centrale d’un pays, encore moins surveillée par une éventuelle super-banque. Mais, dans les deux cas, le processus est le même. Cette création monétaire correspond toujours à des dettes supplémentaires , soit auprès des banques commerciales, soit auprès de la banque centrale. Voilà tout le mystère de « l’argent magique » Dans le cas de la création monétaire ‘bancaire’, par exemple lorsque la BNP accorde un prêt, le bilan de la banque, ici la BNP,   augmente à hauteur de ce prêt, au passif en tant qu’argent nouvellement prêté, et mis sur le compte de l’emprunteur, et à l’actif, en tant que reconnaissance de dettes. En cas de remboursement, c’est l’inverse,

Economie, moins on sait, plus on parle, comme la culture?

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Economie, moins on en sait, plus on en parle ? Les exemples du PIB et de la Monnaie vont nous le rappeler. le 31/07, Bruno Lemaire, ancien doyen associé d'HEC, ancien responsable R&D à IBM conseil La culture est parfois comparée à la confiture : moins on en a, plus on l’étale. C’est sans doute la même chose en économie, surtout pour les ‘experts’ : moins on sait, plus on parle. Et on se cache alors vers de grandes théories, plus ou moins fumeuses, et jamais réellement démontrées. A croire que le simple bon sens a complètement disparu des réalités les plus concrètes. Et le plus étonnant, peut-être, est que les experts, qu’ils soient très à gauche, ou très à droite, ou ailleurs, agissent ou ‘pensent’ de la même façon, en oubliant tout bon sens, à savoir que le travail est la clef de tout. Keynes et Friedman, des experts ou des idéologues ? Qui n’a pas vaguement entendu parler de Keynes, ou, à l’inverse, des monétaristes ? Rapidement dit, pour Keynes, il faut mettre les gens a

Création monétaire, un privilège comptable exhorbitant réservé aux banquiers?

Crédit, prêts, création monétaire, ce n’est que de la comptabilité de base. ( Bruno Lemaire, le 25 juillet 2022. Cette dissimulation aurait-elle pour but, en cachant cette création monétaire derrière des mots savants ou surtout ennuyeux, de manipuler les « non initiés », les « sans dents »?) Quelques rappels ou précisions comptables: Tout entrepreneur connait, au moins implicitement (et souvent beaucoup mieux qu’un prof d’économie) les notions de débit , de crédit , et de comptabilité en partie double. Chaque écriture comptable doit figurer deux fois,   l’une en débit, l’autre, symétriquement en crédit. Il en va de même pour la tenue des comptes d’une banque, qu’elle soit commerciale (banque de second rang) ou centrale. Pour les comptes d’un particulier (je ne vais pas parler ici d’achat ou de vente, mais seulement du compte d’un bon « père de famille » (ou « mère de famille » pour ne pas déplaire trop) je vais prendre l’exemple fictif de sa situation patrimoniale à un moment donné