Tweeter

Rechercher dans ce blog

Chargement...

lundi 23 février 2015

PIB et croissance, de quoi parle t-on exactement ?



Le P.I.B., tout le monde en parle, chacun croit pouvoir disserter dessus, soit pour dénoncer sa stagnation, soit pour  en prévoir un frémissement, même si François Hollande semble être l’un des rares à le percevoir, en dehors bien sûr de ses ‘fidèles’ supporteurs. Quant à sa croissance espérée, elle s’est depuis des années révélé plus forte que celle réalisée, 0.3% en 2013 et 0.4% en 2014, avec ces prévisions ‘sapinesques’ supérieures à 1% pour 2015.

Précisons donc ce que représente le P.I.B., indicateur incontournable, quoique très discutable, de ce que l’on pourrait qualifier de production de richesses. Le PIB correspond, peu ou prou, au « gâteau » produit en France, même s’il ne faudrait pas oublier que la fabrication de ce gâteau, de  ce P.I.B., ou Produit Intérieur Brut, est très souvent accompagnée de dégâts causés à l’environnement, dégâts parfois irréversibles.
Ce gâteau, par ailleurs, contient parfois des portions qui ne sont pas toutes très appétissantes – l’une des dernières trouvailles de l’Europe est d’y rajouter des ‘services’ comme la prostitution ou la vente de stupéfiants –

Cela étant, regardons trois façons d’approcher ce fameux P.I.B.
Q. Ce qui veut dire ?
Le PIB est assez simple à définir, un peu moins à comprendre. Je vais quand même essayer. Le PIB est censé mesurer la différence entre la production et ce qui est utilisé, ou « consommé productivement » dans la dite production. Pour produire une bibliothèque – c’est le résultat souhaité – on a besoin de planches, de vis, d’électricité pour faire fonctionner certains outils – ce sont les ressources physiques – ainsi que du travail humain – qui sera considéré comme de la « valeur ajoutée ».
En économie, comme dans toute entreprise, et plus généralement dans tout processus de production, de biens ou de services, on utilise en effet certaines ressources pour arriver à un certain résultat.
La différence entre ce qui est ‘produit’ et ce qui est ‘utilisé’ – ou « consommé dans la production » - va correspondre, une fois globalisé et totalisé, au PIB.
Q. Un ou deux exemples chiffrés ?
Un premier exemple, celui d’un commerçant : il achète un tissu 100 euros, et le revend 120 euros. Sa « valeur ajoutée », qui va faire partie de ce fameux « PIB », sera donc de 20 euros. S’il achète pour un million de marchandises, et s’il revend le lot entier de ces marchandises pour 1.2 millions de francs, sa valeur ajoutée sera de 200 000 euros.
Q. La valeur ajoutée, ce serait donc son bénéfice ?
Hélas, ce n’est pas si simple. Si ce commerçant a un salarié, qu’il paye pour cela 30 000 euros, sa valeur ajoutée sera toujours de 200 000 euros, mais son bénéfice (en supposant qu’il n’ait pas d’autres charges et qu’il ne soit pas lui-même salarié de son entreprise) sera de 170 000 euros. La valeur ajoutée ne mesure donc que la différence « physique » entre ce qui sort de son entreprise et ce qui y entre. Les salaires, et les profits éventuels, de même que d’autres charges financières éventuelles, font partie de la valeur ajoutée, même si, bien sûr, la décomposition de cette valeur ajoutée est fondamentale, à la fois d’un point de vue social et économique.
Q. Revenons à notre tissu initial, acheté 100 euros, et mis en vente à 120 euros. Que se passe-t-il pour la valeur ajoutée s’il n’arrive pas à revendre ce tissu ?
Disons seulement que, dans ce cas, son stock sera valorisé à quelque chose entre 100 et 120 euros, suivant son optimisme et les conditions du marché. Si son stock est évalué à 110, la valeur ajoutée – même potentielle – sera de 10.
Q. Si je comprends bien, le PIB est mesuré de façon élastique, comme les stères des marchands de bois, suivant la longueur des bûches?
On pourrait presque dire cela. En principe, cependant, les erreurs se compensent statistiquement, et dans une situation normale, sans mévente ou survente particulière, l’INSEE, qui est chargée de mesurer tout cela pour la France, ne fait pas trop d’erreurs, disons à 0.3 ou 0.4 % près.
Q. Cette marge d’erreur ne permettrait donc pas d'évaluer correctement l’évolution du PIB ?
N’allons pas si loin. Sur une assez longue période, disons 15 à 20 mois, l’évolution moyenne du PIB signifie réellement quelque chose, mais, bien entendu les mesures sont toujours faites après coup, après un délai de quelques mois.
Comme je l’ai écrit plus haut, si on regarde l’évolution du PIB depuis 2007, la tendance est assez facile à évaluer. Notre PIB, hélas, est resté stationnaire jusqu’en fin 2012, en dépit de fortes fluctuations pouvant aller jusqu’à 2.5 à 3 %.
Mais le chiffre d’un mois particulier est beaucoup plus sujet à caution, et demande, de toute façon, un peu de temps pour être validé. Le PIB de janvier 2013 a pu être évalué à peu près correctement 7 ou 8 mois après, disons en août 2013, mais même dans ce cas la question des « stocks normaux » ou des « stocks invendus » peut poser problème.
Q. Si ces « invendus » finissent par être vendus, cela modifiera donc le PIB ?
Cela dépend. Si ces stocks avaient été évalués correctement à leur prix futur de vente, il n’y aura pas de modification. Mais s’ils ont été surévalués (et s’ils donnent lieu à des soldes) ou si, à l’inverse, ils ont été sous-évalués, il faudra corriger le PIB à la baisse ou à la hausse.
Q. Vous nous aviez annoncé un autre exemple, qui ne soit pas celui d’un commerce.
Prenons le cas d’un produit manufacturé, dont les composantes proviennent par exemple de Chine, et qui serait assemblé en France. Supposons que les composants soient achetés 80, et que, après assemblage, il soit commercialisé 120. La valeur ajoutée sera dans ce cas de 40, avec les mêmes restrictions que dans le cas d’un simple tissu.

Pour revenir à l’image du « gâteau national »,  la valeur ajoutée de ce gâteau correspondra à son prix de vente espéré, moins les ingrédients utilisés, beurre, amande, lais, œufs, et à l’usure du four et à sa consommation énergétique. La « valeur ajoutée » est donc censée représenter les salaires, les frais financiers, et le profit du boulanger. Bien entendu, le prix de vente espéré peut ne pas être le véritable prix de vente. Il peut aussi y avoir des morceaux du gâteau qui ne prennent pas preneur.
Q. Si je comprends bien, ce n’est qu’après la vente effective, et non au moment de la production, ou de la mise sur le marché, que l’on connaîtra vraiment la valeur exacte du PIB.
Effectivement, on peut dire cela. Heureusement, il y a une certaine « inertie » dans les comportements d’achat des ménages et des entreprises. Si le climat des affaires ne change pas, les statistiques permettant de calculer le PIB sont relativement valables, et il n’y a pas de raison de s’en méfier particulièrement.
Q. Si je résume votre position, dans un contexte « normal », c’est-à-dire relativement stable, les données permettant d’évaluer le PIB sont satisfaisantes. Mais que se passe-t-il si le contexte est fluctuant ?
C’est dans ce cas-là qu’il faut se méfier, et faire appel à d’autres indicateurs, certains quantitatifs, d’autres qualitatifs.
Parmi les indicateurs quantitatifs, il y a l’évolution de la population active, l’évolution du pouvoir d’achat - que l’on peut approcher partiellement par la consommation des ménages, en tenant compte d’une éventuelle hausse de prix ou de conditions extra-économiques comme le climat ou la situation internationale - l’évolution du nombre de créations d’entreprises ou de faillites, etc.
Q. Et parmi les indicateurs qualitatifs ?
Il peut y avoir des enquêtes d’opinion, sur l’indice de satisfaction des consommateurs, sur leur éventuel optimisme, sur celui des industriels, etc. Mais toutes ces enquêtes ne sont pas indépendantes les unes des autres, cette opinion fluctuante et volatile fait d’ailleurs partie de ce que Keynes qualifiait d’esprits animaux. La confiance, qui ne se décrète pas, hélas, peut avoir des répercussions sur l’état général de l’économie, et inversement.
Q. De bonnes statistiques, qu’elles soient ou non quelque peu "manipulées" pourraient donc avoir un impact favorable sur l’optimisme des ménages, et, inversement, ce surplus d’optimisme pourrait avoir un effet sur l’état de l’économie ?
Effectivement, mais faudrait-il encore que les statistiques annoncées soient à peu près crédibles. Sinon le remède peut être pire que le mal.
Par ailleurs, que les chiffres du PIB soient à un moment donné plus ou moins « optimistes », voire « bidonnés », ou non, je voudrais revenir sur un point essentiel, à savoir que la croissance du PIB n’est pas toujours une bonne chose.
Q. Comment cela ? Seriez-vous un adepte de la décroissance chère à certains écologistes ?
Pas vraiment. Mais en résumant une définition possible du PIB, qui fait du PIB la somme de l‘Investissement Brut (appelé aussi Formation Brute de Capital Fixe) plus de la variation des Stocks, plus de la Consommation finale, à laquelle il faut ajouter les Exportations, et retrancher les Importations, je vais maintenant vous poser, et poser au lecteur, trois questions, en partant d’un niveau donné du PIB, par exemple 2 000 milliards d’euros.
a) Supposons que, par rapport à ce niveau, sans que rien d'autre ne bouge, les importations diminuent, par exemple de 30 milliards : qu'arrive-t-il à notre PIB ?
b) Autre scénario, à partir des mêmes hypothèses de départ, nous prêtons 40 milliards aux Grecs pour qu'ils achètent français : qu'arrive-t-il à notre PIB ?
c) Troisième scénario : cette fois-ci, nos industriels produisent davantage, pour 40 milliards de prix "publics" (espérés) - en consommant pour cela 15 milliards de ressources supplémentaires, mais sans vendre plus - ce qui correspond à une augmentation du PIB. Est-ce une bonne chose ?
Q. Et quelles sont vos réponses ?
Je vous laisse le soin d’y répondre. Mais vous pouvez aussi les poser à notre ministre de l’économie, ce peut être amusant, et instructif, de voir ses réactions…
Q. Je vais y réfléchir. Mais vous nous aviez annoncé qu’il y avait plusieurs façons de mesurer le PIB. J’espère qu’elles donnent le même résultat.
Tout est fait pour cela, en tout cas. Il y a une approche par la « production », c’est celle que nous avons déjà esquissée, une approche par la consommation, et enfin une approche par les revenus.

Le tableau ci-dessous va tenter de clarifier cela :

Dans l’approche ‘Production’, la valeur ajoutée est mesurée « aux prix de base », disons aux prix hors taxe, pour simplifier. Il faut donc rajouter à cette première mesure les impôts sur les produits, essentiellment la TVA, et enlever d’éventuelles subventions.

L’approche ‘Demande’ est sans doute plus simple à visualiser. Les « emplois finals » correspondent à la consommation « des ménages » en biens et services, à laquelle il faut ajouter les « investissements physiques » des entreprises, à savoir ce que l’on appelle la Formation Brute de Capital Physique (les machines outillages, variation de stocks, etc.).
Cette demande peut être supérieure, ou inférieure, au PIB, c’est-à-dire à la production faite en France.
Si elle est supérieure, cela montre que les Importations sont supérieures aux Exportations : c’est le cas de la France depuis 2003. Si cette demande ‘nationale’ est inférieure, cela implique que les exportations sont supérieures aux importations. C’est le cas de l’Allemagne depuis 2003.
Dans la métaphore du gâteau, au lieu de s’intéresser au boulanger/patissier qui l’a produit, on va s’intéresser maintenant à ceux qui vont le manger. Le gâteau-PIB est ainsi égal à la consommation intérieure (y compris la variation des stocks et les investissements) plus la consommation extérieure (les exportations) moins les importations (la partie du gâteau produite à l’étranger)
Q. Et pour l’approche ‘Revenus’ ?
Ce n’est pas l’approche la plus simple à utiliser, car les données correspondantes sont sans doute plus longues à obtenir, mais c’est sans doute l’approche la plus connotée politiquement, voire idéologiquement ; elle fait en effet partie de ce que Ricardo, il y a près de 2 siècles, pensait être la question essentielle, ou l’une des questions essentielles, de l’Economie Politique.

Il s’agit en effet de la répartition des revenus entre salaires et profits, entre ce que Maurice Allais appelait « Revenus gagnés » et « Revenus non gagnés », entre revenus du travail et revenus du capital, sans oublier bien sûr d’autres ‘revenus’, que nous appellerons, ici, pour simplifier ‘impôts’.

Toutes les mesures faites depuis 30 ans montrent d’ailleurs que la part des ‘salaires’ par rapport à la part des ‘profits’ a diminué depuis la fin des ‘Trente glorieuses’ : c’est aussi le cas des « impôts », dont la part a considérablement augmenté relativement au PIB. Nous essaierons d’en comprendre les raisons par la suite. L’une des conséquences évidentes en est, bien sûr, la diminution du pouvoir d’achat des travailleurs pauvres et, plus généralement des classes ‘populaires’ et des classes moyennes à « moyennes supérieures ».

Cela étant, nous n’avons sans doute pas parlé de ce qui est le plus troublant dans la notion de PIB, ou plus exactement dans celle de la croissance du PIB, tant fantasmée pourtant.
Q. Que voulez-vous dire ?
L’une des façons les plus simples d’avoir un PIB en hausse serait d’augmenter les dépenses, non ?
Q. Vous voulez dire la Demande, sans doute ? Et ce n’est pas bien ?
Cela dépend quelle demande il s’agit, et si vous êtes en situation de la satisfaire. Laissez-moi préciser cela.

Supposons qu’il y ait soudainement une demande supplémentaire de petites voitures de type Twingo. En supposant que les capacités de production de l’usine Renault qui les fabrique ne soient pas saturées, et que les matières premières soient disponibles, cette demande est une bonne chose, puisqu’elle peut être satisfaite, à une condition près !
Q. Que l’argent pour financer leur achat soit disponible ?
Tout à fait. S’il ne l’est pas, il faudra soit l’inventer – par un crédit – soit remettre à plus tard cet achat supplémentaire.
Dans le premier cas, il y a bien augmentation du PIB – à crédit -, dans le deuxième cas, le PIB réel ne sera pas augmenté, même si le fait qu’il y ait une demande potentielle supplémentaire peut avoir un impact sur les prix unitaires de vente.
Q. Et si les conditions de production de la Twingo étaient saturées ?
Une demande supplémentaire n’aurait pour seule conséquence qu’une tension sur les prix unitaires, puisque la production ne pourrait être augmentée. Ou bien, pire encore pour le PIB, si cette demande ne pouvait être satisfaite de façon interne, cette volonté d’achat supplémentaire pourrait avoir pour compétence un surcroît d’importations, et donc une diminution du PIB. D’où l’importance d’une production intérieure – française dans notre cas – adaptée au pouvoir d’achat effectif, quitte à prendre des mesures de protectionnisme intelligent pour équilibrer nos échanges.

Mais il existe une autre façon d’augmenter nos dépenses, si l’on tient vraiment à augmenter, même artificiellement, le PIB.
Q. Une bonne catastrophe peut-être, ou une guerre ?
Ce n’est pas la peine d’aller chercher si loin même si, effectivement, un tremblement de terre ou une forte inondation qui ne détruiraient pas trop d’usines pourraient relancer des dépenses d’infrastructure, sans même parler de guerres. Mais il suffit de s’intéresser à une demande qui n’a pas besoin d’offre pour prospérer, des dépenses qui n’ont pas besoin de faire face à une production marchande « physique », aux capacités de fabrication nécessairement limitées.
Q. Expliquez-vous !
En France, il y a actuellement de l’ordre de 25% d’emplois qui ne sont pas directement liés à une production marchande, que ce soit une production de biens ou une production de services. Il s’agit des emplois de l’administration publique, fonctionnaires de l’Etat ou fonctionnaires territoriaux.
Q. On ne va quand même pas engager des fonctionnaires dans le seul but d’augmenter le PIB !
Évidemment non, quoique certains y ont peut-être songé  Cet exemple a simplement pour but de montrer que ce n’est pas nécessairement le PIB qu’il faut à tout prix augmenter, mais qu’il faut choisir entre les dépenses utiles et les dépenses inutiles.
Certaines dépenses doivent être financées, d’autres non. C’est donc une décision éminemment politique, mais qui doit reposer sur le bon sens et une estimation aussi objective que possible des vrais besoins. Certains postes de fonctionnaires sont indispensables, il faudrait peut-être même en créer, d’autres pourraient être supprimés. Dans tous les cas, cela a un coût. Augmenter le PIB à crédit – en ayant recours à de nouveaux emprunts – dans le seul but de l’augmenter n’a évidemment aucun sens, même si les raisons électoralistes passent souvent devant le bien commun. Il ne s’agit pas de dire qu’il y a trop de fonctionnaires – ou pas assez – mais de se demander si leur emploi est, ou non, globalement utile.

mardi 17 février 2015

Une solidarité ... révolutionnaire, car efficace



Solidarité, responsabilité et … efficacité : une révolution de bon sens
(tous allocataires, tous imposables)

Par Bruno Lemaire, Idées Nation

Le bon sens et  le refus de la misère, voilà ce qui devrait nous guider, et guider nos politiques et ceux que Marine Le Pen appelle avec un peu de dérision les « sachants ». La grande majorité de nos compatriotes dénonce, à juste titre je crois, la complexité administrative et la jungle fiscale, même si ces deux fléaux ne touchent pas toujours les mêmes catégories de personnes.
Ce constat de bon sens une fois fait, pourquoi ne pas simplifier radicalement le problème, au moins au niveau des revenus ou des allocations dites de solidarité, ainsi qu’au niveau de la fiscalité touchant les revenus du travail, le tristement fameux IRPP.
Le fil directeur de la réforme envisagée est trivial. Il s’agit de traiter tout un chacun de la même façon, dès lors qu’il fait partie de la seule communauté qui importe, à savoir la communauté nationale. Chacun devrait recevoir, à partir de ses dix-huit ans, la même allocation universelle, le même revenu – qu’il soit appelé RMD (Revenu Minimum de Dignité), REX (Revenu d’Existence) ou autrement -  cette allocation n’étant pas imposable. Par ailleurs, toute personne recevant un revenu de son travail devrait payer des impôts – prélevés par exemple à la source – alors qu’en France seuls 50% des foyers fiscaux payent réellement l’impôt sur le revenu.
Le fait que tout le monde paye des impôts (en sus de la TVA) permettrait de mieux sensibiliser l’ensemble de nos compatriotes au fait que toute dépense doit être financée, et éviterait que ce soit très souvent des représentants de personnes non imposables qui décident d’augmenter les impôts de ceux qui ne votent pas pour eux.
Mais cette solidarité « des dépenses » est aussi une solidarité « de recettes », puisque le RMD évoqué plus haut devra être proportionnel à la richesse produite par l’ensemble des français, ce pourcentage étant de l’ordre du ¼ du PIB par habitant, soit environ 660 euros mensuels par personne, 1320 euros pour un couple, cette allocation se substituant à la quasi-unanimité de toutes les autres allocations, afin là encore de simplifier et de responsabiliser l’ensemble des allocataires, c’est-à-dire nous tous.
Enfin, en ce qui concerne l’efficacité de telles mesures, d’apparence révolutionnaires mais de simple bon sens, il suffit de constater l’état actuel de la France, de moins en moins de riches, MAIS de plus en plus riches, une production stagnante, et de plus en plus d’assistés, qui ne rêvent même plus d’accéder à un emploi, et dont certains se spécialisent dans la chasse aux allocations diverses, variées, et parfois contradictoires. La double mesure proposée stabilisera à la fois (vers le haut) notre pouvoir d’achat et (vers le bas, et de façon transparente et responsable) nos impôts.

La seule façon de s’en sortir dignement, c’est bien de reformer une communauté solidaire, à la fois par ce que l’on reçoit et par ce que l’on produit. Si notre production s’accroît, chacun en profitera équitablement, si c’est le contraire, là encore chacun en pâtira. Et notre fiscalité sera vraiment, elle aussi, au service du bien commun, payée par tous.