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vendredi 13 mai 2016

L'Indépendant n'aime pas perdre la face, et il tente de se venger en désinformant.



L’Indépendant moqué par Pablo Picasso pour ses erreurs récidive : belle éthique

Communiqué en forme de droit de réponse de Bruno Lemaire, conseiller municipal et communautaire FN du groupe Perpignan ensemble avec Louis Aliot

Personne n’aime faire des erreurs, et encore moins qu’on les relève en public. Que les journalistes de l’Independant n’aient pas apprécié l’histoire racontée par l’adjoint à la culture de Perpignan sur une erreur commise il y a 60 ans par l’Independant vis-à-vis de la progéniture de Pablo Picasso peut se comprendre. Mais que Madame Michalak se permette de dire des contre-vérités à propos de mon intervention sur divers points de l’ordre du jour du CM du 12 mai montre simplement que certains journalistes n’ont rien appris du passé, et que leur déontologie est à géométrie variable.

Tout d’abord, si je suis intervenu sur le point des concerts du 13 juillet, c’était pour connaître le montant des dépenses engagées par la mairie, donc aux frais du contribuable. Peu de choses sont gratuites dans la vie, et si ce l’est pour les participants, et si les 4 concerts, et non 6, sont offerts par Radio France, il nous a été impossible d’obtenir le montant des faux frais engagés. J’aurai pensé Monsieur Pinel mieux inspiré de ne pas me critiquer sur ce point, et Madame Michalak aurait mieux fait de creuser elle aussi un peu mieux son dossier.

Passe encore sur ce premier point, on ne peut être à son maximum à chaque instant, c’est vrai aussi pour les journalistes de l’Independant.

Il y a plus grave cependant, à propos de la question des subventions, car il s’agit là d’une contre-vérité véhiculée, sciemment ou non, par Madame Michalak. Au cours de conseils municipaux précédents, nous avions demandé de pouvoir examiner individuellement la liste des subventions, ce qui ne nous avait pas été autorisé. C’est justement suite à mon intervention, suivie de celle de Maître Pinget, lui aussi conseiller municipal et communautaire de Perpignan Ensemble, que le Maire de Perpignan a décidé que ce serait possible dorénavant de procéder ainsi, ou plus exactement par groupe de subventions, en fonction de nos différents votes (Oui, Abstention ou Contre). Ce sera d’ailleurs inscrit, à la demande expresse de J.M. Pujol, dans le procès-verbal du C.M.

Alors, certes, je ne suis pas un politicien professionnel, je m’en flatte d’ailleurs. Mais faire passer pour de l’amateurisme des interventions posant des questions légitimes est bien pire que de l’amateurisme présumé, c’est de la mauvaise foi caractérisée. Ce qui est triste pour une journaliste qui prétend informer, alors qu’elle ne fait que désinformer sciemment.

Triste aussi d’oublier mon intervention sur le scandale du concert de Rap envisagé à Verdun fin mai, point sur lequel d’ailleurs nous sommes tombés d’accord avec le maire de Perpignan pour juger indigne cette initiative du maire de Verdun. Il est vrai que ce dernier est « socialiste ». Peut-être est-ce pour cela que l’Independant n’en a pas parlé.

mardi 10 mai 2016

Commerce extérieur et protectionnisme intelligent.




Pour un rééquilibrage des échanges conforme à la charte de la Havane (ONU)

Bruno Lemaire, Club Idées Nation

Rappels historiques et méthodologiques.
La France a toujours eu des échanges importants avec l’extérieur. Il ne s’agit donc nullement de se replier sur soi mais d’étudier concrètement et sérieusement les conditions de ces échanges.
Un livre récent (« L'identité économique de la France » d’O. Todd) suggère d’ailleurs que la France a été plus souvent protectionniste que laisser-fairiste (cf. Maurice Allais).

Le ‘protectionnisme intelligent’ que nous proposons a pour objectif principal de rééquilibrer nos échanges extérieurs, avec comme premier critère l’obtention d’un solde commercial réduit à zéro. Il n’est donc pas question de vendre à l’étranger plus que nous n’importons, mais nous ne voulons pas non plus l’inverse, ce qui est pourtant la situation de la France depuis 2003. C’est d’ailleurs ce que devrait rechercher toute nation, l’équilibre de son commerce international, dans un souci de coopération qui avait été au cœur de la rédaction par des experts de l’ONU de la charte de la Havane de 1947. C’est cette charte que les USA ont refusé de ratifier par la suite dans le cadre du GATT, qui a finalement donné lieu à la création de l’OMC en 1995 reposant toute entière sur des idées ultra-libérales ignorant totalement l’esprit de coopération entre nations souhaité par l’ONU à ses débuts.

L’euro a aggravé nos difficultés d’équilibre extérieur, mais on peut placer nos premières difficultés réelles à conserver un solde commercial équilibré vers le milieu des années 1970.
Le libre échange tant vanté par certains experts a toujours été à géométrie variable, au sens où ce sont les pays qui y trouvent un avantage, ne fut ce que de court terme ou pour certaines de leurs entreprises, qui défendent cette position. Ce fut le cas pour le Royaume Uni face à leurs colonies américaines fin du XVIIIème, afin de tenter de laisser les futurs USA dans une dépendance commerciale vis-à-vis de la « mère-patrie ». On pourrait aussi en dire autant pour les USA actuels, qui souhaiteraient que l’UE soit libre-échangiste, alors qu’eux-mêmes restent protectionnistes.

Rappelons enfin que pour la France, en ce qui concerne les dernières données disponibles, le solde commercial reste très négatif, même s’il est passé de 58.3 milliards en 2014, à 45.7 milliards en 2015, soit une diminution de 12.6 milliards, à comparer avec une diminution encore plus importante, 14.6 milliards, de la facture énergétique due essentiellement à une baisse très importante du prix du baril de pétrole. Cette politique de libre-échange, qui profite objectivement à certains pays européens, comme l’Allemagne ou la Hollande, s’avère catastrophique pour nous, et c’est contre cette catastrophe que le Front National entend lutter, avec des moyens appropriés et ciblés, dont des mesures de régulation facilitant la coopération et le rééquilibrage des échanges.

Les mesures proposées.
Les mesures que nous souhaitons mettre le plus rapidement en place sont de 3 ordres, monétaire – pour avoir une monnaie adaptée à notre puissance économique – macroéconomique, et microéconomiques.
Nous ne parlerons pas ici de notre souveraineté monétaire, qui fait l’objet d’un autre dossier.
En ce qui concerne les mesures macro-économiques, ou globales, la prise en compte de cotisations salariales par l’Etat, à concurrence d’une dépense supplémentaire brute de 20 milliards, compensée par une contribution spéciale d’une douzaine de milliards affectant certains produits importés, et par une augmentation automatique des taxes perçues, d’environ 8 milliards fera partie de cette panoplie globale.

Une autre mesure, qui pourra se décliner à la fois au plan global mais aussi au plan plus micro-économique des bassins d’emploi, des filières ainsi qu’au niveau des entreprises elles-mêmes, sera l’instauration d’un ou plusieurs marchés de « droits à importer », dont la philosophie est proche des « droits à polluer » ou des « droits carbone ».
De fait il s’agit de faire en sorte que tout importateur ait intérêt, pour développer son activité, à se rapprocher d’un ou de plusieurs exportateurs. Ces droits à importer peuvent faire l’objet d’accords de gré à gré, comme si l’entreprise ou les entreprises concernées formaient une macro-entreprise d’import-export ayant pour but d’équilibrer elle-même ses échanges. Mais ces droits à importer peuvent aussi être débattus et contractés sur des marchés beaucoup plus ouverts, plus proches des marchés financiers traditionnels. Ils peuvent aussi, sur des marchés ou des secteurs spécifiques, prendre la forme de droits de douane plus traditionnels, mais plus délicats à mettre en œuvre, vu la tentation des pays concernés de prendre des mesures symétriques de ‘rétorsion’, qui n’ont pas lieu d’être dans le cadre des « droits à importer ».

En guise de conclusion, notons que notre démarche est une démarche d’appel à la coopération entre nations, puisque sur le long terme la compétition féroce entre nations voulue par la doxa ultra-libérale favorisant les entreprises les plus anti-sociales ne peut donner lieu qu’à une guerre économique de plus en plus féroce, puisque, à l’évidence, les déséquilibres des uns font les déficits des autres.

« La mondialisation est une des causes majeures du chômage massif … et des inégalités qui ne cessent de se développer ». Maurice Allais, prix Nobel Français d’économie. Le rééquilibrage que nous proposons sous le nom de protectionnisme intelligent n’est pour nous que la seule façon de lutter contre le mondialisme mercantile, qui consiste à faire fabriquer par des esclaves pour vendre à des chômeurs !

Rappelons aussi que les Français sont favorables à 70% au protectionnisme selon le sondage « Les Français, le protectionnisme et le libre échange » fait par l’IFOP en 2011 . C’est aussi le cas de la majorité des Italiens, des Espagnols et des Allemands (sondage IFOP « les Européens, le protectionnisme et le libre échange ») Mais cela concerne les classes d’européens les plus touchés par le mondialisme, les classes moyennes et les classes populaires !                                                                                                                                 

lundi 25 avril 2016

L’économie : une pseudo science avec quelques vérités et beaucoup de questions




Tribune libre de Bruno Lemaire, Club Idées Nation

Il est toujours suspect de partir de « vérités » qui sont souvent contextuelles, voire relatives. Il me semble cependant que 3 vérités relèvent, ou devraient relever, du simple bon sens.
Vérité 1 : ce sont les entreprises, au sens large, quelle que soit leur forme juridique ou de ‘gouvernance’, qui créent des emplois, et qui produisent. Elles ne peuvent le faire que si elles trouvent des acheteurs, ou, du moins, si elles en espèrent.
Vérité 2 : l’Etat, ou les autorités censées le représenter, n’a pas d’influence directe sur les emplois ni sur la production. Par ses prélèvements ou dépenses, il peut modifier la répartition du pouvoir d’achat et, ainsi, avoir une influence sur la Demande des entreprises.
Vérité 3 : Tout individu a besoin d’être reconnu par la société à laquelle il appartient en tant qu’être humain, soit par la rémunération de son travail, soit par le fait que ses activités non nécessairement marchandes ont un impact jugé positif sur son environnement ou sur lui-même. Comme l’écrivait, pour le refuser, Antoine de St Exupéry « l'homme robot, l'homme termite, l'homme oscillant du travail à la chaîne système Bedeau, à la belote. L'homme châtré de tout son pouvoir créateur et qui ne sait même plus, du fond de son village, créer une danse ni une chanson. L'homme que l'on alimente en culture de confection, en culture standard comme on alimente les bœufs en foin »

Face à ces ‘vérités’, beaucoup de questions que la ‘science’ économique n’a jamais totalement résolues. Mais le peut-elle ?
Question 1. Comment réconcilier et assurer le meilleur équilibre possible entre la politique d’Offre (des entreprises) et la politique de Demande des consommateurs potentiels (la fameuse Demande solvable) ?
De mauvaises réponses plus ou moins adéquates (en fait, de moins en moins adéquates) ont pris la forme d’une intervention directe de l’Etat sur les conditions de l’Offre, ou des conditions de plus en plus extrêmes proposées par le système banco-monétaire depuis des décennies, qui prête de l’argent créé ex-nihilo contre des promesses de remboursement de plus en plus fictives, en vue de permettre à des consommateurs désargentés de pouvoir acheter des biens à la production desquels ils sont de moins en moins nombreux à participer.

Question 2. Le plein emploi est-il envisageable, ou même possible, dans un avenir sinon proche, du moins à horizon raisonnable ?
Les économistes orthodoxes essayent de se s’accrocher à une idée magique proche de l’astrologie ou de l’alchimie qui serait qu’il y a un sentier de ‘croissance’ stable sur le dernier siècle, d’un taux minimum de 2%, et qu’il suffit de retrouver ce sentier perdu pour que tout s’arrange. C’est sans doute cette idée sans fondement sérieux que les ‘experts’ qui conseillent François Hollande lui ont ‘vendue’. En fait, la future croissance, si croissance il y a, reposera sans doute sur un changement complet de paradigme, sachant que l’industrialisation des deux derniers siècles a reposé sur une croissance, voire une exploitation, des ressources fossiles, en particulier énergétiques, qui aura évidemment une fin, par définition : des ressources limitées ‘physiquement’ sont nécessairement … limitées.

Question 3. Dans une économie moderne, quel rôle doit-on laisser à des interventions monétaires, la politique monétaire a-t-elle encore un sens positif, une efficacité quelconque ? Et qu’est-ce d’ailleurs que la monnaie ?
A cette double question, l’ancien gouverneur de la Banque d’Angleterre, Lord Mervyn King, répond presque humblement : nous ne savons pas vraiment définir la monnaie, et, pire encore, nos sociétés modernes ne savent pas utiliser correctement le système monétaire et bancaire dans le développement d’une économie capitaliste. Ce gouverneur, qui a quitté ses fonctions en 2013, écrit ainsi « our collective failure to manage the relationship between finance – the structure of money and banking – and a capitalist system”.

Tout cela montre que nous sommes très loin d’un consensus sur ce qu’il faudrait faire face à la crise dans laquelle le monde entier semble plongé depuis presque une décennie, avec des « sorties » de crise si souvent annoncées, et toujours fort éphémères, voire inexistantes.
Peut-être serait-il temps de se demander si le problème n’est pas spécialement mal posé, pour des raisons qui ne sont évidemment pas liées au manque d’intelligence ou de compétences des experts ès politique économique, mais peut être davantage à leur idéologie ou à leurs arrière-pensées politiques leur interdisant de dire que le roi, ou le président, est nu, alors que n’importe quel de ses sujets le constate.

Pour tenter d’esquisser sinon une réponse, du moins une nouvelle piste de réflexion, je vais revenir au triangle de ‘vérités’ initial, puisque, en principe, toute société humaine devrait avoir pour objectif de réaliser l’harmonie, sinon un équilibre immuable, entre ceux qui offrent des emplois, essentiellement les entreprises, ceux qui sont censés représenter et gérer le bien commun, à savoir les représentants de l’Etat, et enfin les individus eux-mêmes, dont le double rôle, économique, à la fois producteurs et consommateurs, est souvent doublement menacé.

Pour cela je vais revenir à une question fondamentale, que l’ex gouverneur de la Banque d’Angleterre a évidemment abordée, par défaut, mais en insistant sur son côté formel, en oubliant totalement son côté concret. Une monnaie doit évidemment être un moyen universel d’échange – c’est-à-dire permettre d’acheter n’importe quel bien ou service – et sa valeur doit être ‘raisonnablement’ stable – au sens où le prix de la baguette, du smartphone ou de la voiture familiale ne doit pas varier d’une semaine ou même d’un mois ou d’une année à l’autre.
Mais au-delà, ou même avant ces deux qualités, ces deux ‘fonctionnalités’, de la monnaie, une monnaie devrait correspondre de la façon la plus intime possible aux capacités du travail humain au cours du processus réel de production et de consommation caractérisant l’économie réelle, l’économie physique. En d’autres termes, la monnaie doit être réellement comptable de l’énergie humaine réellement utilisée et utile, ce n’est qu’ainsi que cette monnaie ne sera pas de la fausse monnaie, fausse au sens où elle ne correspondrait pas réellement aux nécessités des échanges permettant cette harmonie que nous recherchons entre individus, entreprises et société dans son ensemble.
Dit encore autrement, une monnaie créée par les banques commerciales (c’est le cas de plus de 90% de la monnaie actuellement en circulation dans la zone euro) devrait correspondre à de l’épargne, ou encore devrait être gagée sur des biens ou des structures existantes. Et non pas sur des anticipations plus ou moins irréalistes qui ne seraient réalisées qu’au prix d’une course en avant dans laquelle il faut émettre de plus en plus de monnaie pour un résultat de pseudo-croissance de moins en moins assuré, qui reporte sur les générations futures un poids réel en contre-partie de bénéfices de plus en plus douteux.
L’économie actuelle est en train de littéralement crever des dettes, publiques et privées accumulées depuis près de 40 ans (ces dettes représentent officiellement en France plus de 2 fois et demie la production annuelle nationale, et sans doute beaucoup plus encore si on y ajoute tous les engagements hors bilan des banques et de l’Etat français). Ce n’est que depuis un siècle que les banques ont commencé à prêter « hors gages », c’est-à-dire en anticipant sur une croissance future. Cela pouvait avoir un sens quand ces prêts étaient destinés à des investissements structurels ou collectifs fondamentaux, et d’une ampleur raisonnable. Mais lorsque depuis un demi-siècle, cette création monétaire, car c’est bien de cela dont il s’agit, ne s’est plus appuyée que sur des contreparties de plus en plus douteuses, à la fois vis-à-vis des entreprises qui sollicitaient ces emprunts mais aussi dans les tristement fameux crédits à la consommation (prenant parfois la forme de « credit revolving » conduisant les plus fragiles de nos compatriotes à un surendettement à peu près certain) on a atteint le fond de l’abîme. Les crédits à la consommation, quand ils ne sont pas accordés sur des gages réels, devraient être bannis, et il devrait en être de même pour les crédits à l’investissement, quand ces investissements ne correspondent pas à une épargne préalable.
Certains ont relié la crise actuelle à la fameuse décision de Nixon de supprimer le lien entre dollar et or, ce qui correspondait de fait à une dévaluation du dollar. Mais ce décrochage du dollar était déjà ancré dans la sur-consommation et la sous-épargne des consommateurs US, qui vivaient depuis des années au-dessus de leurs moyens. Et la financiarisation des économies occidentales, qui a commencé en 1973 et dont la dérégulation finale des années 1985-86 a été accueillie comme le triomphe de la raison des économistes orthodoxes sur l’obscurantisme des ignorants, n’a fait qu’amplifier le phénomène, qui se traduit de nos jours par une sur-consommation « à crédit » dans certains pays, un chômage prégnant dans certaines contrées, parfois les mêmes, et des déséquilibres financiers et commerciaux sur l’ensemble de la planète.

Nos solutions, ou nos esquisses de solutions, découlent de ce diagnostic rapide, mais sans concession.
Aucun crédit nouveau ne devrait être bâti sur du sable, du moins en ce qui concerne la consommation. La monnaie est une ressource rare, et doit donc correspondre à du réel, pas à de l’imaginaire, et encore moins à des possibilités de spéculation.
Dans le cas d’investissements dit ‘productifs’, son financement devrait reposer, sauf exceptions, sur de l’épargne déjà existante, et non sur des prévisions toujours optimistes qui, la plupart du temps, n’ont pas plus de réalité que des promesses électorales si souvent démenties. Plus précisément, seule une banque centrale sous contrôle de l’Etat devrait avoir le droit de créer de la monnaie, le seul rôle des banques commerciales devant être de rapprocher les besoins de financement des entreprises de l’épargne des particuliers. En ce qui concerne les besoins de trésorerie des entreprises, le fait que la production soit déjà réalisée mais non encore facturée ou payée relève d’une toute autre démarche, à savoir des crédits de court terme analogues aux prêts à court terme des débuts de l’ère industrielle avant que la financiarisation de plus en plus poussée des économies modernes ne transforme le monde en un gigantesque casino.
Dernière piste, enfin, piste non monétaire celle-là. Les déséquilibres commerciaux doivent être combattus avec la plus extrême attention. En d’autres termes, la France, comme d’autres pays, doit pouvoir équilibrer ses échanges, de la même façon que sa consommation doit être équilibrée par ses capacités de financement, c’est à dire par l’argent dont elle dispose, hors crédits nouveaux, c’est-à-dire hors dettes supplémentaires. Pour cela ses exportations doivent être au niveau de ses importations. Différents moyens existent pour cela, dont l’instauration de marchés de « droits à importer » permettant à la France, considérée comme une macro-entreprise d’import-export, de retrouver la situation qu’elle avait au début des années 1970, celle d’un pays en équilibre extérieur
Il est clair que le fait de retrouver cet équilibre extérieur aura à la fois des conséquences positives et négatives à court terme, mais positives à long terme.
A court terme, le fait de produire davantage en interne, en achetant moins à l’extérieur ou en vendant davantage à l’extérieur, aura un effet positif sur l’emploi, mais peut avoir un effet négatif sur notre pouvoir d’achat pour certains produits dont nous avons abandonné la fabrication depuis plus ou moins longtemps. Mais, à long terme, le fait que nous abandonnions la facilité apparente de vivre artificiellement, à crédit, en épuisant à la fois les ressources actuelles et les possibilités de financement des générations futures, ne peut qu’avoir un effet bénéfique sur le bien commun des générations suivantes.
En guise de conclusion le dilemme que certains posent en tant que choix entre « Colbert et Thatcher », c’est-à-dire entre un état régulateur et une économie entièrement dérégulée n’est évidemment pas complètement réglé.
A l’Etat de s’occuper du bien commun, et des plus faibles de ses administrés, à la fois par son pouvoir monétaire (une monnaie centrale au service du bien commun, donc sans fausse monnaie ni monnaie de crédit et de spéculation) et par son pouvoir redistributeur (politique fiscale ou sociale, aussi simple que possible afin qu’elle soit comprise de tous). Aux entreprises de faire ce qu’elles savent faire de mieux, à savoir produire des biens et services utiles et commercialisables, dans un contexte réglementaire aussi simple que possible. A l’individu, enfin, de trouver sa place dans une société apaisée, car plus transparente, aux règles claires et intangibles.
Mais tout ceci ne pourra se faire, ce qui est en filigrane dans les écrits de Lord King, sans reprise en main du système monétaire et bancaire, évidemment pas dans le sens proposé par ce dernier. La monnaie doit correspondre au plus près aux ressources réelles de la nation, aux besoins des entreprises et de l’Etat, au lieu d’être au service sinon exclusif du moins prioritaire des marchés financiers et des banques commerciales, ce qui est très loin d’être le cas actuellement