Articles

Myopie et statisme des experts économiques

Image
Toute approche statique en économie est stupide, en particulier pour le PIB. B.L., ancien doyen associé d'HEC, amoureux de la France
En comptabilité nationale, on s’intéresse davantage aux stocks qu’aux flux, en oubliant trop souvent d’analyser les tendances et la dynamique d’une situation. C’est malheureusement ce qui se passe lorsqu’on tente sinon de comprendre du moins d’étudier les principales composantes du PIB, quels qu’en soient les défauts par ailleurs. Dans ce billet nous n’allons nous intéresser qu’à une approche, celle dite par les valeurs ajoutées, ou approche ‘production’.
Q. Pouvez-vous préciser cela ?
Dans l’approche « production » du PIB (Produit Intérieur Brut), on écrit le PIB comme étant égal à la valeur ajoutée augmentée des impôts et taxes sur la production diminuée des subventions
Dans cette décomposition ‘Production’ du PIB, la valeur ajoutée est mesurée « aux prix de base », disons aux prix hors taxe, pour simplifier. Il faut donc rajouter à cette première mesure …

UneFiscalitéAllaisienne

Extraits de "Quelle monnaie pour la France", pages 115-116
Une fiscalité nouvelle, plus juste et plus efficace. Il me semble que Maurice Allais a aussi fait des propositions dans un domaine qui devrait concerner tout le monde, à savoir la fiscalité ? Vous avez tout à fait raison. M. Allais a écrit à maintes reprises sur ce sujet, son ambition étant de rendre la fiscalité à la fois efficace, compréhensible, et aussi acceptable que possible par l’ensemble des contribuables ? Une fiscalité "acceptable" ! Vous voulez dire une fiscalité "juste" ? La "justice" ou l’équité est une notion qui demanderait à être explicitée, et sur laquelle il n’est pas forcément évident d’avoir un consensus. Ce qui est sûr, c’est que M. Allais, de même qu’il a fait la chasse aux faux-monnayeurs, s’inscrit plus généralement dans une perspective de chasse aux revenus indus, aux revenus non gagnés. Que voulez-vous dire par revenus "indus" ou "non gagnés"…

Le Cent pour cent monnaie d'Allais

extrait de "quelle monnaie pour la France" (pages 113-115)
Une réforme monétaire anti-spéculation : le « cent pour cent monnaie »
Revenons, si vous le voulez bien aux positions de M. Allais sur la monnaie ? Très bien. Mais nous ne sous sommes pas vraiment écartés du sujet. De la même façon que M. Allais a souvent traité les banquiers de faux-monnayeurs, il aurait aussi pu traiter certaines banques d’affaires d’escrocs, comme la banque, rivale de Lehmann Brothers, qui a aidé la Grèce à trafiquer ses comptes publics tout en misant sur sa faillite future. Venons-en donc au « 100 % monnaie », qui n’est qu’une façon lapidaire de dire qu’il faut redonner aux autorités publiques le pouvoir régalien qu’elles n’auraient jamais dû abandonner, à savoir le droit et le devoir d’être les seuls à « battre monnaie ». Oui, pouvez-vous préciser ce « 100 % monnaie », qui passe un peu pour l’arlésienne, depuis le temps qu’on en parle … ?  Il est vrai que I. Fisher, en 1935 en parlait déjà, et qu…

MauriceAllaisSurLaMonnaie

(extrait de "Quelle Monnaie Pour La France" page 111) Les positions monétaires hétérodoxes de Maurice AllaisPourrions-nous maintenant aborder la piste monétaire, ce qui nous permettra d’aborder ensuite le fameux « 100 % monnaie » dont on parle périodiquement ?

Bien volontiers, d’autant plus que M. Allais, depuis bientôt 20 ou 30 ans, a toujours pensé que, sans quatre réformes majeures de l’environnement international, les crises économiques – dont la crise actuelle dont nous sommes très loin d’être sortis – ne pourront que se reproduire, sinon s’aggraver. Il a ainsi écrit, fin 1999, à propos de la crise japonaise, en condamnant en particulier la contradiction fondamentale entre une libération totale des mouvements de capitaux à court terme et l'autonomie des politiques monétaires nationales : « La presque totalité des difficultés actuelles résulte d'une part d'une méconnaissance totale des conditions monétaires et financières d'un fonctionnement efficace et é…

Rééquilibrer notre commerce extérieur

par Bruno Lemaire (extrait actualisé de « Une Monnaie Pour La France »)

Pour une TVA à géométrie variable !
On parle de plus en plus, la crise actuelle aidant, de mesures protectionnistes, de localisme, de coup de pouce au pouvoir d’achat, mais cela paraît plus facile à dire. Dans un autre papier j’ai parlé de monnaie complémentaire, spécifique, qui ne pourrait acheter que des produits locaux. Mais il y a peut être plus simple encore. Q. A savoir ? On peut jouer sur la TVA, et traiter différemment les produits fabriqués localement et les produits importés Q. Que voulez- vous dire ? Comme vous le savez, les entreprises récupèrent, sous certaines conditions, la TVA qu’elles payent sur les marchandises ou services – les consommations intermédiaires - qu’elles utilisent pour leur propre production. Q. Oui, et alors ? Pourquoi ne pas proposer que sur une TVA de 20, les producteurs locaux continuent à la récupérer en totalité, alors que les importateurs, eux, ne pourraient en récupérer qu’une…

DeLaValeurD'uneMonnaie

Euro trop cher, euro trop fort… De quoi parle t-on vraiment ?extraits de "Une Monnaie pour la France" pages67-69

(Monnaie) - Entretien
Avril-mai 2014
L’opacité voulue (? ) des questions monétaires.


Préambule : à l’occasion d’un débat avec des militants et sympathisants du FN - débat organisé par Julien Leonardelli, Secrétaire départemental de la Haute Garonne concernant les futures élections européennes - de nombreuses questions ont été posées au sujet de l’Euro et du rôle d’une monnaie, unique, commune ou nationale. Ce sont ces questions et ces réponses qui sont reprises ici, pas nécessairement dans l’ordre dans lequel elles ont été posées.

Q. On parle parfois d’un Euro trop cher, ou trop fort. « Trop » par rapport à quoi ?
C’est une très bonne question, et la réponse est délicate. Ce « trop », effectivement, est un terme relatif. Il n’y a pas d’étalon de mesure « monétaire », comme en physique. On sait ce qu’est un mètre, de façon absolue, et ce parce que l’on a pu rattacher la…

DesStatistiques monétaires qui font craindre le pire

Bruno Lemaire, ancien doyen associé d'HEC (statistiques officielles de la Banque de France)
lesamoureuxdelafrance Mise à jour le 23/09/2020 du billet rédigé fin juin, avec des données de la banque de France disponibles fin juin pour la période allant du premier janvier au 30 avrilSur deux mois, entre la fin avril et la fin juin, toujours d’après des statistiques officielles de la BdF les dépôts des banques commerciales auprès de la BdF ont augmenté de 170 milliards, tandis que le bilan de la BdF augmentait lui-même de 212 milliards d’euros, les billets en circulation n’augmentant que de 5,6 milliards.Est-il vraiment nécessaire de se demander « où passe le pognon ». Pas dans l’économie réelle en tout cas !
En quatre mois, de fin décembre à fin avril, le passif de la Banque de France a augmenté de 225 milliards, ce qui correspond à presque 20%, augmentation spectaculaire rarement vue dans l’histoire monétaire de la France, surtout dans un délai si bref.
Pour fixer les idées cette augmen…