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dimanche 21 novembre 2010

Un petit modele bi-sectoriel explicatif du Credit Social

Un petit modèle, sous forme de commentaire complémentaire et de question au lecteur éventuel

Supposons un système à deux secteurs, un secteur 1 de biens de production, un secteur 2 de biens de consommation, et une décomposition sectorielle des "coûts" en trois parties "amortissement" (dépréciation du matériel), "salaires" et "profits", soit:

AMOR1 + SAL1 + PROF1 = PRODUCTION1 ou PROD1
AMOR2 + SAL2 + PROF2 = PROD2

Au niveau comptable, on a évidemment PRODtotale = AMOR1&2 + SAL1&2 + PROF1&2

L'Investissement net potentiel, toujours au niveau comptable, est égal à INV_N = PROD1 - AMOR1&2

La Consommation Finale, au niveau comptable, est égale à CONSO_F = PROD1&2 - INV_N

Question: comment applique t-on les principes du Credit Social à cette situation?

Débarrassons-nous de la question délicate concernant la durée différente des processus de production, le secteur 1 étant plus ‘long’ que le secteur 2.

On va travailler sur la durée la plus courte possible entre les deux processus (c’est juste pour simplifier le raisonnement, je ne pense pas que cela change grand-chose).

Ceci étant dit, comment faire pour « financer » chaque processus (dans le secteur 1 comme dans le secteur 2), sachant que, sur le plan comptable, il n’y a évidemment aucune difficulté à équilibrer tout cela.

La question délicate consiste en ce que certaines sommes doivent être déboursées au début du processus – quelle qu’en soit la durée - et que d’autres sommes ne sont disponibles qu’au moment de la réalisation de la vente.

Dans MON interprétation du Crédit Social (je PEUX donc me TROMPER), je pars du point de vue du producteur, et je vais donc examiner le « Crédit à la Production », ou, mieux « l’avance à la production ».

Producteur1 a besoin de financer AMOR1, SAL1, et PROF1 (je pourrais supposer que PROF1 n’est financé qu’après la vente, mais cela poserait le problème de la demande solvable, s’il manque PROF1, et PROF2 , pour acheter la Production).

On suppose par ailleurs qu’il n’y a aucun stock de monnaie résiduelle : pas de monnaie disponible, nulle part (ce n’est pas essentiel, je crois, mais cela simplifie)

L’ONC (Office National de Credit) va donc avancer à Producteur1 le montant nécessaire pour acheter AMOR1 plus SAL1 plus PROF1 (c’est Producteur1 qui est censé déterminer l’ensemble de ces montants, que l’on pourra appeler PrixDeProduction1, si on le souhaite)
Même chose vis-à-vis de Producteur2.

En fait, la monnaie nécessaire au cours du « cycle de production » considéré est égal à la somme des chiffres d’affaires (et pas seulement au PIB), c’est peut être cela qui fait dire au major Douglas qu’il y a toujours un manque de « moyens d’achat » la somme des salaires étant toujours inférieure (même avec les profits) à la production. Il s’agit, bien sûr, de ne pas confondre Valeur Ajoutée (notre PIB «de notre cycle de production », avec nos conventions actuelles) et C.A. total.

La question qui reste posée, que je soumets, très provisoirement, à la sagacité du lecteur, est de savoir comment l’Office National de Crédit va récupérer son avance (en principe, en cas de croissance nulle- que l'on peut traduire par INV_N=0 - l’Office National de Crédit doit récupérer toute la monnaie émise : mais est-ce le seul cas ?)

Remarque : faire intervenir le service public n’ajouterait pas grand-chose à la démonstration, non plus qu’un troisième secteur (biens intermédiaires), mais on s’y attellera peut être plus tard, dans un autre billet.

Avançons donc :
Producteur1 distribue AMOR1 au producteur d’AMOR1 (on va supposer que c’est lui-même, donc il va pouvoir rembourser immédiatement cette somme à l’ONC), ainsi que SAL1 - à ses salariés et PROF1 - à ses actionnaires.
Producteur2 distribue AMOR2 au producteur d’AMOR2 (on suppose que c’est le producteur1), ainsi que SAL2 et PROF2.

SAL1 Plus SAL2 plus PROF1 plus PROF2 vont pouvoir acheter PROD2 plus la différence entre PROD1 et AMOR1&2 (ce que nous avons défini comme l’Investissement net éventuel, INV_N)

Prenons des valeurs numériques, pour illustrer tout cela :
PROD1 = 2100 = 1100 + 750 + 250
PROD2 = 1500 = 700 + 600 + 200
INV_N= 300 = 2100 – 1100 – 700
L’argent de production social avancé par l’ONC sera de 2100 au Producteur1, et de 1500 au Producteur2 (ce qui explicite le début de la phrase de Alain Pilote, l'un des tenants modernes du Credit Social "l'argent nouveau serait émis au rythme de la production, et retiré de la circulation au rythme de la consommation.")

Producteur1 rendra tout de suite 1100 (l’équivalent de AMOR1) à l’ONC, donnera 750 à ses salariés, et conservera pour le moment 250 (en réserve de profits)
Producteur2 donnera 700 à Producteur1 (pour AMOR2), donnera 600 à ses salariés, et conservera pour le moment 200 (en réserve de profits)

Passons maintenant à la demande de consommation, c’est-à-dire à l’acquisition de PROD2 (en prix de production, c’est 1500 qu’il faut acheter)

La demande solvable est composée de : 1350 (SAL1&2) plus 450 (PROF1&2), c’est-à-dire 1800. On retrouve bien que, sur le plan comptable, 1800 est suffisant pour acheter 1500, le reste (= 300) permettant d’acheter INV_N

Le seul « petit » problème consiste donc bien en l’avance à la production, au début de chaque cycle, cette avance étant « détruite », c’est-à-dire remboursée, au moment de la réalisation de la vente (en supposant, bien sûr que la production est en phase avec les besoins – ce qui est un tout autre problème, plus 'marketing' que 'financier' ou 'monétaire')

Questions subsidiaires relatives au Crédit Social:
1) comment faire apparaître le Dividende Social, ou le REX, ou le RMD ?: facile, il suffit d’intégrer aux prix de production une certaine quantité (qui diminuera d’autant les profits et/ou les salaires)
2) A-t-on besoin de faire apparaître un escompte compensé, ou un « bonus », pour obtenir les justes prix ?

Je laisse la réponse - très provisoirement -à cette question à la sagacité traditionnelle du lecteur, s'il veut faire une pause.


Sur le « juste prix » et l’escompte compensé.

En fait, une autre façon de faire fonctionner le financement du modèle AMOR SAL PROF précédent est de ne pas financer a priori la partie AMOR1&2, mais de le financer « a posteriori », du moins c’est ainsi que je comprends le mécanisme invoqué par le Major Douglas, père du Crédit Social.

En reprenant l’exemple précédent, le juste prix de PROD1 ne serait pas 2100, et le juste prix de PROD2 ne serait pas 1500. Quels seraient-ils alors?

En fait, il faut d’abord évaluer les « moyens d’achat » (évalués aux prix de production, à savoir SAL1&2 plus PROF1&2, donc 1800).

Les prix de production totaux (PROD1&2) étant égaux à 3000 (c’est le Chiffre d’Affaires Global), pour obtenir le juste prix, il faudra prendre le ratio entre « SAL1&2 plus PROF1&2 » et « PROD1&2 », ce qui donne ici 60% (l’escompte étant donc de 40%).

Le juste prix de PROD1 sera donc PROD1*60% et le juste prix de PROD2 sera PROD2*60% (notons que le coefficient d’escompte doit être calculé globalement, et pas par secteur, même si, ensuite, il doit être appliqué par secteur).

On aurait ainsi, avec nos données, 1260 (=0,6 fois 2100) pour le JustePrix1, et 900 (=0,6fois 1500) pour le JustePrix2. L’Office National de Crédit aurait avancé à Producteur1 la somme de 1000 (pour SAL1 plus PROF1), et aurait avancé à Producteur2 la somme de 800. Les acheteurs des divers secteurs auraient payé l’équivalent de SAL1&2 plus PROF1&2, à savoir 1800 (somme qui a transité d’abord de l’ONC aux producteurs, Producteur1 et Producteur2), et chaque producteur aurait ensuite été « remboursé » de l’escompte consenti, à savoir un total de 1200 (=3000 – 1800).

Par rapport à la solution proposée plus tôt (financer AMOR1 et AMOR2 au début de la période), cette solution de l’escompte compensé me semble inutilement compliquée, et, par ailleurs, semble récompenser le producteur dont la « composition organique » du processus de production est plus faible, c’est-à-dire le producteur dont le capital est relativement le moins élevé par rapport à la valeur ajoutée (autre façon de dire que les ouvriers concernés sont moins 'productifs' puisqu'ils ont moins de machines pour les assister, voire les remplacer). Après tout, pourquoi pas.

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