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mardi 8 septembre 2015

UDT. Table ronde sur Euro, mondialisme et projet TAFTA.



Intervention de Bruno Lemaire, club Idées Nation, sur deux sous-thèmes, monnaie et échanges internationaux, ou, plus rapidement dit, euro et protectionnisme.

En ce qui concerne l’euro, je ne vais vous parler ici que d’un point de vue technique, même s’il y aurait beaucoup à dire au niveau politique, et sur les arrière-pensées « européistes », mondialiste, et anti-nationales, qui ont conduit à son instauration.

L’Euro en tant qu’outil.
L’euro est un outil qui n’a pas fonctionné, qui n’a pas apporté tous les bienfaits annoncés, loin de là, au moins aux français et à la majorité des européens. Un seul exemple suffira.
La France, dont le commerce international était excédentaire jusqu’en 2002, s’est mis à accumuler des déficits avoisinant en moyenne 50 milliards par an, alors que l’Allemagne, déficitaire initialement, a un solde commercial qui dépasse maintenant 200 milliards. Ce n’est pas la seule cause, mais le carcan de l’euro, monnaie unique, y contribue.
Prenons une image. Fin 2001, une course de chevaux est lancée, avec 11 canassons – dont un, le cheval grec, racheté de justesse. Ces onze destriers ont chacun un certain handicap sur le dos, pour essayer de les faire galoper à la même vitesse. Il se trouve cependant que ces handicaps – c’était la parité de leur monnaie nationale vis-à-vis de l’euro - n’ont pas été correctement choisis, et que le cheval le plus rapide, le cheval allemand, a vu ses concurrents perdre pied, ou sabot, peu à peu.
La seule solution serait de pénaliser le cheval allemand, c’est-à-dire d’augmenter son handicap. En termes monétaires, il faudrait pour cela que l’euro allemand soit plus fort que l’euro moyen, et que l’euro grec, ou portugais, voire italien, perde beaucoup de sa valeur vis-à-vis de l’euro moyen.
De fait, il faudrait rebâtir une monnaie, ou un système monétaire, intermédiaire entre la monnaie de référence, qui reste encore le dollar, et les diverses monnaies nationales, pour que chacun des chevaux, pardon des pays européens, ait une chance de courir à armes égales. Le nom ‘savant’ de cette monnaie intermédiaire serait une « monnaie commune » - assez voisine de l’ancien ECU -qui permettrait aux échanges internationaux de se rééquilibrer peu à peu.
Une monnaie unique ne peut fonctionner qu’avec des pays presque identiques.
De fait, l’outil que représentait l’euro aurait pu fonctionner. Il aurait fallu pour cela, non seulement que les parités initiales soient judicieusement choisies, mais qu’il y ait aussi une convergence des normes sociales, fiscales, et techniques dans les différents pays. En d’autres termes, il aurait fallu que les différents pays deviennent des clones les uns des autres, que la Grèce soit un modèle réduit de l’Allemagne, que nos cousins italiens soient identiques aux français. Pure utopie mondialiste, digne de tous les experts « hors sol » qui veulent détruire la notion même de notion et d’identité nationale.
La renaissance d’une monnaie nationale est donc indispensable, si nous voulons rester pleinement et authentiquement français.
Il est très facile de faire renaître un euro français, ou un franc patriote.
L’euro peut être facilement amendé, un euro français. On nous dit que c’est techniquement très long et difficile, et politiquement impossible. Pour la politique, je laisserai s’exprimer Marine et d’autres cadres sur le sujet. D’un point de vue technique, il n’y a rien de plus facile.
Informatiquement, cela prendrait quelques heures, sachant, de plus, que 93% des échanges sont de type électronique. En ce qui concerne les billets ‘physiques’, fabriquer  des tampons pour frapper les euros anciens n’est pas trop difficile, en qqs jours ce serait fait (surtout si tout est prêt !) Pour les nouveaux billets de « francs patriotes », ou euros français, la Banque de France peur faire cela en quelques semaines. Pendant ce temps, les euros anciens garderaient leur utilité, surtout s’ils sont « tamponnés ». Une conversion à l’euro le franc nouveau ou le franc patriote ou l’euro français ne pose donc aucun problème technique.

Commerce international et protectionnisme intelligent.
Venons-en maintenant au commerce international, et au protectionnisme intelligent que nous proposons. L’utilisation d’une monnaie nationale est importante, mais contrairement à ce que suggèrent certains, ce n’est pas suffisant, au moins sur le long terme. Une dépréciation/dévaluation peut en effet nous conduire à une guerre des monnaies dommageable pour tout le monde, surtout pour ceux qui ne bénéficient pas du privilège exorbitant de création de la monnaie de référence actuelle, le dollar. C’est au libre-échange débridé qu’il faut s’opposer, et pour cela réinscrire nos échanges dans l’esprit de la charte onusienne de la Havane. Esprit fort simple, et beaucoup plus convaincant que le tristement célèbre esprit du 11 janvier.
De fait, la charte de la Havane nous dit qu’aucun pays ne devrait chercher à exporter plus qu’il n’importe (on comprend pourquoi cela ne plairait pas à l’Allemagne et que, juste après-guerre, cela n’a pas plus aux USA qui ont « oublié » de ratifier cette charte).  Plus important encore, cette charte suggère que les pays régulièrement excédentaires devraient aider les pays importateurs net à exporter davantage, et/ou à importer moins.
C’est justement dans cette optique de rééquilibrage « coopératif » que nous nous inscrivons au front national. Au-delà des mesures classiques de droits de douane spécifiques, nous proposons une mesure beaucoup plus originale, et que nous croyons plus efficace, et plus dans l’esprit de coopération entre nations qui est aussi celui de la charte de la Havane.
Cette mesure, c’est celle de l’instauration générale de « droits à importer », instauration qui peut être faite, suivant les besoins, par l’intermédiaire de marchés, libres ou de gré à gré, ou par des mesures administratives ciblées.
L’idée, en fait, est d’associer à chaque importateur, ou groupement d’importateurs, ou zone géographique ou sectorielle d’importateurs, son pendant d’exportateurs, les importations et les exportations tendant ainsi à s’équilibrer, ce qui ferait de la maison France une entreprise d’import-export aux échanges équilibrés. Cela ne signifie nullement que nos importations seraient réduites, ce qui peut arriver, mais surtout que les exportations seraient développées, ce qui impliquerait par-là même une hausse de la production nationale, donc de l’emploi.

Des échanges équilibrés, du simple bon sens.
Un autre avantage de cette mesure, celle de « droits à importer » est qu’elle ne devrait pas donner lieu à des mesures de rétorsion d’autres pays, puisque elle correspond, en fait, à une coopération entre entreprises et entre nations recherchant et conduisant à un équilibre des différents soldes commerciaux. Si aucun pays n’est déficitaire, cela entraîne, bien sûr, qu’aucun pays ne soit excédentaire. Cette absence de déséquilibres commerciaux est une des conditions de la fin de toute guerre économique, dont on sait hélas comment cela se termine trop souvent, par des guerres véritables.

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