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samedi 29 avril 2017

De la compétitivité franco-allemande: comment l'améliorer



Du différentiel de compétitivité franco-allemand : comment résoudre cette question en gardant la même monnaie, une monnaie unique ?

Par Bruno Lemaire, économiste, club Idées Nation

La sortie de l’euro fait peur, et même si cette peur peut apparaître non justifiée, avoir raison trop tôt, ou sans convaincre, n’a pas beaucoup d’intérêt – dans tous les sens du mot.

Chacun sait pourtant que la France a de gros problèmes de compétitivité vis-à-vis de l’Allemagne, cette différence de compétitivité est évaluée par un certain nombre d’experts, dont le FMI, à environ 21%. (Une simple comparaison des échanges, exportations vs importations, pour l'année 2016 entre Allemagne et France montrerait un déficit relatif de 19.71%, très proche donc de ces 21%)

Dit autrement, pour que les produits français soient compétitifs par rapport à des produits allemands de même nature, il faudrait que les produits allemands soient 21% plus chers.

En dehors d’un changement de parité entre l’euro français, ou le franc nouveau, et l’euro allemand, ou le mark nouveau – ce que nos compatriotes ne veulent pas, au moins dans le contexte actuel – la seule solution, au moins de court terme, serait de mettre une taxe de 21% sur les produits allemands.
Un produit proposé à 100 euros par un importateur serait donc proposé à 121 euros aux clients français, une sorte de super tva en quelque sorte.

Le système Target 2, qui gère les flux financiers à l’intérieur de l’Union Européenne, pourrait être modifié de façon à permettre automatiquement cette modification, sans aucune valse ou modification d’étiquette : les produits « made in germany » seraient ainsi affectés automatiquement d’un coefficient correcteur de 1,21.

Nul besoin dans ce cas de changer de monnaie, et les épargnants qui craignent que leurs économies ne soient dépréciées en cas de sortie de la zone euro n’auraient plus à craindre quoi que ce soit, sauf bien sûr s’ils pensaient investir en produits allemands.

Petit bémol : ces frais de douane ciblés sont interdits par l’Union Européenne, comme d’ailleurs le sur-coût de 30 ou 35% que l’on imposerait à des produits qui seraient réimportés après délocalisation, comme pour Whirlpool, par exemple.

En d’autres termes, si l’on veut résoudre la crise actuelle, qui se concrétise par près de 6 millions de chômeurs et un déficit commercial annuel de près de 50 milliards, il faudra bien que l’on modifie certaines règles de fonctionnement de l’Union Européenne actuelle. Il n’est pas indispensable de changer de monnaie, mais il faut alors modifier autre chose.

Dans le cas contraire, rien ne sera possible.

Bien entendu, ces taxations peuvent être progressives, et ne s’appliquer que pour des produits que l’on peut ou que l’on sait encore fabriquer en France, même si nos coûts de production sont relativement plus importants initialement. Ces taxes pourront par ailleurs être utilisées, au moins partiellement, pour aider à faire repartir certaines industries ou certains secteurs d’activité et accompagner ainsi la réindustrialisation dont nous avons tant besoin. Ou encore à financer les grands projets que Marine Le Pen et Nicolas Dupont-Aignan ont annoncé ce jour.

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