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mardi 2 mai 2017

Une monnaie double, ou deux monnaies, encore une campagne de désinformation?



L’AFP veut lancer un faux débat sur une double monnaie, qui n’a pas lieu d’être.

Par Bruno Lemaire, club Idées Nation

Décidément, on dirait que tout est fait par les médias et les adversaires de Marine Le Pen pour sortir des énormités.

Le journaliste Antonio Rodriguez, de l’AFP, s’est collé à cette tâche de désinformation, sans pour autant mentir, trop malin pour cela, sauf qu’il traite une question qui n’a pas lieu d’être.
AFP : « La proposition de Marine Le Pen de transformer l'euro en "monnaie commune", tout en réinstaurant une monnaie nationale, soulève des interrogations sur la circulation en parallèle de deux monnaies dans un même pays

Il n’est pas question pour Marine Le Pen, il n’a jamais été question, d’utiliser 2 monnaies en France.
Pour les achats faits en France par le client final, que ce soit une baguette ou une voiture, importée ou non, ce sera la monnaie nationale qui sera utilisée, l’euro actuellement, le franc nouveau plus tard. C’est comme pour un turc, qui paiera en « lira » pour acheter son yaourt « à la grecque » ou une Toyota made in Japan.

AFP pose ensuite une question, qui ne se pose pas pour la France : « - Est-il possible d'avoir deux monnaies en circulation ?»
Et l’AFP répond « Oui. Dans les pays exportateurs de matières premières, le dollar cohabite souvent avec la devise nationale, en particulier en Amérique latine, mais aussi dans les pays du Golfe. "Les pays à double monnaie sont des États qui ont une volonté de se détacher de la pression des monnaies importées, comme le Venezuela ou Cuba", explique à l'AFP Ludovic Subran, chef économiste chez Euler Hermès. "Il y aussi des pays qui ont connu des crises, comme le Nigéria ou l'Argentine", ajoute-t-il. Dans ces cas, les grands groupes travaillent généralement en monnaie forte, mais les PME sont souvent contraintes à utiliser la monnaie nationale. » 

Là encore, la question ne se pose pas. Il est certes possible d’avoir plusieurs monnaies, une monnaie principale et une monnaie complémentaire dans un même pays, mais ce n’est pas ce que nous voulons faire avec Marine.
Si nous retrouvons une monnaie nationale, ce sera la seule à être utilisée pour les achats faits en France. Il faudra bien sûr pouvoir échanger cette monnaie nationale, ou l’évaluer, contre une autre monnaie, pour les exportations et importations, ce que nous faisons quand nous commerçons avec les États Unis ou avec le Japon. Cela s’appelle un système monétaire international, qui ne se concrétise d’ailleurs pas nécessairement par une monnaie, voir mon exemple de roupie-lira pour les échanges entre la Turquie et l’Inde.

Il faut soit que le marché établisse les taux de change entre la monnaie nationale et la monnaie étrangère, soit qu’il y ait un accord (entre la Turquie et l’Inde, ou entre la France et les Etats Unis, par exemple) entre deux pays. Cet accord peut prendre la forme d’une monnaie virtuelle, une monnaie commune, mais qui la plupart des cas n’est pas une véritable monnaie
Antonio Rodriguez touche ensemble au sublime, en s’interrogeant ainsi :

AFP : « - Est-ce que la France peut revenir seule au système monétaire européen avec l'Ecu comme monnaie commune ?»
En se croyant obligé de préciser
AFP :« Non. "La monnaie commune ne serait pas la réminiscence du système monétaire européen et ne serait pas l'Ecu qui n'était qu'une unité de compte" à l'époque, affirme à l'AFP Philippe Waechter, chef économiste chez Natixis AM. Car la France se verrait contrainte "d'emprunter de la crédibilité au reste de l'Europe" pour bénéficier de l'euro. Une crédibilité qui lui permettrait de "contrebalancer la fragilité de sa monnaie nationale". "Mais il faudrait l'accord de tous les partenaires de la France pour mettre en place cette monnaie commune", ajoute l'économiste, doutant que l'Allemagne accepte cette monnaie commune. »

Par définition, pour avoir une monnaie commune, et surtout pour en avoir besoin, il faut au moins deux pays, voir mes exemples précédents. N'importe quel écolier le sait, ou devrait le savoir. Arrêtons de prendre les français pour des imbéciles.

Cela demandera des accords, et plus nombreux seraient les pays concernés, plus la négociation peut être longue. Mais l’absence d’une monnaie commune entre deux ou plusieurs pays n’a jamais empêché un pays d’échanger avec d’autres pays. Ni la Turquie, ni le Japon, ni la Russie, ni les Etats Unis, ni le Canada n’ont une monnaie commune, même si les Etats Unis auraient bien aimé que le dollar joue ce rôle.

Donc, stop aux fantasmes, et débattons de vrais problèmes.

Quant aux monnaies complémentaires, question théorique peut être intéressante mais qui n’est pas non plus dans les cartons de Marine Le Pen, donc, là encore, la question ne se passe pas.

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