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samedi 24 juin 2017

La question de l'euro, certes importante, ne serait-elle pas une question seconde vis à vis de la priorité nationale?



Faut-il attendre que l’euro meure, ou non, de mort naturelle ?

Par Bruno Lemaire, club Idées Nation, ancien responsable Recherche et Développement à IBM conseil

On pourrait penser que tout a été dit sur l’euro, les pour, les contre, les €lâtres, les €phobes, et que, d’une certaine façon, le « peuple » a tranché, en dépit d’un débat présidentiel calamiteux sur la question : les français voudraient conserver l’euro, à 70%, d’après plusieurs sondages à peu près sérieux.

Quand on pense que le même peuple, d’après d’autres sondages, a peur de l’immigration, mais cette fois à 70%, et pense qu’il faudrait prendre des mesures énergiques pour la maîtriser, et même l’empêcher, on pourrait se dire que le Front National, qui était présenté naguère comme le premier parti d’opposition, voire comme le premier parti de France, et qui a vu sa présidente se qualifier pour le deuxième tour des présidentielles, a manqué de jugeote électoraliste, pour ne pas dire d’intelligence.

Est-ce si sûr ? C’est ce point que je voudrai aborder maintenant.

De fait, parmi les mesures d’ordre économique proposées depuis des années par le Front National, il y a une mesure qui est presque passée inaperçue, et qui pourrait pourtant servir de pont entre ces deux questions, l’une d’apparence civilisationnelle et l’autre d’aspect plus technique et économique, je veux parler de la priorité nationale.

Aucun groupe, aucune société, aucune nation ne peut se développer, ni même survivre, si il ou elle n’est pas capable de réguler différents flux externes, que ces flux soient matériels ou immatériels. D’un point de vue philosophique on pourrait dire qu’un groupe, un peuple, une nation doivent partager des notions voisines sur ce qui constitue le bien, le beau, le vrai, ce que l’on pourrait qualifier de valeurs civilisationnelles. Il ne s’agit pas de dire que les valeurs d’un groupe donné sont nécessairement supérieures à celles d’une autre entité, mais qu’elles sont globalement différentes, puisque ce sont celles-ci qui sont constituantes de ce groupe, de ce que l’on traduit parfois par le nom de civilisation, ou, à un autre niveau, de culture.

Sur le plan purement économique, il devrait donc apparaître clairement que la déperdition ou le déficit d’énergie humaine, pour reprendre les termes de Marc Dugois dans son petit dictionnaire économique qui se concrétise depuis 15 ans par un déficit commercial annuel oscillant entre 50 et 70 milliards d’euros, et sur le plan démographique par une submersion migratoire dépassant allègrement annuellement deux cent mille personnes, dont la plupart ne cherche ni à s’intégrer, et encore moins à s’assimiler, constitue un péril mortel, au moins au niveau des valeurs qui constituent le groupe social « France ».

Que l’euro, outil technique créé essentiellement pour tenter d’unifier, de gré ou de force, des pays très différents, tant sur le plan social qu’économique, soit ou non un échec peut effectivement être interrogé, mais ne peut, ou ne devrait pas, être considéré comme prioritaire. C’est pourtant bel et bien de priorités qu’il s’agit, et pour reprendre le terme passé un peu en désuétude, de priorité nationale, si du moins l’on veut conserver le concept de nation. L’Europe telle qu’elle est actuellement plus ou moins bien administrée par les institutions de l’Union Européenne est donc bien loin de l’Europe des Nations et des Libertés que les peuples constituants, et leurs premiers leaders, avaient en tête il y a 60 ans.

Cette priorité nationale, que tout peuple devrait rechercher, va donc bien au-delà de « simples » problèmes économiques – très loin d’être simples, d’ailleurs – mais passe, à l’évidence, par des mesures économiques et législatives permettant à tout pays d’être maître à l’intérieur de ses propres frontières.

Ce pays doit pouvoir, pour le moins, équilibrer ses échanges commerciaux avec l’extérieur, ce que la charte onusienne dite de la Havane réclamait pourtant au sortir de la deuxième guerre mondiale, et ce que l’Allemagne bafoue allègrement depuis près de 20 ans, avec un excédent  commercial de plus en plus important. Cet excédent permettrait d’ailleurs à l’Allemagne de financer cinq fois le déficit commercial de la France, ou encore de financer annuellement 60 ou 70 porte-avions de type Charles de Gaulle, alors que le déficit français correspond, lui, au fait que l’équivalent de 12 porte-avions est coulé chaque année !

Le dilemme est donc simple. Soit nous continuons comme depuis 30 ou 40 ans, et la France devient une province de moins en moins respectée et respectable d’un être informe et multi-culturel qui continuera quelques décennies à s’appeler Europe, avant que les vagues migratoires essentiellement sub-sahariennes n’aient contribué à en changer plus ou moins complètement le ou les modes de vie.

Soit, au-delà des vrais problèmes économiques qui se posent à la France, dont certains sont évidemment causés par un euro si mal adapté à notre économie, mais si favorable à l’Allemagne, nous saurons aborder et traiter en priorité le problème de notre identité, de notre sauvegarde civilisationnelle, de notre indépendance, et trouverons les ressources et le courage pour défendre nos propres valeurs, qui passent nécessairement par la mise en exergue de la priorité nationale, au-delà mais incluant la question légitime de nos diverses souverainetés.

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