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samedi 27 janvier 2018

Ne nous cachons pas derrière l'arbre de l'euro, regardons la forêt du désastre du libre-échange



Face à un libre-échange débridé, sachons nous protéger intelligemment.

Bruno Lemaire, diplômé d’Harvard, docteur en mathématiques et en sciences économiques

Si l'€ est un boulet, le « laissez fairisme » critiqué par M. Allais est bien pire, vu l’impact du solde négatif, 30 milliards, que la France a vis-à-vis de la Chine, à comparer avec « seulement » les 50 milliards que totalise le déficit commercial (certes abyssal) de la France.

Comment peut-on croire que 60% du déficit de la France (30 milliards sur 50) serait dû à une mauvaise valorisation de l’euro, ou même au fait qu’il nous soit imposé par l’U.E. en tant que monnaie unique, alors que notre déficit vis-à-vis de la Chine a peu à voir avec la valeur de l'€ mais presque tout avec une concurrence déloyale, qui concerne les conditions environnementales, fiscales, sociales – et financières – des travailleurs chinois.

Si notre solde électronique est déficitaire avec la Chine de 14 milliards, si notre solde textile est déficitaire de 9,5 milliards vis-à-vis de la même Chine, à qui fera-t-on croire, même à nos compatriotes matraqués émission après émission par les médias officiels, soit que l’euro en est essentiellement responsable – thèse soutenue par le pourtant éminent économiste, le professeur Sapir- soit, plus encore, que le libre échange total conduit à une mondialisation heureuse ?

On pourrait certes soutenir que c’est notre manque de matières premières, en particulier dans les domaines énergétiques, qui est la cause de notre déficit, sachant que nous importons plus de 60 milliards en gaz et en électricité. Mais cela n’a rien à voir, là encore, avec nos échanges vis-à-vis de la Chine, ce n’est ni le gaz, ni le pétrole que nous vend « l’empire du Milieu ».

Non, il serait grand temps que l’on comprenne que le libre échange ne fonctionne que dans certains cas, dans une confrontation honnête avec des pays ayant un degré comparable de développement, tant social qu’humain, et qu’il faut, dans le cas contraire, utiliser d’autres procédés, à savoir ici l’arme du protectionnisme intelligent, ciblé en fonction des pays et des secteurs à protéger.

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