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vendredi 17 mars 2017

De nombreux experts jouent à faire peur aux français : quelle honte



Bruno Lemaire répond à Mathieu Plane

- L'incertitude monétaire
Dans son programme, Marine Le Pen prévoit un nouveau franc qui, à sa création, aurait la même valeur que l'euro. Mais le taux de change varierait ensuite sur le marché des devises. Or le déficit commercial chronique de l'Hexagone entraînerait mécaniquement une hausse de la demande de monnaies étrangères, et donc une dépréciation.

B.L. Ce déficit commercial prétendument chronique n’est apparu qu’à partir de 2003, l’année suivant l’instauration de l’euro dans les transactions courantes. Nous avons montré, par exemple, que le déficit commercial que nous avons depuis une dizaine d’années avec l’Allemagne (de l’ordre de 20 milliards en 2016) se transformerait en excédent de l’ordre de 25 à 30 milliards si la monnaie française était dépréciée de 21% par rapport à la monnaie allemande. Le FMI nous a d’ailleurs suivi sur ce point, ainsi que l’agence Nomura.

Sur la variation des taux de change, au début un franc « Marine » valant un euro « ancien », il y aura ajustement, mais nul ne peut prédire à moyen terme ce qui se passera. Ce qui compte pour les investisseurs, c’est la solidité de notre économie, et tout va être fait pour que l’économie française s’améliore. Il est donc possible qu’à terme le franc Marine se ré-apprécie.

Pour Jacques Sapir, directeur d'études à l'EHESS et partisan d'une sortie de l'euro, cet ajustement du taux de change aux conditions économiques de la France serait "l'un des principaux intérêts" de la nouvelle monnaie. Il permettrait de "relancer les exportations", écrit l'économiste.

B.L. Sapir rappelle avec éloquence et compétence ce qui devrait être évident pour tout économiste ayant étudié un tant soit peu l’histoire économique. Une dépréciation monétaire a toujours permis de relancer les exportations et de diminuer les importations. Les gens savant parlent d’élasticité prix, mais c’est du simple bon sens. Quand les prix unitaires baissent, on achète en général davantage, quand les prix augmentent on achète en général moins.

Mais cette flexibilité, synonyme de risque pour les entreprises internationalisées, pourrait poser problème en cas d'évolution erratique du taux de change. Selon certains économistes, la dépréciation pourrait atteindre 30%, voire plus, en cas de réaction brutale des marchés.

B.L ; Selon « certains économistes » ? Jolie litote. Parle t-on ici des « experts » qui se sont trompés depuis 30 ans, ou qui ont conseillé nos « gouvernants » depuis 30 ans. On a vu le résultat.

- Le risque financier
Pour l'Institut Montaigne, centre de réflexion d'obédience libérale, "la perspective d'un retour au franc entraînerait rapidement une sortie de capitaux des investisseurs institutionnels, français et étrangers, ainsi que ceux des particuliers", avec de graves répercussions pour le système bancaire.

B.L. L’Institut Montaigne n’est pas seulement d’obédience libérale, ou ultra-libérale – c’est son droit, après tout- il est surtout dirigé par des soutiens de MM. Fillon et Macron, et donc des adversaires résolus de Marine Le Pen. Leur objectivité est donc plus que discutable.

En cause: le risque de dévaluation inhérent à la nouvelle monnaie. Pour éviter que leur "épargne perde une grande partie de (leur) valeur", les investisseurs pourraient chercher à la préserver "dans une monnaie solide", détaille à l'AFP Philippe Waechter, chef économiste chez Natixis AM.

B.L. Les « experts » de Natixis devraient plutôt s’interroger sur leur propre compétence. Ils semblent avoir bien vite oublié leur propre déconfiture des années 2008-2009, ce qui a coûté à l’époque à l’Etat près de 8 milliards d’euros. L’action Natixis avait alors perdu près de 95 % de sa valeur, en passant sous le seuil de 1 € en mars 2009, stabilisée autour de 3,5 € en 2010.

Les banques se retrouveraient rapidement à court de liquidités, et à la peine pour se refinancer auprès de leurs homologues étrangères. "Il y aurait sans doute des faillites", s'inquiète Mathieu Plane, chercheur à l'OFCE, pour qui la sortie de l'euro pourrait "faire éclater l'ensemble du système bancaire".

B.L. On ne voit pas pourquoi il y aurait davantage de faillites avec un franc Marine adapté à l’économie française qu’avec un euro qui lui est manifestement mal adapté.
Par ailleurs il est clair, effectivement que si la France sort de l’eurozone, cette même zone monétaire risque d’avoir quelques difficultés à perdurer. "Et alors", suivant le mot tristement célèbre de M. Fillon. Mais ce « risque » pour l’U.E.M. est aussi une chance pour les négociations que la France va pouvoir engager avec l’U.E., vu le poids économique de la France, et la volonté politique clairement affichée par Marine Le Pen.

- Le problème de la dette
Avec la dépréciation de la nouvelle monnaie, un autre problème devrait être réglé: celui de la dette publique, libellée en euros. Serait-il possible, pour éviter que les montants à rembourser ne s'envolent, de la payer en francs? Oui, assure Jacques Sapir, qui évoque "une longue jurisprudence" favorable, la "lex monetae".

B.L. Sapir, là encore, a raison, même si la plupart des économistes sérieux devraient être de son avis, puisque c’est une loi internationale, la lex monetae, qui le dit, et les faits le prouvent.

Lorsque l’euro a été instauré en 2002, les prêts en francs ont été convertis, avec la parité choisie (un euro pour 6.56 francs) en euros AUTOMATIQUEMENT. A l’époque, l’euro valait 1,17 dollar. Peu de temps après, l’euro ne valait plus que 0.88 dollar. Il n’y a pas eu d’émeutes chez les créanciers. Puis l’euro est monté à 1.55 dollar. Pas d’émeute, cette fois, chez les débiteurs. L’euro oscille en ce moment sous les 1.10 dollar. Avons-nous vu des millions de créanciers, cigares ou non au bec, annoncer qu’ils étaient ruinés ? Évidemment non.

Peu de chances toutefois que les créanciers acceptent cet état de fait. "En France, la dette publique est détenue à 60% par des non résidents", souligne Philippe Waechter. Pour ces créanciers internationaux, "une dépréciation de l'ordre de 25% signifierait qu'ils toucheraient 25% en moins, ce qui est énorme", rappelle Mathieu Plane, à l'AFP.

B.L. Oui, ces créanciers peuvent ne pas être très contents, mais pas plus que précédemment quand l’euro contre dollar a baissé. Dura lex, sed lex. Les spéculateurs ne peuvent pas gagner à chaque coup. Le fait que les dettes soient détenues par des non-résidents n’a aucun impact sur la loi. Si le franc est déprécié de 6 à 10% par rapport au dollar, ces « non résidents » toucheront effectivement 6 à 10% de moins. Là encore, et alors ? Ils n’y peuvent pas plus que lorsque l’euro est passé de 1.55 à 1.06 dollar, ou de 1.17 à 0.88.

Un contentieux s'ouvrirait alors, avec un risque de voir le remboursement en francs jugé contraire au droit de propriété et anticonstitutionnel. Ces dernières semaines, les agences de notation ont d'ailleurs annoncé qu'elles considéreraient une telle "redénomination" unilatérale de la dette comme un défaut de paiement.

B.L. Argument totalement faux, comme nous venons de le montrer précédemment. Ces  éventuels contentieux, qui ne se sont jamais produits depuis 15 ans, en dépit des fluctuations de l’euro vis-à-vis du dollar, n’ont aucune raison de se produire, et s’ils l’étaient, ils seraient perdus.. Ils ne sont annoncés que pour faire peur. Honte à ces idéologues « experts ».

Problème supplémentaire: le retour à une monnaie nationale entraînerait une hausse probable des taux d'intérêt, le profil de la France devenant plus risqué. Selon le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, rembourser la dette coûterait ainsi 30 milliards d'euros supplémentaires par an.

B.L. On peut admettre que, initialement, le taux d’intérêt serait plus élevé de 100 ou 150 points, soit de 1 à 1.5%, en attendant que les mesures de relance de l’économie française (souveraineté monétaire, protectionnisme, priorité nationale) aient commencé à faire leurs effets. Sur les 150 milliards que nous devrons rembourser la première année, cela fera une augmentation maximale de 2 à 3 milliards. Ce n’est pas négligeable, mais cela n’a rien à voir avec les chiffres annoncés par Villeroy de Galhau, soit 30 milliards.

- Le risque inflationniste
A moyen terme, une dépréciation du franc pourrait certes doper la compétitivité des produits français, proportionnellement moins chers pour les acheteurs étrangers. Mais elle aurait également des effets négatifs, puisqu'elle favoriserait l'inflation via les importations.

"Nous avons besoin de pétrole, d'uranium, de métaux rares, et nous ne pouvons pas les remplacer par une production nationale", rappelle l'Institut Montaigne. Les entreprises françaises devraient donc encaisser un "choc", en payant plus cher les matières premières et composants importés.

B.L. Là encore notre expert semble redécouvrir l’eau chaude.

Oui une dépréciation du franc (vis-à-vis essentiellement de l’Allemagne, beaucoup moins vis-à-vis du dollar, monnaie de référence, qu’on le veuille ou non) augmentera le prix unitaire des marchandises importées, MAIS diminuera le prix unitaire des biens exportés. Cette nouvelle compétitivité nous permettra, c’est son but, de diminuer notre déficit commercial, actuellement d’environ 50 milliards d’euros, ce qui, ramené au PIB, correspond à un peu plus de 2%. Si le pétrole augmente de 9% - ce qui semble un maximum -  vu que le prix du brut représente le 1/3 du prix à la pompe, on pourrait envisager que le prix à la pompe augmente de 3%.

Pour l’ensemble des produits importés, en dehors peut être du prix des voitures allemandes, là encore on peut tabler sur une inflation « importée » de l’ordre de 2 à 3% (le prix des matières premières ou intermédiaires ne représentant que le 1/3 du prix de vente total) Les exportations représentant 26 à 27% du PIB, l’inflation due à la dépréciation du franc vis-à-vis du dollar (même si cette dépréciation n’est pas certaine) serait donc inférieure à 1%

Même phénomène pour les particuliers, qui verraient leur pouvoir d'achat sérieusement entamé: selon Terra Nova, think tank classé à gauche, "la facture pourrait se situer entre 1.500 et 1.800 euros par ménage et par an", avec un impact plus fort sur les ménages modestes.

B.L. Affirmation grotesque et dénuée de tout fondement, comme nous l’avons montré précédemment.

- Le risque de récession
Quel serait in fine l'impact d'une sortie de l'euro sur la croissance? Le FN évoque un cercle vertueux, avec regain d'activité et créations d'emplois. De nombreux économistes penchent au contraire pour un effet récessif, quoique difficile à quantifier.

B.L. « De nombreux économistes ». Là encore, argument d’autorité, qui ne repose sur rien. et comme avoué à demi-mot d’ailleurs, aucune prévision quantitative sérieuse! Le programme de Marine repose en partie sur une relance de la production française, de la consommation intérieure, des exportations, et donc sur un développement de l’emploi « national ». De fait, nous pensons que le fait de privilégier le « produire et consommer français » aura un impact bénéfique, et non récessif, sur l’emploi.

D'après l'Institut Montaigne, la récession pourrait atteindre 2,3% la première année, et 9% à terme, avec pas moins de 500.000 emplois détruits. "L'inflexion conjoncturelle" pourrait être, "significative", abonde Philippe Waechter. 

B.L. Des projections faites par des experts partiaux, travaillant pour les concurrents de Marine Le Pen, n’ont aucune validité scientifique, et sont même contraires à la déontologie qui devrait inspirer tout « expert ».

Des projections rejetées par le FN. "Il faut sortir de cette stratégie de la peur. Avec le Brexit, on nous prédisait la catastrophe, ce n'est pas arrivé", a martelé Marine Le Pen, en rappelant que Londres avait relevé sa prévision de croissance pour 2017 de 1,4 à 2%.

Le retrait de la Grande Bretagne de l'UE n'est cependant pas encore effectif. Et la situation britannique, qui n'utilise pas l'euro, n'est pas comparable à celle de la France. "Le problème, si la France quitte la monnaie unique, c'est que l'ensemble de la zone euro pourrait disparaître", prévient Mathieu Plane... qui prédit alors "une crise sans précédent".

B.L. Sur ce dernier point, tout peut arriver, mais pourquoi imaginer que ce soit le pire. Pour les spéculateurs, peut être, pour le peuple de France, sûrement pas. C’est la situation actuelle qui est dramatique

B.L., économiste, membre du Comité Central du Front National, ancien doyen associé d’HEC, ancien directeur de la Recherche et du Développement à IBM conseil.

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