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mercredi 3 février 2010

Monnaie, realites et utopies

Monnaie, réalités et utopies

La lecture d’une vidéo, très intéressante, produite par l’organisation** « theMoneyFix » m’a incité à reprendre l’explication du « système monétaire », à la fois pour en tenter de mettre fin aux fantasmes qui y sont associés, et aussi, le plus important, pour essayer d’indiquer quelques pistes de solutions pour que la monnaie soit davantage un moyen mis à la disposition de l’économie qu’un fin en soi.

Tout d’abord, je vais fixer le vocabulaire employé, avant de parcourir les grandes lignes de la vidéo indiquée ci-dessus en en commentant les principaux points.

J’émettrai ensuite quelques commentaires plus personnels.

Le vocabulaire monétaire :
Ce que les anglo-saxons appellent « money » sera traduit ici par … « argent » (au sens de « monnaie », ou, s’il convient d’être plus explicite et plus précis, agrégat monétaire M1).

Le mot « currency » sera traduit par « argent liquide », ou encore « espèces » ou « monnaie-papier » (D'autres équivalents seraient: "cash", "monnaie fiduciaire", "liquidités").La "monnaie-papier" est émise par l'institut d'émission, en Europe par la BCE.

La « monnaie » contient donc, comme sous-ensemble strict, la monnaie-papier. Certains en doute, mais nous verrons pourquoi cela n’est pas discutable.

Que nous dit, ou nous rappelle, cette vidéo , sur l’aspect sociologique de la monnaie:

1)Quelques faits et phénomènes sociologiques.
L’argent semble gouverner la plupart des existences, que l’on en ait très peu, ou énormément.
Peu de gens savent réellement ce qu’est la monnaie, et ne semblent d’ailleurs pas vraiment s’en préoccuper. C’est davantage les usages de la monnaie, ce qu’on peut faire avec, que ce qu’elle est, qui préoccupent la plupart des gens

2)Après avoir rappelé que la « Federal Reserve » américaine repose, depuis 1913, sur un consortium de banques privées et n’est donc ni « fédérale », ni « réserve » , le problème de la « réalité sociale » de la monnaie est soulevé.

3)Deux pistes de réflexion sont proposées:
Pourquoi la monnaie, qui devrait être au service de tous, est-elle gérée, au moins aux Etats-Unis, par un organisme privé ?

Ne serait-ce pas parce qu’il y a un lien entre le système monétaire et l’inconscient collectif de la société : avec sans doute, en subliminal, le fait qu’il faudrait changer de société pour pouvoir changer de système monétaire – sur ce point, je militerai plutôt pour l’inverse ?

Le grand « secret », ou le mystère de la monnaie va alors nous être révélé, au bout de 14 minutes instructives, car partant des impressions de « l’homme de la rue »

4)Pour cela, on nous rappelle d’abord le rôle des banquiers de l'époque du « standard-or ».
La première monnaie, ou le premier « papier-monnaie », correspondait simplement à des reçus contre or. Au lieu de se balader et de payer avec des pièces d’or, on déposait son or à la banque, en échange d’un reçu, et on payait avec ce reçu, qui circulait donc à la place de l’or, seule monnaie sonnante et trébuchante de l’époque.

5)Comme ce n’était pas très « rentable » pour nos banquiers, ces derniers se sont mis à émettre plus de papier-monnaie qu’ils n’avaient dans leur coffre.

Il ne nous est pas dit comment cela était possible (puisque ces morceaux de papier ne pouvaient pas être remis en tant que reçus, puisque de l’or nouveau n’était pas apporté, par hypothèse même). On ne peut que supposer que c’était le début de la monnaie dette, ou du crédit bancaire. Le banquier A disait à son client B. Je vous prête 1000 dollars, ou, mieux, je vous fais un papier valant 1000 dollars : B, tout content, demandait rarement à voir si cet or existait bien, ou si cet or venait d’un autre client C, qui aurait déposé son or à la banque.

6)C’est donc le début de « création monétaire » par les banques. Les banques émettent plus de papier-monnaie qu’ils n’ont réellement d’or, ou de « reçus d’or » ou de « dépôts » en or. Ce grand secret n’en ait pas vraiment un, du moins il se révèle périodiquement à chaque panique bancaire, quand les gens veulent « toucher » leur or - censé être en quantité suffisante -, au lieu de se contenter d'utiliser uniquement comme moyen de paiement le "bout de papier" délivré par telle ou telle banque.

7)Ce qui suit en italique est un commentaire personnel :
Le seul « secret », peut être, c’est que le même phénomène s’applique maintenant à la « monnaie-papier » vs. la « monnaie tout court ».

Je m’explique :
Quand seul le stock-d’or donnait lieu à des reçus délivrés par la banque, ces reçus « circulant » correspondaient à une épargne initiale (l’or) qu’on utilisait pour des échanges divers : à un moment donné, il y avait autant de bouts de papier que de dépôts.

Quand le nombre de bouts de papier s’est mis à être supérieur au nombre de reçus – c’est à-dire au véritable or, cela signifie seulement que l’épargne était insuffisante pour couvrir les besoins d’échanges.
Ce n’est ni bien, ni mal, c’est comme cela. Les bouts de papier « circulant » étaient supérieurs en nombre aux « reçus ».
Ce n’est pas nécessairement du « vent », tant que les bouts de papier circulant correspondent à une véritable richesse, à un triptyque production-consommation-investissement supplémentaire.

Ce n’est que si ce triptyque n’est plus là que l’on peut se demander à quoi servent tous ces bouts de papier. Lorsque l’on préfère un stock d’or – immobile – à ce que l’on peut acheter avec des bouts de papier circulant – parce que on ne croit plus que l’on peut acheter avec ces bouts de papier – c'est alors que la panique bancaire, le « cash crunch » n’est pas loin.

8)Ainsi, lorsque le stock d’or a été remplacé par le stock de monnaie-papier (les billets), et lorsque les « bouts de papier circulant » ont été remplacés par la « monnaie scripturale » - de simples inscriptions sur les livres de comptes des banques, rien n’a véritablement changé.
Les prospecteurs et les déposants d’or ont été remplacés par la Banque Centrale, seule habilitée à « créer les billets ».
Les « bouts de papier » émis par … les banques ont été remplacés par la monnaie scripturale émise par … les banques.
Mais le principe était et reste le même : les banquent créent des moyens de paiement supplémentaires en prêtant davantage qu’elles n’ont en dépôts : « les crédits font les dépôts », même s’il est nécessaire qu’il y ait initialement certains dépôts pour consentir des crédits – plus importants.


9)Mais pourquoi les banques procèdent elles ainsi : quand elles accordent plus de prêts qu’elles n’ont en dépôts, que ce soit en or ou en papier-monnaie (dollars ou euros), elles prennent le risque d’être en "illiquidité" – et donc d’être « liquidées », mises en faillite. Elles font un pari, et une constatation.
Le pari fait, ou le risque pris : ne pas pouvoir fournir assez de liquidités (de l’or, il y a un siècle, ou des billets de nos jours) leur semble faible, très faible, relativement aux intérêts qu’elles obtiennent en échange de cette création monétaire.

Un seul exemple, pour illustrer cela.
Prenons une banque qui a 10 milliards de liquidités, 8 milliards de dépôts clients et 2 milliards en fonds propres. Avec des ratios "prudentiels" classiques, elle pourrait prêter jusqu’à 100 milliards. Si elle prête à 5% (ce qui n’est pas très élevé) elle va gagner en un an 5 milliards (pour 2 milliards de fonds propres : rentabilité, 250%).
Son risque : que ses clients veuillent retirer plus de 8 milliards, voire plus de 10 milliards, en liquide : faible risque, dans un contexte « normal », mais risque quand même.

Pour se couvrir, elle sait – mieux que du temps de l’étalon-or – qu’elle peut compter sur 3 ressources : ses confrères- sur le marché interbancaire- d’autres institutions financières- sur la marché monétaire- la banque centrale, enfin la seule susceptible de « créer » du papier-monnaie, les « véritables liquidités ».
Actuellement (rapport Natixis de janvier 2010), les banques commerciales européennes peuvent se procurer de la monnaie centrale (monnaie papier ou monnaie scripturale centrale) à 1.5%, pour prêter à 4 ou 5% - (à 4% pour l’état français, alors que c’est lui qui permet cet emprunt des banques à 1.5% ….)

Le risque encouru n’est donc pas très important, beaucoup moins grand en tout cas que du temps des stocks d’or : pas facile de trouver une mine d’or nouvelle en cas de panique bancaire…


Pour en revenir à la vidéo elle-même, leurs auteurs insistent sur une idée fort juste, mais pas toujours bien assimilée, qui consiste à dire que la monnaie est davantage une idée, un accord, un « agreement » (donc une convention) qu’une réalité. Le système monétaire est un système d’information dans lequel certaines personnes reconnaissent devoir de l’argent à d’autres, ces reconnaissances de dette pouvant prendre plusieurs supports, dont le support physique, tangible, devient de moins en moins utilisé (3 à 5% des échanges) , alors que l’information elle-même est de plus en plus dématérialisée (les moyens de l’utiliser étant essentiellement la carte bancaire, le chèque et le virement bancaire de compte à compte), la monnaie « immatérielle » étant utilisée dans plus de 95% des cas.

Les prêts sous-jacents à cette émission de monnaie virtualisée, de cette monnaie scripturale, se concrétisant par une simple écriture dans les « bank accounts », les dépôts à vue (qu’il vaudrait mieux appeler comptes à vue, car il n’y a pas eu préalablement de dépôts)

10)C’est donc l’intérêt bien compris des banques qui est à la base des prêts bancaires, que ces prêts soient justifiés ou non, « votre argent m’intéresse » disent les banques. En fait ce serait plutôt « les prêts que je vous accorde m’intéressent » que devrait dire chaque banque.

11)C’est à partir de cet « intérêt » que les auteurs de la vidéo émettent deux thèses, qui reposent sur une réalité, mais dont les conclusions sont partiellement discutables.
Puisque le « principal » des dettes, des emprunts, est censé être remboursé, un prêt de 10 milliards ne créera pas en permanence 10 milliards, un solde brut de 10 milliards ne devant pas être confondu avec un solde net de 10 milliards. Faut-il, à l’opposé, en conclure qu’il n’y a pas de création monétaire « scripturale » durable, comme le maintient (à tort) un petit courant hétérodoxe ? Les auteurs de la vidéo ne répondent pas directement sur ce point – ce qui est bizarre- en développant les deux thèses suivantes :

L’intérêt n’étant pas créé lors de l’octroi de crédits – ce qui est vrai – ne pourra pas être remboursé à partir de cet emprunt – ce qui est encore vrai, et les ressources correspondantes devront donc être trouvées ailleurs – ce qui est encore vrai. Ils en concluent que les intérêts ne pourront être payés qu’à partir d’autres ressources – ce qui est reste vrai – et que ces ressources correspondent nécessairement à des dettes, ce qui est partiellement discutable.
S’il y a eu croissance, on peut aussi imaginer que la Banque Centrale a pu accompagner cette croissance d’une émission de monnaie-papier supplémentaire, ou encore que l’intérêt payé aux banques a pu servir à ces mêmes banques – qui ont le droit de dépenser leur propre argent (= « money »), même si elles préfèrent dépenser celui de leurs clients, créé « ex nihilo » - pour acheter la production supplémentaire permise par la croissance.

Par ailleurs, ces mêmes auteurs soutiennent que si chaque personne endettée remboursait toutes ses dettes, le système monétaire s’effondrerait, car il n’y aurait plus de monnaie.

Là encore, c’est « presque » vrai, tout dépend des taux d’intérêt et du ratio de liquidité. Si nous reprenons notre exemple, avec 10 milliards de monnaie fiduciaire (=billets), un taux d’intérêt de 5%, et 100 milliards de prêts, il faut rembourser 105 milliards : il n’y aura plus de dettes, et il restera 5 milliards de « liquidités », de monnaie fiduciaire.
Leur thèse est donc « théoriquement » fausse - à un instant donné, tout dépend du cumul d'intérêts déjà réalisés - mais « pratiquement vraie », les intérêts finissant par s'accumuler plus que de raison, et ce, d'autant plus vite que le taux d'intérêt dépasse le taux de croissance de l'économie. De fait, dans la pratique, le taux d’intérêt moyen est sûrement plus élevé que celui que j’ai indiqué, et il semble difficile que chacun puisse rembourser tous ses emprunts sans mettre à mal l’équilibre économique général.
Sous une autre forme, plus ancienne car écrite dans les années 1940, Louis Even, que nous reverrons à propos du crédit social, souligne d'une façon équivalente le pouvoir exorbitant (quand il n'est pas contrôlé) des banquiers:
"Le banquier fait le capital, rien que le capital. Personne ne fait l'intérêt, puisque personne autre ne fait l'argent. Mais le banquier demande quand même capital et intérêt. Un tel système ne peut tenir que moyennant un flot continuel et croissant d'emprunts. D'où un régime de dettes et la consolidation du pouvoir dominateur de la banque."

C'est donc bien l'intérêt qui est la cause majeure des crises monétaires: faut-il pour autant supprimer le rôle de création monétaire des banques? C'est une des solutions envisageables pour mettre réellement la monnaie - en tant que moyen - au service de la prospérité économique- la fin. Nous en reparlerons un peu plus tard.

Je soutiendrais plus volontiers pour ma part la proposition suivante : supprimer (ou effacer) les dettes des états et des exclus : cela mettrait quelques banques en faillite, mais l’on s’en remettrait sans doute.

On en arrive maintenant aux pistes plus ou moins réalistes, parfois même utopiques, proposées par les auteurs de la vidéo : j’en citerai trois, et en rajouterai deux autres de mon propre chef.

Les cinq pistes proposées ont toutes le même objectif : permettre que le système socio-économique dans lequel nous vivons ne reste pas indéfiniment l’otage d’un système monétaire mal conçu, et éviter que le développement potentiel de richesses, matérielles ou non, ne soit bloqué, ou orienté, par la chape de plomb d’une monnaie ne profitant essentiellement qu’aux plus riches, au dépens des plus pauvres ou des moins chanceux.

Ces cinq pistes sont : monnaie complémentaire « classique », crédit mutuel, troc, crédit social et monnaie fondante.

Monnaie complémentaire « classique » et troc partagent une vision commune : il ne s’agit pas de remplacer la monnaie « normale », celle gérée par les banquiers, mais de la compléter.

La monnaie complémentaire présentée dans la vidéo repose sur une expérience concrète (celle d'Ithaca, dans l'état de New-York) et est émise en équivalents horaires, ce que n’aurait pas désavoué Karl Marx avec sa valeur-travail, l’heure de travail étant l’étalon de mesure de toute chose. Cette idée est voisine de celle développée par les tenants français de l’écosociétalisme, dont l’un des représentants les plus connus est André-Jacques Holbecq.

Je crois moyennement à ce type de monnaie qui, d’après moi, ne peut avoir un sens qu’au niveau d’une communauté assez retreinte ne dépassant pas quelques centaines d’individus : c’est cependant une bonne approche de monnaie « complémentaire ».
Elle peut par ailleurs avoir un impact sociologique et psychologique non négligeable, en re-socialisant des exclus ou des personnes fragilisées par le « système ». Un autre inconvénient souligné par l’un des auteurs de la vidéo est que cette monnaie « horaire » reste une monnaie, et que son montant est donc défini . Il peut donc y avoir insuffisance de monnaie, de stock de monnaie (ce contre argument me semble cependant discutable, car le nombre d’heures dans une journée est limité, lui aussi)

Le troc, (« bartering »), là encore, ne veut pas remplacer la monnaie classique, mais la compléter. On va échanger des services des produits, par l’intermédiaire d’une bourse, d’un journal d’information, éventuellement de sites web, le principe étant de lutter contre les ressources inutilisées et les besoins non satisfaits : imprimerie ne tournant qu’à 50% de ses possibilités, voitures de collection dormant dans un garage, restaurants à moitié vide, etc.
Là encore, au niveau d’une association locale, ou d’une communauté pas trop importante, cela peut avoir un impact socio-psychologique, mais je ne vois pas ce troc industrialisé comme LA piste d’avenir.

La piste crédit mutuel me semble plus riche, car elle sort résolument des sentiers battus. Elle repose sur le fait qu’il n’y pas dans ce système de « stock » de monnaie: le solde global du « crédit mutuel » est nécessairement nul.
A un moment donné, il y a des débiteurs et des créditeurs, mais le solde débit-crédit est nécessairement nul. Chacun commence sa journée, ou son année, avec un solde de zéro, et en fonction de sa consommation et de sa « production » (de biens ou des services) se retrouve à un moment donné débiteur ou créditeur. L’idée semble fort intéressante, et son emploi « communautaire » tout à fait envisageable. Mais sa mise en pratique généralisée reste un mystère pour moi, en dépit de tous les livres et articles ou pointeurs que j’ai parcourus sur la question. (cf. aussi)

Dans un monde où tous les individus seraient solidaires et généreux, il n’y aurait aucun souci. Dans le monde réel, le problème du contrôle me semble fondamental.

Les deux dernières pistes ne figurent pas dans la vidéo.

L’une est celle du crédit social de Louis Even (http://www.michaeljournal.org/vraics1.htm) contexte dans lequel la production et la consommation sont directement socialement reconnus et (donc ?) monétarisés. La monnaie est émise au moment de la production, et détruite au moment de sa consommation. Les prix sont émis en ce que l’on veut, en « euros normaux » ou en « heures de travail », tout dépend du contexte socio-économique. Les banques sont supprimées, au moins dans leur rôle de faiseurs de dettes (et de taux d’intérêt), elles peuvent conserver leur rôle de comptable. Pour moi, c’est « LA » piste à creuser, car elle peut être généralisée et/ou imposée à un département, une région ou un pays tout entier : ce n’est pas une utopie communautaire, restreinte à une communauté « sympa ». Ce peut être une utopie, mais si elle se concrétise, elle ne dépend pas de la gentillesse ou de la bonhomie des individus qui constitueraient la société concernée.
Le crédit social parle de ce qui devrait être fait, de ce qui pourrait être fait: "La richesse est la chose; l'argent est le signe. Le signe doit aller d'après la chose" (Louis Even, qui cite aussi la doctrine sociale de l'Eglise et Pie XI: ' Ceux qui contrôlent l'argent et le crédit sont devenus les maîtres de nos vies... Sans leur permission nul ne peut plus respirer')

Autre piste enfin, monnaie complémentaire ou monnaie de remplacement, je ne sais, celle de la monnaie fondante de S. Gesell. C’est une monnaie anti-thésaurisation, une monnaie biodégradable, une monnaie que l’on force à circuler. Le fait qu’elle perde automatiquement, officiellement, un peu de sa valeur chaque mois (par exemple 1% par trimestre) est censée permettre, voire imposer, sa circulation importante.

Si le possesseur d’argent est incité à le dépenser dès qu’il le reçoit, la séparation des deux parties de la transaction, vente d’un bien ou service contre réception de monnaie, et dépense de monnaie contre achat d’un bien ou service devrait rendre ce délai moins long, voire presque instantané, et relancer ainsi les ventes, donc la production: moins de tentation de se constituer, par précaution, un matelas de billets.
La fonction « réserve de valeur » dépeinte par certains comme le mal absolu n’existerait donc plus. Là aussi, c’est sans doute une idée à creuser, car elle ne fait pas spécialement appel à de bons sentiments, même si de tels sentiments sont fort souhaitables bien sûr.

Parmi d’autres pistes, certains suggèrent de ne rien changer, au 'petit' détail près d’empêcher toute création monétaire par des prêts privés de banques privées, une des expressions du slogan « 100% money ». Je n’y crois guère si on se contente de cette proposition, mais …

Quand on parle de réforme monétaire, il est difficile de ne pas mentionner les propositions de M. Allais, et plus précisément le point central de sa réforme monétaire (l'autre point serait une réforme fiscale, dont nous ne parlerons pas ici):

Maurice Allais a ainsi proposé (cf. C. Gomez) dans de nombreux travaux de séparer les fonctions bancaires (dépôts et crédits) en les faisant exercer par des entités distinctes. On aurait ainsi:

- Les banques de dépôts, qui ne s'occuperaient que de la gestion des encaisses des clients, en les couvrant à 100% par de la monnaie-papier (émise par la banque centrale)***.
- Les banques de prêts, qui recevraient les dépôts à terme/d'épargne et les prêteraient à des termes légèrement plus courts aux emprunteurs.

Commentaires et critiques bienvenus,

B.L.

** voir commentaire de 'anonyme'
*** point que rappelle AJH dans un commentaire

15 commentaires:

  1. bonjour, juste un petit mot avant de lire en details, je ne pense pas qu'il s'agisse d'une organisation, c'est juste le titre du film
    il y a un seul auteur, Alan Rosenblith, jeune entrepreneur dans le disons developpement durable, donc il n'a pas une formation en economie et finance
    il s'explique dans cette video, il y a deux ans, quand le film est sorti
    les 30 premieres minutes, le reste c'est des infos

    http://video.google.com/videoplay?docid=1408863312574368333#

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  2. @ 'anonyme'
    Vous avez raison. The Money Fix, (www.themoneyfix.org) aims to educate viewers not only about the problems created by central banks and the Federal Reserve, but to provide a different way of looking at money (which is energy)and some suggestions on how to relocalize it.

    Disons que c'est un projet issu de la volonté d'un jeune entrepreneur qui s'interroge sur le véritable rôle de la monnaie et qui a interviewé un certains nombre de "penseurs alternatifs", orthodoxes dans leur compréhension des mécanismes monétaires, hétérodoxes dans leurs propositions a-monétaires, voire anti-monétaires.
    B.L.

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  3. Bonjour Bruno
    Trois réflexions très rapides:
    - "currency" : j'aurais préféré la traduction par "Espèces"
    - Allais ; il a surtout proposé
    1 - la création monétaire à l'Etat seul
    2 - les financements doivent être couverts par des emprunts à terme plus long
    (voir : http://osonsallais.wordpress.com/resume-des-propositions/ )
    3 - Tu connais mon aversion pour la monnaie fondante ;)

    Amitiés
    AJ
    -

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  4. Bruno,
    quelques remarques au hasard :

    - Vous reprenez l'expression ambigüe d'argent-dette, qui me paraît malheureuse parce qu'elle laisse supposer qu'il y aurait un autre mode de création monétaire.
    Ou bien on est dans un système ou un bien va être désigné comme monnaie (coquillage/or) et dans ce cas là , effectivement la monnaie n'est pas dette à son origine ...
    Ou bien on est dans un système ou un jeton-droit-à-prendre doit être introduit et dans ce cas là, il ne peut être introduit que par celui qui achète , qui doit donc l'emprunter à l'instance bancaire ! et ce faisant se crée une dette oui ... mais comment pourrait-il en être autrement ?

    - Peut-être est-il possible d'envisager une sorte de monnaie permanente en forçant les investisseurs à se financer d'abord sur une véritable épargne , mais ce système serait certainement moins dynamique (quoique les investissements seraient mieux choisis !), mais il faudra toujours un petit moteur de pur crédit pour satisfaire une demande de capitaux.

    - La question des intérêts et de la contradiction fondamentale du système bancaire à exiger un remboursement global plus élévé que le prêt initial, est souvent présentée comme à charge contre le système bancaire.
    Mais, il me semble qu'exactement le même problème se pose en système à monnaie 100% : lorsque Pierre prête Son Epargne à Paul , il demande en retour davantage de signes monétaires qu'il n'en a prêtés : le système est donc tout aussi absurde et même pire car là, aucune fuite en avant n'est possible et la concentration de richesse est encore plus inexorable.

    - Le parallèle entre le rôle de l'or et celui de la monnaie BC me plaît bien , mais il masque le fait que la monnaie fiduciaire tire sa domination de la loi et de sa force (Cour forcé etc ...) : cette monnaie fiduciaire ultime n'est qu'une monnaie avec toute la fragilité de ne représenter peut-être aucune créance vraiment valable ... et donc de perdre sa valeur . IL ne s'agit que de se réfugier dans la monnaie la plus liquide, on passe d'une monnaie à une autre.

    Alors que l'or , même s'il ne nourrit pas plus son homme que le papier des billets, a ce pouvoir mystérieux , pour l'instant, d'en garder et même de s'en voir augmenter, même et surtout en situation difficile : il ne s'agit pas d'une transformation en une monnaie ultime , mais d'un bien en lui-même.

    - Vous reprenez également l'éternelle question du run-bank que je trouve source de confusion : il me semble que la banque la plus saine qui soit (et même celle qui aurait en dépôt strictement ce qu'elle prête -dans un système à conservation des quantités- ;) est toujours illiquide par principe même , par définition , parce que celà lui a été imposé , parce qu'on a légalement autorisé tous les déposant à transformer cette monnaie-Banque en une valeur équivalente en monnaie fiduciaire qu'elle ne maîtrise pas . On a crée artificiellement les conditions d'un run-bank.

    - Les monnaies locales , ça me parait une redoutable idée, en effet. Mais c'est mieux expliqué dans d'autres vidéos où l'on comprend toutefois qu'il ne s'agit que d'une respiration possible ...
    ... mais parfois , en attendant le grand soir ou la grande réforme, ou le nouveau paradigme qui nous forcera à être tous bons, c'est bien d'avoir un bricolage efficace.

    PS/ Mais cette solution n'arrive-t-elle pas un peu tard ? ... à un moment où l'on en est aux guerres monétaires . Et est-elle applicable dans des systèmes très ouverts ?

    En tout cas, bravo pour votre synthèse intéressante et utile.

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  5. @Oppossum

    B.L.Je vais tenter de répondre aux différents poins que vous soulevez dans votre commentaire.

    - Vous reprenez l'expression ambigüe d'argent-dette, qui me paraît malheureuse parce qu'elle laisse supposer qu'il y aurait un autre mode de création monétaire.

    B.L. Vous avez raison de soulever cette ambiguité. La monnaie est soit une « marchandise » spécialisée, soit un « simple » signe.
    Dans ce second cas, qui correspond au contexte actuel, est-il n écessaire, voire raisonnable, de donner à l’argent (« money » en anglais) un qualificatif, et l’appeler argent-dette.

    Ou bien on est dans un système ou un bien va être désigné comme monnaie (coquillage/or) et dans ce cas là , effectivement la monnaie n'est pas dette à son origine ...
    Ou bien on est dans un système ou un jeton-droit-à-prendre doit être introduit et dans ce cas là, il ne peut être introduit que par celui qui achète , qui doit donc l'emprunter à l'instance bancaire ! et ce faisant se crée une dette oui ... mais comment pourrait-il en être autrement ?

    B.L. En fait, quand j’écris « argent-dette », c’est presque inconsciemment, peut être pour marteler son origine, qui reste cachée à la plupart de nos contemporains – origine à laquelle je n’avais pas vraiment accordée d’importance avant la crise de 2007.
    Pour que la locution « argent-dette » puisse être comprise, et alors elle devient inutile, il faut s’être penché sur sa genèse, sur le mécanisme de sa création et de sa destruction. Une fois que l’on a compris qu’en dehors du « papier-monnaie », des « espèces (« currency » en anglais), toute autre monnaie est une création bancaire, on peut effectivement se contenter de parler d’argent, au sens «money ».

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  6. @opposum, suite:

    - Peut-être est-il possible d'envisager une sorte de monnaie permanente en forçant les investisseurs à se financer d'abord sur une véritable épargne , mais ce système serait certainement moins dynamique (quoique les investissements seraient mieux choisis !), mais il faudra toujours un petit moteur de pur crédit pour satisfaire une demande de capitaux.

    B.L. Vous posez là une vraie question, et je ne suis pas sûr d’en connaître la réponse. Suffit-il de séparer les banques de dépôts des banques d’intermédiation financière.
    Les banques de dépôts ne seraient que « comptables » - elles tiennent les comptes de leurs clients, et s’occupent de virements de comptes à comptes, en tant que simples « transporteurs de fonds » par des jeux d’écriture, mais sans aucune création.
    Les banques d’intermédiation se contenteraient de collecter l’épargne, en tant qu’intermédiaires entre ceux qui auraient trop de monnaie, et ceux qui n’en auraient pas assez : Dupont prête 100000 euros à Martin par l’intermédiaire de la banque Duchmol. Dupont aurait déposé sur un compte à terme de 6 mois ces 100000 euros, la banqe Duchmol prêtant à Martin ces 100000 euros, mais sur un terme plus court, pour ne jamais être « à court d’argent ».

    - La question des intérêts et de la contradiction fondamentale du système bancaire à exiger un remboursement global plus élevé que le prêt initial, est souvent présentée comme à charge contre le système bancaire.
    Mais, il me semble qu'exactement le même problème se pose en système à monnaie 100% : lorsque Pierre prête Son Epargne à Paul , il demande en retour davantage de signes monétaires qu'il n'en a prêtés :

    B.L. Vous avez raison, c’est une des raisons qui font que « 100% monnaie » ne me convainc pas vraiment.

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  7. @oppossum, fin

    le système est donc tout aussi absurde et même pire car là, aucune fuite en avant n'est possible et la concentration de richesse est encore plus inexorable.

    B.L. Je ne suis pas sûr de comprendre cette dernière remarque.

    - Le parallèle entre le rôle de l'or et celui de la monnaie BC me plaît bien , mais il masque le fait que la monnaie fiduciaire tire sa domination de la loi et de sa force (Cours forcé etc ...) : cette monnaie fiduciaire ultime n'est qu'une monnaie avec toute la fragilité de ne représenter peut-être aucune créance vraiment valable ... et donc de perdre sa valeur . IL ne s'agit que de se réfugier dans la monnaie la plus liquide, on passe d'une monnaie à une autre.

    Alors que l'or , même s'il ne nourrit pas plus son homme que le papier des billets, a ce pouvoir mystérieux , pour l'instant, d'en garder et même de s'en voir augmenter, même et surtout en situation difficile : il ne s'agit pas d'une transformation en une monnaie ultime , mais d'un bien en lui-même.

    B.L. Je ne suis qu’en partie d’accord. Certes l’or existe en lui-même, c’est une véritable marchandise, qui ne peut certes pas être fabriqué « sur commande » comme le papier-monnaie. Pour le reste, cours forcé ou non, s’il y a une panique, elle sera due aux m^mes causes, on n’aura plus confiance dans la monnaie utilisée, et les conséquences économiques seront les mêmes, désastreuses.

    - Vous reprenez également l'éternelle question du run-bank que je trouve source de confusion : il me semble que la banque la plus saine qui soit (et même celle qui aurait en dépôt strictement ce qu'elle prête -dans un système à conservation des quantités- ;) est toujours illiquide par principe même , par définition , parce que cela lui a été imposé , parce qu'on a légalement autorisé tous les déposant à transformer cette monnaie-Banque en une valeur équivalente en monnaie fiduciaire qu'elle ne maîtrise pas . On a créé artificiellement les conditions d'un run-bank.

    B.L. Je ne suis pas sûr de comprendre cette remarque.

    - Les monnaies locales , ça me parait une redoutable idée, en effet. Mais c'est mieux expliqué dans d'autres vidéos où l'on comprend toutefois qu'il ne s'agit que d'une respiration possible ...
    ... mais parfois , en attendant le grand soir ou la grande réforme, ou le nouveau paradigme qui nous forcera à être tous bons, c'est bien d'avoir un bricolage efficace.

    B.L. Je pense écrire un billet sur les monnaies locales, les expériences commencent à être nombreuses : mais il y a monnaies locales et monnaies locales (toujours complémentaires d’une monnaie principale, du moins en principe). Et il ne faut pas confondre non plus avec système monétaire local, comme le crédit mutuel, qui ne repose pas vraiment sur une émission monétaire, mais uniquement sur des balances comptables, débit/crédit.

    PS/ Mais cette solution n'arrive-t-elle pas un peu tard ? ... à un moment où l'on en est aux guerres monétaires . Et est-elle applicable dans des systèmes très ouverts ?

    B.L.Pour le moment, je pense qu’il n’y a que deux solutions « complètes ».
    Celle du « crédit social », qui a ma préférence, et celle proposée par M. Allais et ses disciples.. Les deux me semblent possibles, m^me dans un système ouvert, mais le traité de Maastricht devrait être modifié, ou abandonné.

    Amicalement, B.L.

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  8. Bonjour Bruno,
    A)
    "le système est donc tout aussi absurde et même pire car là, aucune fuite en avant n'est possible et la concentration de richesse est encore plus inexorable.

    B.L. Je ne suis pas sûr de comprendre cette dernière remarque."

    Je voulais tout simplement dire que si la masse monétaire est fixe , amors l'intérêt ne peut que se traduire par un déplacement de bloc de richesse (Là c'est une idée de P.J."
    Il me semble.

    B) "- "Vous reprenez également l'éternelle question du run-bank que je trouve source de confusion : il me semble que la banque la plus saine qui soit ... est toujours illiquide par principe ... parce qu'on a légalement autorisé tous les déposant à transformer cette monnaie-Banque en une valeur équivalente en monnaie fiduciaire qu'elle ne maîtrise pas
    B.L. Je ne suis pas sûr de comprendre cette remarque."

    Je voulais dire -mais mon raisonnement n'est peut-être pas exact- que lorsque le banquier italo-hollandais émet plus de certificat qu'il n'a d'or , il se met dans une situation d'illiquidité de façon évidente ...
    (Encore qu'on puisse dire qu'il bascule dans une optique de gestion de trésorerie c'est à dire qu'il joue avec la dimension du Temps pour être équilibré : il mutualise son stock, travaille à flux tendu, anticipe des remboursements pour assoir d'autres prêts)
    ... tandis que la banque d'affaire aujourd'hui, même dans le cas où n'a fait aucun crédit, est d'emblée illiquide puisqu' elle est incapable de transformer ses dépôts (qui proviennent essentiellement de dépôt effectué en monnaie bancaire) " en monnaie fiduciaire !
    Mais je suis bien d'accord avec vous que ces points de vue n'empêchent pas la réalité objective d'un run-bank.

    Je me dis donc, qu'il s'agit pas du fait que la banque a prêté plus qu'elle n'avait , mais qu'elle a émis une monnaie (des crédits pourris ) qui ne sera pas 'remboursé', qui ne s'auto-détruira pas, et que -compte tenu des règles diverses qui enserrent la banque, elle ne va plus être en mesure d'équilibrer sa situation dans sa comptabilité ni dans sa trésorerie : mon dépôt personnel est alors menacé car la banque peut disparaître et ma monnaie avec !
    Je cherche alors à trouver un autre support de valeur : monnaie fidiciaire oui , mais ça peut-être aussi un virement ailleurs ou un ahat fait à temps (je reporte le problème sur un autre)

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  9. Bruno , suite ...

    C) Vous écrivez
    "la monnaie est davantage une idée, un accord, un « agreement » (donc une convention) qu’une réalité. Le système monétaire est un système d’information"

    Je ne sais pas si la monnaie est un accord , car j'ai l'impression qu'au contraire, -pour l'instant- elle est tellement fétichisée ou objetisée ou vécu comme une entité réelle autonome et contraigante, qu'on n'a plus à être d'accord ou pas : elle s'impose avec une force qui nous dépasse , même lorsqu'on tente d'en percer le mystère (ou le non mystère effrayant) .
    Mais lorsque vous parlez de système d'information, je me sens en accord avec cette vision . Es-ce qu'on ne pourrait pas dire que c'est une sorte de système de comptabilité inconscient , autonome et nucleaire.

    D) "Par ailleurs, ces mêmes auteurs soutiennent que si chaque personne endettée remboursait toutes ses dettes, le système monétaire s’effondrerait, car il n’y aurait plus de monnaie.
    "
    Je comprend l'idée puisque la monnaie -du moins dans notre système- nait d'un crédit.
    Néanmoins il y a quelque chose qui ne me semble pas coller dans le raisonnement.
    D'abord parce que le "Si" de départ est impossible : dans le cas où je n'ai aucune dette et du liquide ou du dépôt (et il y en a des agents dans ce cas là) , je bloque le système .
    Ensuite , en admettant que ceux qui ont de la monnaie en fassent don à ceux à qui il en manque pour qu'ils puissent rembourser leurs dettes , effectivement, ... mais on retombe sur la constatation que la monnaie est crédit, donc sur son postulat de départ.

    Enfin la phrase ne me semble pas complète : il me semble que le système des dettes et des créances est plus vaste et qu'il serait possible qu'il n'y ait pas assez de monnaie pour éteindre toutes les dettes . Expl : je déclare que le dois 100.000 milliards d'euro à Bruno. La monnaie disparaîtra avant que je puisse honorer ma dette.
    Bon je chipote (sans être sûr de tout mon raisonnement)

    Bon ... humm, en tout cas merci de votre lecture !

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  10. Bonjour Bruno,
    J'ai posté deux commentaires , ce seraient-ils perdus ?
    A bientôt !
    Oppossum

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  11. @ anonyme/oppossum.

    Je vais les chercher dans le cyberespace du blog.

    B.L.

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  12. @anonyme

    vos commentaires ont disparu. Je n'ai pas d'explication, sauf s'ils "pèsent" plus de 4096 caractères, auquel cas il faudra les couper en deux, ou me l'envoyer directement, pour que j'en fasse un billet.

    Désolé, à vous lire plus tard, Bruno.

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  13. Bruno je reprends juste ce passage

    Moi : " Vous reprenez également l'éternelle question du run-bank que je trouve source de confusion : il me semble que la banque la plus saine qui soit (et même celle qui aurait en dépôt strictement ce qu'elle prête -dans un système à conservation des quantités- ;) est toujours illiquide par principe même , par définition , parce que cela lui a été imposé , parce qu'on a légalement autorisé tous les déposant à transformer cette monnaie-Banque en une valeur équivalente en monnaie fiduciaire qu'elle ne maîtrise pas ... "

    Vous : " B.L. Je ne suis pas sûr de comprendre cette remarque."

    => Mon idée est que l'exemple éternel et spectaculaire du crack des banques , avec l'image mythique des files d'épargnants et déposants venant retirer leurs sous , est ambigüe.

    - Si c'est pour illustrer l'idée que les banques prêtent plus qu'elles n'auraient , c'est débile et ne rien comprendre au crédit.

    - Si c'est pour illustrer , plus simplement, l'idée que les banques sont des gredines incapables de fournir en 'vraie monnaie' , la veleur de ce qu'elles ont créé, et que donc leur monnaie n'est que vent et illusion , là encore c'est débile, puisqu'il s'agit d'une conversion de leur monnaie en une autre monnaie (les deux étant mesurées avec le même euro, certes) : la banque la plus saine qui soit est (je pense) incapable de fournir l'intégralité des valeurs en dépôt qu'elle gère !

    - Par contre , si effectivement la banque est au bord de la vraie faillite, parce que ses fonds propres ne peuvent plus couvrir des créances pourries, alors là oui , il y a intérêt à s'en dégager au plus vite. (Encore que de nos jours les dépôts semblent -pour l'instant- être soit garantis, soit repris par la structure financière qui avale la défaillante)

    Qu'en pensez vous ?
    Bon W.E.

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  14. @oppossum, sur les éventuelles "paniques bancaires".

    Je pense avoir "un peu mieux" compris votre question, mais pas tout à fait.

    Tout dépend de l'idée que l'on se fait du "crédit".

    Le crédit "entre particuliers" n'est pas le même, d'après moi que le crédit entre une banque et un particulier.

    Si Bruno fait crédit à "Oppossum", c'est simplement que Bruno a rendu un service à Oppossum, ou qu'il lui a vendu quelque chose de "tangible"

    Si une banque fait crédit à "Oppossum", cela signifie, d'après moi, qu'elle lui ouvre un compte, ou qu'elle augmente le montant du compte qu'Oppssum possédait déjà. La banque "créée de la monnaie". C'est un service "virtuel", qui ne posera pas de problème tant qu'Oppossum, ou l'un des partenaires commerciaux d'Oppossum, ne cherchera pas à convrtir une partie de cette "monnaie scripturale" en monnaie-papier.

    Si le prêt accordé se transforme "trop" en papier-monnaie, il pourra y avoir une esquisse de panique: tout va dépendre de la solvabilité de la banque concernée, de sa liquidité, du contexte du marché interbancaire, du contexte du marché monétaire, de la bonne ou mauvaise volonté de la Banque Centrale, du contexte économique général.

    Ai-je bien répondu?

    Cordialement, Bruno Lemaire.

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  15. Oui, merci Bruno, je pense que ce que vous exprimez correspond à ce que j'en pense.

    Mais mon raisonnement est tordu.
    Je dis simplement que (et cette idée avait couru sur le net il y a quelque temps) que si tout le monde demande la conversion en monnaie fidiciaire, de son dépôt, le réseau bancaire tombe.

    Et que dans ce cas , il serait erroné d'en tirer ... des conlusion hâtives du style : la banque a prêté ce qu'elle n'a pas.

    A bientôt !

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