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jeudi 23 juin 2011

mondialisation_demondialisation_et_libre_echange

Mondialisation, alter-mondialisation, demondialisation, kesaco ?

Q : Bonjour professeur

Bonjour

Q : Entre les partisans du repli sur soi et ceux de l’ouverture aux autres, entre les supporters de la mondialisation comme une fin en soi et ceux de la diabolisation de cette même mondialisation, que faut-il vraiment penser ?

En fait ce débat, s’il n’est peut être pas vieux comme le monde, remonte à plusieurs siècles.

Q : Que voulez-vous dire ?


Il suffit de creuser un peu pour s’apercevoir que les questions posées concernent les vertus, ou les défauts, du libre échange, bien plus encore que les bienfaits, ou les méfaits, du capitalisme, ou du communisme, ou de toute autre « isme ». Et ces questions remontent donc au début de la prétendue science économique, celle d’Adam Smith, de Hume et de Ricardo.

Q : Cette période ‘préhistorique’ étant révolue, je croyais que plus aucun économiste ‘sérieux’ ne contestait l’utilité du libre-échange ?

Quand on voit comment les positions récentes de certains économistes, classés pourtant à gauche, comme Paul Krugman – prix Nobel d’Economie – ont évolué, on peut se poser des questions sur ce prétendu consensus. Mais, là encore, je vais citer Maurice Allais, avant de revenir à la fois aux fondamentaux (tels qu’ils avaient pu être exprimés par Ricardo, il y a près de 2 siècles) et aux thèses actuelles des pourfendeurs du protectionnisme ou, au contraire, des défenseurs de la « démondialisation ».:
la politique à partir de 1974 de libéralisation mondialiste des échanges extérieurs du GATT et de l’Organisation de Bruxelles et de la libéralisation des mouvements de capitaux dont les effets ont été aggravés par la dislocation du système monétaire international et l’instauration généralisée du système des taux de change flottants.
Incontestablement l’évolution très différente de l’économie française à partir de 1974 résulte de la disparition progressive de toute protection du Marché Communautaire Européen, de l’instauration continue d’un libre-échange mondialiste, de la délocalisation des activités industrielles, et de la délocalisation des investissements financiers


Q : 1974 semble être une année charnière, d’après M. Allais …

Certains ont voulu y voir essentiellement l’impact du premier choc pétrolier.

Q : Et ce n’est pas vrai ?

Ce n’est que partiellement exact. Le fait que, dès 1973, (loi Pompidou-Giscard du 3 janvier interdisant toute possibilité du prêt direct de la Banque de France au Trésor public) la maitrise de la création monétaire ait été abandonnée aux banques privées a sûrement eu un plus grand impact, au moins sur le long terme. L’article 104 du traité de Maastricht et l’article 123 du traité de Lisbonne n’en ont été que le prolongement. Du fait de ces articles, aucun état européen ne peut être financé directement par sa banque nationale, ni par sa banque centrale.
Mais il y a peut être plus important encore…

Q : A savoir ?

Le libre-échange n’est pas, ou n’est plus, une théorie, elle est devenue un véritable dogme. Le dogme du libre-échange, consiste à affirmer – voire à clamer - que le libre échange « à tout va » est préférable à toute autre option, sans aucune discussion possible.

Q : Dit autrement, toute entrave à ce libre-échange, toute tentative d’une certaine régulation globale serait absurde ?

C’est cela. L’un des plus sûrs moyens d’être traité de rétrograde, d’archaïque, voire de débile profond est d’oser prétendre que les thèses de Ricardo – et de ses successeurs – en faveur du libre échange sont plus que discutables, à la fois sur le plan théorique et sur le plan des faits.

Q : Pouvez vous préciser ?

En fait, la théorie des avantages comparatifs de Ricardo – dont on a déduit l’intérêt du libre-échange entre nations - avait été exposée dans le cadre de deux seuls pays, le Portugal et l’Angleterre. Sous certaines hypothèses, on peut effectivement montrer qu’il est avantageux pour le Portugal comme pour l’Angleterre d’échanger leurs productions respectives tout en se spécialisant, le Portugal dans le vin, l’Angleterre dans le tissu.

Q : Et Ricardo aurait eu tort de dire cela ?

Avec ses hypothèses, non. Mais ses hypothèses, déjà discutables de son temps, n’ont plus rien à voir avec le contexte actuel. En fait son modèle, extrêmement simplifié, rendait compte plus ou moins correctement d’un contexte dans lequel les seuls échanges entre pays étaient des échanges de marchandises. Les capitaux étaient solidement scotchés à leurs pays respectifs, les ‘travailleurs’ aussi, et le seul ‘facteur’ de production qui intervenait dans le modèle de Ricardo était le travail.

Q : Mais je suppose que tout cela a pu être généralisé, en deux cents ans ?

Nous ne sommes plus en 1817, certes. Un siècle et demi plus tard, Samuelson – futur Prix Nobel lui aussi - et d’autres ont généralisé la théorie de Ricardo, sans vraiment la rendre plus pertinente : ce manque de pertinence est due à une raison qui m’apparaît essentielle, même si elle est en général passée sous silence.

Q : Quelle serait cette raison ?

Samuelson et ses co-auteurs ont retenu des hypothèses d’apparence réaliste, que l’on peut résumer ainsi : la technologie serait la même entre les deux pays échangistes, la seule différence étant due au fait que la proportion relative des facteurs de production (disons, pour simplifier, les machines et les hommes) est différente. Là encore, comme chez Ricardo, les facteurs sont ‘immobiles’, c’est-à-dire ne peuvent passer d’un pays à un autre.

Q : Ce n’est pas vraiment réaliste….

C’est vrai, et on ne prend pas non plus en compte les frais de transaction (frais douaniers, coûts de transport). Mais ce n’est pas l’essentiel, d’après moi.

Q : Et qu’est-ce qui serait essentiel, d’après vous ?

La prise en compte du fait que, de nos jours, les entreprises sont transnationales, ou internationales.

Q : Que voulez-vous dire ?

La mondialisation, sauf exception, n’est pas le fait des états eux-mêmes, mais des entreprises.
Les hypothèses de Samuelson sur le statisme des machines et des travailleurs sont irréalistes et fort discutables, certes, mais l’essentiel n’est pas là. L’essentiel est dans la confusion entre les entreprises et les états. C’est d’ailleurs ce qu’avait senti Krugman il y a une quinzaine d’années, tout en se trompant sur les conséquences d’une telle distinction. Krugman s’opposait au protectionnisme – et défendait donc le libre-échange - en affirmant que le bien être d’une nation était lié à la productivité de ses travailleurs, et pas à la concurrence internationale.

Q : Nieriez vous que la compétition entre nations peut être bénéfique ?


Ce n’est pas ce que je dis. Mais je dis que la compétition entre entreprises n’est pas de même nature que la compétition entre nations, et que les règles de « libre concurrence » ne sont pas non plus les mêmes. C’est d’ailleurs la même confusion qui règne dans le domaine monétaire, ou vis-à-vis des finances et des dettes, privées ou publiques. Cette confusion pouvait se comprendre il y a quelques siècles, voire sous certains régimes ‘collectifs’ pour lesquels il y a appropriation totale des moyens (et des décisions) de production par l’état. Elle a d’autant moins lieu d’être lorsque l’ouverture des frontières et les moyens de communication modernes semblent transformer le monde en un vaste village.

Q : Faut-il en conclure que la notion de commerce international est dépassée ?

Non, bien sûr. Mais le principe de réalité doit nous guider. Pensez vous, par exemple, qu’il est encore raisonnable ou admissible de croire que la monnaie émise par les banques d’un pays donné sert nécessairement au mieux les intérêts des ressortissants de ce pays (ce serait évidemment différent si le pays concerné pouvait être considéré comme une seule et même entreprise)

Q : Non, effectivement.

Hé bien, de même, ce serait une grossière erreur de penser que les intérêts économiques d’un pays coïncident nécessairement avec les intérêts de ses entreprises.

Q : Même si vous avez raison, que peut-on y faire ? On ne va quand même pas tout nationaliser ?

Certes pas. Mais savoir qu’il peut y avoir des intérêts sinon complètement opposés, du moins partiellement divergents – encore le principe de réalité – peut permettre de ne pas prendre des décisions absurdes, ou simplement naïves.

Q : Telles que ?

Faire appel au patriotisme économique, par exemple.

Q : Pensez vous que nos chefs d’entreprise n’ont pas la fibre nationale ?

Pas du tout. Et je me garderais bien de leur faire un tel procès d’intention. Mais, de la même façon que le rôle des syndicats est de défendre les avantages acquis de leurs adhérents, voire d’en obtenir d’autres, fut-ce au détriment du bien public, de même, le rôle primordial des chefs d’entreprise est de rendre compte de leur gestion auprès de leurs actionnaires.

Q : Vous êtes bien cynique ?

Non, je m’efforce d’être réaliste. Mais ce n’est pas pour cela qu’il ne faut, ou qu’on ne peut rien faire, dans le domaine du commerce international comme dans d’autres domaines. Simplement, je ne crois pas à la carotte morale de la fibre patriotique, même si ce ressort peut exister. Si l’on veut être efficace, il faut commencer par être lucide.

Q : Si je comprends bien, vous ne demanderez pas à Air France de ne pas acheter des Boeing ?


Non, mais je ferais en sorte qu’il soit moins avantageux pour Air France, à qualité comparable, d’acheter des Boeings

Q : Je suppose que c’est en jouant sur le taux de récupération de la TVA ?

Tout à fait. Et, plus généralement, il s’agit de faire en sorte, pour l’Etat, de rendre plus intéressant pour les entreprises localisées en France d’acheter français, et, pour les entreprises françaises, de produire européen, voire français.

Q : Si je comprends bien, vous voulez réguler le commerce international de façon ‘nationale’ ?

Si cela était possible au niveau européen, je le proposerais aussi.

Q : Mais vous ne croyez pas qu’en agissant ainsi, cela diminuerait le niveau des échanges internationaux ?

Vous avez raison, jusqu’à un certain point. Mais entre l’autarcie compète, et le libre échange débridé, il y a plus qu’une nuance. De la même façon que la concurrence est bonne, jusqu’à un certain point, de même les échanges entre nations peuvent être profitables, jusqu’à un certain point.

Q : Mais ?

Là encore, je reprends pour partie les thèses de M. Allais. Si la ‘puissance’ économique, le niveau technologique, les conditions sociales sont trop différents – certains qualifient cela de rente - entre les entreprises, ou les nations qui les hébergent, les échanges ne sont plus gagnant-gagnant, mais gagnant-perdant, quand ce n’est pas perdant-perdant.

Q : De plus, comme vous l’avez déjà indiqué, les agissements de certaines entreprises n’ont plus rien de national…

Oui. Contrairement à certains slogans, ce qui est bon pour General Motors n’est pas nécessairement bon pour les USA, et ce qui est bon pour PSA ou Total n’est pas nécessairement bon pour la France.
En fait, comme souvent en économie, les généralisations abusives apparaissent comme des vérités révélées, qu’il serait déraisonnable et anti-scientifique de discuter.

Q : Pourriez vous préciser ?

Deux points en particulier, portant sur la spécialisation du travail et sur la concurrence.

Ainsi, il est indéniable que la spécialisation du travail a permis d’accomplir d’immenses progrès dans de nombreuses industries : la révolution industrielle, en dépit de ses errements et de ses conflits sociaux, a été ‘globalement positive’. De même certains pays sont mieux placés que d’autres pour produire tel ou tel bien, et une certaine dose d’échanges est sans nul doute profitable.. Mais cela ne signifie pas que le laisser faire doit régner à 100%. Il n’y a pas de liberté(s) sans contrainte(s), il ne devrait pas y avoir d’échanges marchands sans une certaine régulation – qui ne peut être le laisser faire.

Q : Vous ne croyez pas que la concurrence est plutôt ‘globalement positive’ ?

Il est clair que si 10 000 personnes sont compétentes pour faire telle ou telle chose, c’est sans doute mieux que s’il n’y en avait qu’une ou deux susceptibles de les accomplir.

Q : Mais …

Mais si le fait que 10000 personnes aient telle ou telle compétence implique d’en mettre 2000 au chômage, le bienfait de la concurrence n’est plus aussi évident.

Q : Je suppose que les personnes les plus ‘compétitives’ pourront travailler ?

Je pense que l’une des difficultés les plus grandes est justement d’évaluer la productivité de quelqu’un. Bien entendu, si vous prenez deux personnes différentes, utilisant la même technologie (par exemple une pelle et une pioche), il est relativement facile de déterminer celle qui produit le plus – même si la qualité du résultat peut être différente.
Mais supposons maintenant que l’une de ces deux personnes, avec une machine donnée, produise 20 paires de chaussure à l’heure, et que l’autre personne, avec une autre machine, en produise 40.

Q : Je suppose que l’on pourra dire que c’est la deuxième personne qui est plus productive ?

Oui, mais c’est une erreur. La productivité apparente du travail a sans doute augmenté, mais ceci est dû, en fait, à la meilleure qualité de la seconde machine. De plus, tout dépend des prix respectifs du travail et de la machine.

Q : Si je comprends bien, comparer la productivité du travail entre plusieurs entreprises, ou entre plusieurs pays, n’a pas de sens ?

C’est du moins mon sentiment. Cela n’aurait de sens que si les conditions technologiques étaient identiques, ce qui n’est jamais le cas. Ainsi le Japon, aux alentours des années 1980-1990, était beaucoup moins ‘mécanisé’ que les pays occidentaux de même niveau. On aurait pu en conclure – ce que l’on a d’ailleurs fait - que les travailleurs japonais étaient moins productifs, voire moins efficaces, que leurs collègues français. De plus, ces comparaisons, qui ont déjà peu de sens dans l’absolu, en ont encore moins si on n’intègre pas le prix, ou le coût, relatif, des divers ‘facteurs’ de production, et en particulier le prix des machines et le salaire des travailleurs.

Q : Il peut être plus rentable, dans un pays à faible coût de main d’œuvre, d’avoir une technologie « labor using » ?

Tout à fait. Et la technologie utilisée n’est donc pas nécessairement la meilleure, la plus efficace dans l’absolu, mais la plus rentable du point de vue de l’entreprise – et de ses actionnaires…

Q : Que devient le libre échange dans tout cela ?

Si l’on voulait être vraiment cohérent, et continuer à prétendre que le libre échange est la panacée, il faudrait que toutes les barrières soient supprimées, que ce soit pour la circulation des hommes, des idées, des capitaux.

Q : Et ce n’est pas le cas ?

Non, car cela entraînerait qu’à compétence égale, il y ait salaire égal, qu’il y ait une transparence totale, y compris au niveau des brevets, que l’accès aux ressources naturelles soit identique pour chacun …

Q : Comme ce n’est pas le cas, que proposez vous ?

Comprendre que la mondialisation actuelle n’a pas été pensée pour le bien du plus grand nombre, et que la fameuse main invisible tant vantée par Adam Smith doit être quelque peu encadrée. Il ne s’agit évidemment pas de vouloir tout planifier, mais de mettre en place des règles de comportement à la fois compréhensibles, efficaces, et acceptables par le plus grand nombre.

Q : Ce n’est pas le but ou l’objectif des organisations internationales comme l’Onu, l’OMC, le FMI, voire même la commission européenne ?

Votre candeur, ou votre naïveté, sont confondantes. Vous pensez vraiment que les actions de l’OMC ou du FMI ont amélioré la situation de la planète ? Vous pensez vraiment que le FMI et l’union européenne ont en vue le bien du plus grand nombre en réduisant à quia la Grèce et sa population ? C’est le ‘système’ financier et monétaire que l’OMC et le FMI veulent sauver, ce n’est ni la Grèce, ni même le bien être des européens, ni même le bien du plus grand nombre. En disant cela, j’ai conscience de ne pas être très original, A. Soral comme J. Sapir l’ont fort bien dit, chacun à sa manière. Mais il est parfois utile de répéter ce que la pensée unique continue à nier.

Q : Mais n’est-il pas indispensable de sauver ce système, en dépit de toutes ses imperfections ?


Je ne le crois pas, le système actuel a contribué à la crise actuelle, à l’hypertrophie du secteur financier, bancaire et monétaire au détriment de la sphère productive.
Les créances et les crédits de toute sorte, au lieu d’être orientés vers l’économie réelle, ont conduit depuis des années à des bulles spéculatives, que ce soit la bulle internet, la bulle immobilière, la bulle des dettes souveraines. Le financement justifié des investissements a peu à peu laissé place à des montages financiers essentiellement spéculatifs ou la règle « très peu de grands gagnants, beaucoup de petits et moyens perdants » s’est substituée à « beaucoup de petits gagnants », l’expansion économique de la « vieille europe » n’étant plus qu’un souvenir pour la génération actuelle, celle qui a moins de 40 ans.

Q : On retrouve là encore M. Allais et son ‘tournant’ de 1974. Mais, après tout, n’est-il pas normal que l’Europe laisse sa place à d’autres pays, comme la Chine, le Brésil, ou l’Inde ?

Normal, je ne sais pas. Si l’ensemble des français, ou des européens, était touché de la même façon, on pourrait peut être dire que, après tout, le niveau de vie atteint en Europe ou en France pourrait être acceptable. Mais la ‘mondialisation’ n’a rien à voir avec la justice ou avec l’équité. Les dirigeants du CAC 40 continuent à avoir des rémunérations colossales, de nombreux français vivent plus mal qu’il y a 10 ou 20 ans, de plus en plus de jeunes ne trouvent pas d’emploi. De plus, si la Chine compte maintenant de nombreux millionnaires, la pauvreté du ‘chinois moyen’ reste considérable.

Q : Je vous repose donc ma question : que proposez-vous pour orienter un peu différemment cette mondialisation, en en gommant les plus grands excès ?

Je pense qu’il y a trois mesures essentielles : redonner à l’état les moyens de sa politique économique, proposer une véritable politique des revenus, et repenser profondément le fonctionnement de l’Europe, et, au-delà celui des organisations internationales comme l’OMC et le FMI.

Q : Pourriez vous préciser, en quelques mots ?

Sur la politique économique, j’ai déjà mentionné la nécessité d’instaurer un protectionnisme raisonnable, au niveau de la France – puisque cela ne dépend que de nous – et, si possible, au niveau de l’Europe, en regroupant l’Europe en zones de compétitivité comparable. Ce protectionnisme ‘régional’ et ‘raisonné’ n’a un sens qu’accompagné de mesures monétaires permettant à la puissance publique de retrouver son pouvoir monétaire régalien. Ce protectionnisme, en dehors de rééquilibrer la balance commerciale française (50% des échanges de la France se faisant hors zone euro, contre seulement 20 à 25% pour l’Allemagne) pourrait permettre de prendre en compte l’impact écologique et social de certaines importations.

Q : Et sur les autres points ?

Une véritable politique des revenus devrait s’articuler sur deux points, l’instauration d’un revenu ou d’une allocation minimum (Dividende social, Revenu Minimum de Dignité, Contrat Citoyen de Solidarité, peu importe le terme) universelle (cf. http://monnaiepublique.blogspot.com/2011/06/sur-l-actualite-dune-allocation.html), et une fiscalité plus simple, plus efficace, plus transparente et ‘acceptable’.

Q : Le fameux impôt sur le capital de Maurice Allais ?

Tout à fait.

Enfin, en ce qui concerne le fait de repenser l’Europe, et le rôle des Organisations internationales, il y aurait évidemment beaucoup à dire. Le principe de subsidiarité – agir au plus près du désir et des besoins des populations – me semble en tout cas devoir être une priorité, même s’il doit s’inscrire à l’intérieur d’un canevas plus général dans lequel les droits et les devoirs des citoyens concernés doivent être énoncés et compris de tous.

Ces droits et ces devoirs concernent évidemment tout ce qui a longtemps été considéré comme du domaine régalien de l’état -- et qui concerne en fait la vie en société et le savoir-vivre ensemble: santé, éducation, environnement, sécurité -- dont la sécurité ‘économique’ évoquée à la fois au niveau du protectionnisme et à celui de l’allocation universelle. Mais nous nous écartons ici du seul point de vue économique, et donc de mon éventuel domaine de compétence.

Q : Professeur, je vous remercie.

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